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 Fic : Tar'Kaan

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Shas_O_Gollum
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MessageSujet: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:41

Voilà ma fic, dont je vous ai parlé. Bonne lecture (et bon courage pour lire mes parpaings !!)

Première Partie


Chapitre I : La Bannière du Sang

Tar’Kaan s’ennuyait. Le point (qualifié « d’importance stratégique » par l’état-major) que le contingent de vingt Guerriers de Feu (dirigé par le Shas’Ui’Vir’Nek) auquel il appartenait devait protéger contre toute attaque ennemie était un coin perdu au milieu des désolations nordiques de Tartarus. Et les attaques ennemies étaient inexistantes ! C’était à peine si on avait vu le moindre vaisseau civil impérial survoler la zone. Le « point stratégique » se composait d’une tourelle érigée par les drones techniciens de la Caste de la Terre, d’une barricade sommaire et d’une structure étrange. Un fouillis de barres de métal tordues et hérissées de pointes, d’où sortait une grande hampe sombre ornée de parchemin, ou plutôt…de peau humaine, recouverte de sang. C’est cette « bannière » macabre que Tar’Kaan et ses compagnons étaient chargés de défendre. Pour une première affectation en tant que Guerrier de Feu, le Shas’La’Tar’Kaan aurait espéré mieux ! Il ruminait sa rancœur et son ennui, quand son voisin s’écria :
« Là ! ! Ils sont...Aaarrgghhhh ! ! »
La hache lancée par le Berserk de Khorne se planta dans la tête du Shas’La. Les Guerriers de Feu en alerte se replièrent derrière la barricade et chargèrent rapidement leurs armes avant de faire feu. Tar’Kaan analysa la situation : une trentaine de Marines des World Eaters, menés par un champion Berserk visiblement très…mutant, se dirigeaient vers eux en hurlant des cris de guerre assourdissants. La tourelle Railgun qui arrosait les assaillants de tirs, explosa, projetant à terre plusieurs Tau. Le Marine du Chaos rechargea son lance-missile et visa cette fois les rangs des Tau, qui tentaient de repousser les Berserks arrivés au corps à corps. Tar’Kaan évita de justesse un coup de tentacule du champion mutant, qui l’aurait décapité sans un heureux réflexe. Le Tau paniquait : les Shas’La tombaient les uns après les autres. Soudain, il vit une traînée de fumée et une nouvelle roquette explosa, faisant voler, sous l’impact, Tar’Kaan et le Shas’Ui’Vir’Nek. Quand il retomba au sol, derrière les débris de la tourelle, Tar’Kaan serra les dents sous le choc. Le missile lui avait profondément entamé la jambe droite, mais l’essentiel des dégâts avait été subi par le Shas’Ui, dont les deux jambes étaient arrachées. Dissimulé de l’ennemi par les restes de la tourelle, le Shas’La rampa vers son supérieur pour examiner ses blessures : le Shas’Ui était mort sur le coup. Il ne restait plus que six Guerriers de Feu qui luttaient contre la quasi-totalité des Marines de Khorne qui avaient lancé l’assaut. Tar’Kaan s’aplatit par terre pour éviter un tir perdu. Sa blessure heurta violemment un débris de canon Rail. Une vague de douleur remonta le long de son corps. Il perdit connaissance.
Quand il s’éveilla, il entendit d’abord les cris des Berserks de Khorne. Il lui fallut un moment pour comprendre qu’il s’agissait de litanies à leur dieu, si on pouvait considérer que ces hurlements avaient un sens. Le Tau se redressa pour observer discrètement les guerriers du Chaos. Le spectacle qu’il découvrit faillit le faire vomir : les marines renégats avaient embroché une dizaine de cadavres Tau sur les épieux métalliques à la base du « totem » impie que les Shas’La devaient défendre. Cette chose, comprit Tar’Kaan, n’était autre qu’un autel à Khorne ! Il engagea un chargeur dans son arme. Sa blessure lui fit serrer les dents. Il savait qu’il n’aurait aucune chance, mais c’était le seul moyen de mourir dignement, ou du moins d ‘essayer. Il épaula son fusil à impulsion et, lentement, visa dans la tête du Champion Berserk. Un filet de sueur coula sur son front. En tirant, il signerait son arrêt de mort. Son doigt se crispa sur la gâchette. Il tira.

Arkhon acclamait Khorne. Il avait toujours acclamé Khorne depuis le schisme. Il acclamerait Khorne jusqu’à mourir au combat en son nom. Il était un Champion de Khorne, l’élite des World Eaters, il tuait pour le Dieu du Sang, et le Dieu du Sang le récompensait. Il tuait les serviteurs du Faux Empereur, les fourbes Eldars, les Orks pullulants, les Tau naïfs, les envahissants Tyranides, tous les ennemis de Khorne et du Chaos. Il tuerait, tuerait et tuerait encore, jusqu’à être tué à son to

Tar’Kaan avait visé juste. La tête du Berserk avait explosé. Il lui fallait maintenant fuir, ou mourir. Déjà, un guerrier chaotique hurla de rage en voyant la mort de son chef. D’autres serviteurs de Khorne interrompaient leurs litanies et regardaient alentours. Bientôt tous se mettraient à chercher le mécréant responsable de la mort d’Arkhon. Tar’Kaan réfléchissait à toute vitesse. Il n’avait aucune chance de s’en sortir, mais avec les grenades photoniques et la carabine à impulsion ramassées sur le cadavre du Shas’Ui, il pouvait emporter plusieurs ennemis dans sa tombe. Il roula de l’autre côté de la barricade et actionna sa grenade.
« Il est là ! »
Le Tau fit taire le Berserk qui l’avait repéré d’une rafale de tirs dans le torse. Il lança sa grenade au milieu des Marines du Chaos et commença à les arroser de tirs depuis le couvert de la barricade. En activant une deuxième grenade après la première explosion bleue, il remarqua un clignotement près du cadavre du Shas’Ui : une balise d’alerte. Le chef du contingent Tau avait eu le temps d’activer celle de la tourelle ! Tout n’était peut-être pas perdu ! Il abattit un ennemi qui menaçait de le charger, quand un bolt lui traversa l’épaule. Sous l’impact, il lâcha son fusil. Un Berserk en profita pour sauter la barricade. Tar’Kaan sentit le contact du métal froid sur sa gorge quand le Space Marine du Chaos posa sa hache sur son cou.
« Tu vas mourir, peau-grise… »
La voix sans pitié fit frissonner le Tau, Mais, alors que son adversaire le soulevait pour l’embrocher sur les épieux de la bannière de Khorne, Tar’Kaan entendit un son reconnaissable entre tous.
« Parle pour toi, pourriture ! » cracha-t-il en actionnant une dernière grenade.
Il donna au Berserk, de sa jambe valide, un coup de pied qui le fit chanceler, puis trébucher en lâchant le Tau, qui tomba à son tour puis rampa en s’éloignant du Marine. C’est en essayant de se relever, empêtré dans son armure énergétique, que ce dernier remarqua, coincé dans sa genouillère, une sphère clignotante. Il comprit seulement quand le cadeau d’adieu du Tau explosa, carbonisant l’hérétique dans une belle explosion bleutée. Un autre Berserk allait achever le Tau, quand il entendit ce qu’avait perçu le Tau : un grand bruit de réacteurs photoniques résonna. La totalité des Marines renégats moururent, fauchés par les tirs des deux Barracudas Tau. Le transport Orca qu’ils escortaient se posa et laissa sortir une vingtaine de Guerriers de Feu, ainsi qu’une équipe de drones médicaux. Tar’Kaan sourit, un filet de sang coulant de sa bouche. Il avait réussi, maintenant il pouvait mourir.


Chapitre II : Plans et Souvenirs

Tar’Kaan ouvrit les yeux. Il était sur une table d’opération. La douleur émanant de sa jambe lui fit comprendre qu’il était encore vivant. Deux drones médicaux examinaient et bandaient ses plaies à l’épaule et au mollet. Le Tau se trouvait dans une pièce blanche et exiguë bardés d’appareils de contrôle chirurgicaux. Un des drones bipa et annonça d’une voix numérique :
« Le sujet est conscient, Shas’El. »
Une forme bougea dans un recoin de la pièce et un Tau que Tar’Kaan n’avait pas remarqué avança vers lui. Le Shas’La le reconnut immédiatement à sa combinaison sombre, typique des pilotes d’exo-armures Crisis, et à son tatouage faciale en forme de serpent.
« Shas’El’San’Khar, c’est vraiment trop d’honneur… »
En effet, s’entretenir avec le commandeur des forces armées sur Tartarus, qui ne rendait des comptes qu’à l’Aun‘Vre’Inu’Koro en personne, alors qu’on était qu’un simple Shas’La, relevait du surnaturel.
« Aujourd’hui, c’est vous qui êtes à l’honneur, Shas’La’Tar’Kaan ! Abattre tant de Berserks et en sortir vivant ! Tout en sauvegardant un point critique de notre dispositif !
_Eh bien, justement… Cette chose, cette « bannière », qu’est-ce que c’était ?
_Hmm... Bien, je suppose que vous avez le droit de savoir ce pour quoi vous avez failli mourir. Il me semble que vous connaissez la situation sur Tartarus. »
Tar’Kaan acquiesça. Le responsable du bureau de recrutement de T’olku lui avait exposé en détail l’état critique de la planète. Auparavant colonie impériale, Tartarus Prime avait été évacuée pendant le siège de la capitale par le Big Boss Orkamungus. Une force de Space Marines menée par le Capitaine Gabriel Angelos des Blood Ravens avait désorganisé la Waaghh ! Ork en abattant le Big Boss. Angelos s’était alors heurté à une résistance acharnée d’Eldars du vaisseau-monde Biel-Tan, qui tentaient de dissimuler un des sombres secrets sommeillant sur la planète.
L’apparition d’une légion de Marines chaotiques sur la planète permit au Capitaine des Blood Ravens de découvrir ce secret : une pierre maudite, le Maledictum, était liée à un puissant démon et permettait de l’invoquer sur Tartarus. Suite à une victoire éclatante sur les forces du Chaos, Angelos avait détruit la pierre, suivant les ordres de l’inquisiteur Thot, et ignorant les conseils des Eldars. La destruction du Maledictum avait libéré le démon sur la planète, que les Space Marines avaient fui précipitamment.
Tartarus fut en effet isolée du reste de l’univers par une tempête Warp, durant 66 jours, empêchant toute communication. Après que la tempête avait cessé, des forces inquisitoriales avaient débarqué sur la planète, accompagnées de régiments entiers de la Garde Impériale, découvrant un monde ravagé par le Chaos et les puissances démoniaques. L’Inquisition avait pour ambition d’éliminer ce démon et de purger la planète au nom de l’Empereur.
Peu après, le conseil des Ethérés de T’au avait décrété que Tartarus serait la prochaine conquête de l’armée du Bien Suprême. Tar’Kaan se demandait cependant quelles motivations avaient pu pousser les Auns à vouloir s’emparer d’une planète corrompue et ravagée. Le grand Aun’Va avait donc chargé le Shas’El’San’Khar et l’Aun‘Vre’Inu’Koro de diriger les forces Tau sur Tartarus. C’est donc sur ce monde ravagé par la guerre et le Chaos, occupé par un démon et marqué par les luttes incessantes entre Orks et impériaux, que Tar’Kaan était venu chercher la mort.
Le Shas’El reprit la parole :
« Cependant, le démon n’a pas retrouvé sa puissance originelle. Il a en effet perdu son nom secret, qui lui permettrait de reprendre une forme constante et surpuissante. Mais il a laissé derrière lui des indices, qui apparurent lors de sa libération : quatre reliques, dédiées au quatre Dieux Noirs, marquant l’approbation du Chaos universel à son égard. Ces artefacts permettraient, à l’issue d’un rituel, de révéler le nom secret du démon. La bannière que vous avez défendue est l’icône de Khorne, composée du métal tuant les ennemis du dieu, de leur peau souillée, et de leur sang répandu traçant le symbole de Khorne.
_Et... a-t-on localisé les autres reliques ?
_Nos éclaireurs ont repéré, dans la jungle occidentale, un totem qui pourrait être l’icône de Nurgle. Vous serez intégré à l’équipe Stealth qui ira sécuriser le secteur. L’expédition part dans 2 jours. D’ici là, bon rétablissement, Shas’Ui’Tar’Kaan. »
Le Shas’El quitta la pièce. Tar’Kaan ferma les yeux.

J’ouvre les yeux. Le ciel est teinté de rouge. T’olku est en train de disparaître derrière l’horizon. J’ai une horrible migraine. Je me relève lentement en regardant autour de moi. Je suis au milieu des ruines fumantes de la résidence isolée des plaines de T’olku que trois familles de Tau occupent, dont la mienne. Qu’est-ce que je fais là ? Mon dernier souvenir date du jour où j’ai fêté avec mes parents mes 15 Tau’Cyr. Tout est flou dans ma mémoire. J’appelle :
« Père ! Mère ! Où êtes-vous ? »
Pas de réponse. Je pars à la recherche d’un signe de vie dans ce carnage. Je me dirige vers les débris de ce qui semble être ma maison. Le long du mur d’enceinte de la résidence, j’aperçois le cadavre de mon voisin, dans lequel est planté une énorme hache. Je détourne les yeux et entre chez moi. Le sol de l’entrée est recouvert de débris de meubles, d’objets fracassés. Je passe une porte. Je manque de vomir. La pièce est ravagée, des impacts de balles criblent les murs. Et les corps de mes parents sont étendus au sol. Ma mère a perdu son air serein. Du sang lui coule sur le front. Et son abdomen est déchiqueté. Mon père a un bras arraché. Je n’ai même pas la force de hurler. Je m’approche lentement des corps. La poitrine de mon père s’agite de soubresauts.
« Tar’Kaan ?
_Père ! Qu’est-ce que…
_Des Orks. Une trentaine. Ils nous ont tous massacrés. Pas un Tau n’a survécu.
_Mais toi, tu…
_ Ha ! éructe-t-il, je t’ai déjà dit que l’optimisme ne mène à rien ! Tu vas me manquer, mon fils.
_Non ! Tu vas vivre ! Je…Père !
Mon père est mort. Je distingue mon reflet dans une flaque de sang. J’ai vieilli, je ne suis plus un gamin de 15 Tau’Cyr. Je m’appelle Tar’Kaan, j’ai une vingtaine d’années, mes parents ont été massacrés par des Orks.
Et j’ai perdu la mémoire.


Dernière édition par Shas_O_Gollum le Mar 16 Déc - 18:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:43

Chapitre III : Le Totem des Mille Pestes

Tar’Kaan se réveilla. Il avait refait ce même cauchemar, qui n’en était pas un. Depuis la mort de ses parents, il repensait sans cesse à ce moment où il s’était retrouvé dans le ruines de sa maison sans aucun souvenir depuis ses 15 Tau’Cyr. Après être revenu à la plus grande ville de T’olku, avec quelques bagages, il s’était engagé dans l’armée pour venger sa famille exterminée. Il avait été envoyé sur Tartarus, comme la majorité des Guerriers de Feu du Sept T’olku. Et c’est là qu’on l’avait affecté à la défense de la Bannière du Sang. A présent, revêtu de sa nouvelle exo-armure XV15 Stealth, il somnolait dans le transport Orca qui emmenait les équipes d’infiltration vers la jungle tartarienne, au sud-ouest de la Bannière et des désolations nordiques.
« Préparez-vous, on arrive dans 2 minutes sur le lieu de largage », annonça le Shas’Vre’Alar’Fo à l’équipe dont il avait le commandement.
Les 12 Shas’Ui se levèrent, chargèrent leurs armes, vérifièrent les senseurs et les brouilleurs de leurs armures. Ils étaient prêts.
« 3..2..1..Largage ! » annonça le pilote à ses passagers.
La trappe s’ouvrit et les Shas’Ui sautèrent du transport Orca, leur chute ralentie par les propulseurs de leurs exo-armures. Le transport largua également un container de munitions à un kilomètre environ de leur position actuelle. Le Shas’Vre énonça les ordres :
« Equipe 1, avec moi, on s’approche de l’objectif par le sud. Equipe 2, récupérez les munitions et approchez-vous par le Nord. »
Les deux groupes de Tau se séparèrent et s’enfoncèrent dans les profondeurs de la jungle.

Le Shas’Vre’Alar’Fo leva le bras. L’équipe Stealth qui le suivait depuis une heure s’arrêta. Le chef d’équipe souleva lentement une branche pour laisser apparaître une clairière.
« Equipe 2 ? On y est ! »
Tar’Kaan observa la clairière. Un cercle dépourvu de toute végétation, et au milieu… une sorte de totem aux formes torturées, couvert d’immondices, d’environ deux mètres de haut, taillé grossièrement dans une matière indéfinissable. Le Totem des Mille Pestes. Ils avaient atteint l’objectif. Seulement voilà, entre le totem et eux se tenait une compagnie blindée de la Garde Impériale. Dix chars Leman Russ entouraient l’icône de Nurgle, dissuadant toute tentative d’attaque.
« Equipe 2 ? On a un problème. Vous me recevez ? Ici le Shas’Vre’Alar’Fo, est-ce que vous me recevez ? »
Le Shas’Vre recula et rabattit la branche pour masquer l’équipe Stealth.
« Il est arrivé un incident à l’équipe 2, elle ne reviendra sans doute pas. Les ordres sont clairs. Nous devons continuer la mission, et ne contacter le commandement que si l’objectif est atteint, ou si la mission est un échec total. Shas’Ui’Tar’Kaan, Shas’Ui’Ar’Lonh, venez avec moi, nous allons récupérer le container. Les quatre autres, vous restez ici, et vous me signalez tous mouvements d’hommes ou de véhicules. En avant. »
Les Tau prirent le même chemin qu’à l’aller. Revenus à leur point de départ, ils suivirent les traces des guerriers de l’équipe 2, passèrent par le lieu de largage du container, déjà récupéré par leurs prédécesseurs, et marchèrent pendant environ vingt minutes avant de retrouver l’énorme caisse de munitions, sans aucune trace des membres de la deuxième équipe. Le Shas’Vre s’agenouilla pour examiner la base du container.
« Des bêtes sauvages. D’une race qui nous est inconnue, d’après les traces. Les autres Stealth n’ont pas du les voir arriver. Est-ce que le container est intact ?
_Apparemment, jugea Ar’Lonh, il n’a pas subi de dégâts. L’élévateur antigrav n’est pas endommagé, on peut encore s’en servir.
_Parfait. Tar’Kaan, passez devant. Ar’Lonh, dirigez la caisse d’armement. Je ferme la marche. »
Les Tau se remirent une fois de plus en route vers la clairière, escortant le stock de munitions. Tar’Kaan redoutait de ne trouver que des cadavres à la place de leurs équipiers placés autour de la clairière, mais les Shas’Ui étaient toujours en position quand les trois autres Stealth les rejoignirent.
« Shas’Ui’No’Dankar, au rapport, ordonna le Shas’Vre.
_Aucun mouvement de la part des impériaux, nous attendions votre retour, annonça le Tau.
_Bien. Nous avons récupéré les munitions et le matériel de sabotage, aucune trace de l’équipe 2. Il faudra nous débrouiller seuls. »
Alar’Fo ouvrit le container et en sortit une caisse de munitions pour les canons à impulsions de Shas’Ui, une autre de rations de survie, des kits de soins d’urgence, et enfin une sangle à laquelle étaient accrochées une dizaine de bombes à fusion.
« Ce soir, nous nous infiltrons, nous posons ces bombes sur les réservoirs de carburant et de munitions de ces tanks primitifs. On entre, on pose, on ressort, et on fait tout sauter. Des questions ?
_Vous pensez vraiment que c’est possible ? interrogea Tar’Kaan. Vous pensez vraiment que nous pouvons réussir à tout saboter en si peu de temps, sans se faire repérer par ces Gue’La ? »
Le Shas’Vre lui lança un regard sévère.
« Shas’Ui’Tar’Kaan. Vous et vous équipiers avez été sélectionné pour constituer mon groupe d’infiltration. Et vous savez pourquoi ? Parce que vous faites tous partie des Tau les plus doués dans ce domaine sur cette planète. Nul n’est plus discret, silencieux, habile en sabotage ou en missions de reconnaissance, d’assassinat, que vous. Alors oui, je pense que vous êtes capables d’entrer dans une clairière la nuit, de poser des bombes sur des véhicules d’humains lourdauds et obtus, et de ressortir sans vous faire repérer. Honnêtement, cette mission sera sans doute une des plus aisées de votre carrière. Maintenant, prenez tous vos positions autour de la clairière. Attendez mon signal, dans une ou deux heures. Ensuite on y va et on en finit. Fin du briefing. »

Tar’Kaan attendait. Il en avait assez d’attendre sans cesse les moments où il affronterait la mort. L’attente exacerbait ses craintes et son angoisse. Enfin, un léger murmure dans le communicateur mit fin au supplice.
« En avant, Shas’Ui. Pour le Bien Suprême. Over. »
Tar’Kaan avança lentement dans la clairière, après avoir actionné les brouilleurs optiques de son exo-armure. A sa droite, il distinguait la silhouette d’Ar’Lonh, mais elle disparut, masquée par un char Leman Russ. Reprenant son souffle, il avança au milieu du cercle de chars. Aucune trace de vie humaine, les seuls mouvements étaient ceux de ses équipiers. Il s’approcha de l’arrière d’un tank et sortit deux bombes à fusion, qu’il accrocha sur le réservoir de carburant. Il commençait à s’éloigner, quand il entendit un cri horrible qui lui déchira les tympans à travers son communicateur. Son cœur se mit à battre plus vite. L’infiltration avait échoué, la discrétion n’était plus de mise. Il actionna la commande des propulseurs de son armure et s’éleva dans les airs à cinq mètres au-dessus de la clairière. Et ses craintes s’intensifièrent. Il ne distinguait que deux de ses équipiers, dont un dans les airs avec lui, et l’autre adossé à un char. Toutes les écoutilles des tanks étaient closes, et il n’y avait aucune trace de gardes impériaux. Le Shas’Vre sortit de derrière un char, et fit signe aux deux Tau qui survolaient la clairière de le rejoindre. Ces derniers atterrirent près de leur supérieur et retrouvèrent le Shas’Ui’Ar’Lonh derrière un des tanks. Trois d’entres eux manquaient à l’appel.
Et pour cause, une créature difforme contourna un Leman Russ et s’approcha des Tau, son œil unique les fixant intensément et son épée rouillée plantée dans le cadavre du Shas’Ui’No’Dankar, que l’immonde bête traînait derrière elle.
« Bvonzchhhoir », bava le Portepeste.
Ar’Lonh hurla en criblant le démon de tirs mais celui-ci éclata de rire quand la lame d’un deuxième Portepeste traversa l’abdomen du Tau. Le Shas’Vre et Tar’Kaan se retournèrent et aperçurent une dizaine de ces abominations dégoulinantes de pus, retenant leurs entrailles et parfois traînant des cadavres de gardes impériaux couverts d’immondices. Les trois Tau survivants en abattirent plusieurs, puis tentèrent de s’enfuir par la voie des airs, mais quelque chose les maintenait au sol. Quant il vit que ses pieds étaient englués dans une flaque verdâtre, Tar’Kaan comprit qu’ils n’avaient plus d’autre solution que de vendre chèrement leur peau. Les tirs des tau fauchèrent quelques démons, mais d’autres commençaient à sortir des chars impériaux, occupés à finir d’avaler les restes des pilotes ou à baver des insanités impies.
Grâce à une brusque poussée de ses propulseurs, le Shas’Vre réussit à se désembourber, puis abattit un Portepeste sur le point d’embrocher le Shas’Ui à la droite de Tar’Kaan. Ce dernier imita le Shas’Vre et décolla, suivi du dernier Tau.
« Attention ! Ça va péter ! » hurla le Shas’Ui. Il actionna le détonateur.
Les quelques bombes à fusion placées par les Tau explosèrent, certaines sur des réserves de munitions, d’autres près des barils de carburant. L’explosion souleva plusieurs tanks, carbonisa les Portepestes, ravagea la clairière. Lorsque le calme revint, Tar’Kaan distingua, au milieu de la clairière, entre les épaves des tanks, le Totem de Nurgle, intact. Les deux autres Tau, projetés au sol comme Tar’Kaan par le souffle de l’explosion, se relevèrent avec lui. Les Shas’Vre, à bout de souffle, actionna son communicateur.
« Quartier Général, ici le Shas’Vre’Alar’Fo. Mission accomplie Envoyez un Tiger Shark pour nettoyer la zone et un transport Orca pour nous récupérer. Over. »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:44

Chapitre IV : Brume et Mauvaises nouvelles

Assis dans l’Orca, Tar’Kaan était songeur. La clairière avait été ravagée par les tirs du Tiger Shark, détruisant les épaves des Leman Russ laissant intact, malgré une grande puissance de feu, e Totem des Mille Pestes. Le transport, envoyé par l’état-major retranché dans la base principale des Tau, au nord-ouest, était à présent posé non loin de la lisière de la forêt, et les trois survivants de la mission d’infiltration s’y reposaient. Le Shas’Vre’Alar’Fo, dans le cockpit, aux côtés du pilote, était en liaison avec l’état-major.
Tar’Kaan, lui, était perdu dans ses pensées. Il était venu sur Tartarus pour y affronter des Orks et ainsi venger sa famille massacrée. Mais il se retrouvait à rechercher des reliques démoniaques afin d’arrêter une créature qui allait anéantir toute vie hostile au Chaos sur cette planète. Et dès qu’il cherchait à s’isoler dans ses souvenirs, il se heurtait sans cesse à une barrière de brumes, à sa mémoire perdue. Parfois un nom lui revenait, mais c’était celui d’une personne sans importance. Cependant, il voyait dans ces noms des vestiges de ses souvenirs oubliés, signe que sa mémoire était en train de revenir petit à petit.
Pour se détourner de ces pensées moroses qui lui rongeaient l’âme morceau par morceau, il tenta de se concentrer sur la voix du Shas’Vre, en train de conseiller le haut commandement, à travers un holocommunicateur, sur la manière de défendre la clairière.
« Il faudra installer un cordon de tourelles automatiques, dans un rayon d’une cinquantaine de mètres autour du totem, afin de protéger la zone des attaques venues de l’extérieur ou de l’intérieur. Il faudrait également prévoir un bunker pour les techniciens, et une piste de décollage pour les évacuer en cas d’urgence.
_Quel genre de cas d’urgence ? interrogea l’officier avec lequel il conversait.
_ Eh bien, par exemple, si les tourelles sont insuffisantes pour contenir un assaut de l’extérieur, ou si les démons invoqués par le totem submergent les défenseurs par l’intérieur, je considère cela comme un cas d’urgence, répliqua Alar’Fo, d’un ton ironique.
_ Nous ferons appliquer ce plan par les techniciens, Shas’Vre’Alar’Fo. Restez sur place en attendant les renforts, puis vous poursuivrez vos recherches afin d’identifier les autres reliques. Pour le Bien suprême. Over. »
Le Shas’Vre revint dans le compartiment où ses subordonnés se reposaient.
« Eh bien, Shas’Ui’Tar’Kaan et Vil’Tis, notre unité va s’enrichir de cinq autres recrues, sélectionnées comme vous parmi les meilleurs. Nous poursuivrons notre exploration dès l’arrivée des renforts. D’ici là, nous pourrons reprendre des forces et répertorier les régions les plus susceptibles d’abriter ces satanées reliques ! Les scientifiques de la Caste de l’Eau cherchent des moyens pour détruire ces abominations. On ne peut même pas les déplacer ! Tout ce que nous pouvons faire pour l’instant avec ces artefacts maudits, c’est fortifier leurs positions et attendre de trouver une solution. »
Trop fatigué pour répondre, Tar’Kaan hocha la tête. Il ferma les yeux.

Il fait si noir. Je suis perdu dans les limbes de ma mémoire manquante. Si seulement j’avais la force d’éclairer ce noir, ce brouillard, peut-être trouverais-je quelque chose ? Quelqu’un ? Je me débat, je hais cette obscurité muette. Je veux savoir. Qui j’ai été, comment j’ai vécu pendant ces cinq Tau’Cyr disparus de mes souvenirs. Alors je me bats, contre l’obscurité, je cherche, je crie. Et soudain, je le vois. Ce visage. Je le connais. Un visage masculin, un sourire rieur, amical, complice. Et puis une plaisanterie, un fou rire. Un ami. Presque un frère. Et surtout un nom.
Mi’Lo.
Et je tombe.
Je me réveille. Non, je ne suis pas réveillé. Je suis encore perdu dans le trou noir de ma mémoire. Sauf qu’à présent, je ne suis plus seul. J’ai une clé. Mi’Lo. Il me suffit de savoir comment utiliser cette clé pou accéder au reste de l’histoire. Je sais maintenant qu’il a été mon meilleur ami. Je me rappelle un grand bâtiment, une cour. L’Académie de T’olku. Je faisais des études à l’Académie. Une nouvelle pièce du puzzle se met en place. Elle conduit à de nouveaux chemins, de nouvelles bribes, de nouveaux souvenirs. Ils sont autant de sources de lumière dans le néant de mon esprit. Mais l’un d’entre eux luit plus que les autres. Je l’emprunte lentement, avec prudence. Et, d’un coup, une lueur éblouissante. Un flash durant une fraction de seconde. Une lumière intense. Un nouveau visage. Je tombe encore. Et je ne me relève pas.

« Shas’Ui’Tar’Kaan ! Réveillez-vous ! »
Tar’Kaan ouvrit les yeux. Le Shas’Vre lui secouait l’épaule.
« Que…Qu’y a-t-il… ? fit le Tau d’une voix fatiguée.
_ Cela va faire cinq minutes que j’essaye de vous réveiller. Venez immédiatement.
_ Que c’est-il passé ?
_ Notre base au nord-ouest. Elle a été attaqué par une énorme troupe d’Orks. »
Tar’Kaan eut le souffle coupé. Des Orks. Alors qu’il courait après des chimères, des Orks, ses vrais ennemis, attaquaient ses congénères. Il enrageait.
« Ont-ils subi de grosses pertes ?
_ Nos hommes ont tenu longtemps face à la marée verte, et leur ont infligé des coups dont elle se souviendra, mais la base a du être évacuée. Les troupes survivantes ont embarqué dans des Manta, les techniciens et les scientifiques ont rempli une dizaine de transports Orca. Le Shas’El et l’Aun’Vre’Inu’Koro ont réussi à fuir. Mais nos avons perdu un tiers de nos effectifs débarqués sur la planète.
_ Mais…Où vont aller les survivants ?
_ Une nouvelle base sera établie à mi-chemin entre la position fortifiée de la Bannière de Khorne et ici. Dans les plaines d’Yllia. De nouveaux renforts seront demandés à l’Empire. Nous ne repartirons donc en expédition qu’après la fortification de la nouvelle base dans les plaines. »
Les deux Tau sortirent de l’Orca. Un épais brouillard était tombé sur le campement de fortune des Tau et la jungle voisine.
« Shas’Vre’Alar’Fo ! » appela le Shas’Ui’Vil’Tis, de derrière le Tiger Shark, posé au sol. Ils le rejoignirent. Bras croisés, il regardait la forêt.
« Vous les entendez ? » demanda Vil’Tis d’un air de dégoût. Il désigna du menton l’orée de la jungle. Tar’Kaan tendit l’oreille. Et il les entendit. Des hurlements impies montaient des profondeurs de la forêt. De nouveaux Portepestes avaient été appelés par le Totem de leur maître..
« Pilotes ! cria Alar’Fo. Remontez dans le Tiger Shark, on repart nettoyer la zone ! »
Vivement que le cordon de tourelles soit édifié, frissonna Tar’Kaan en songeant aux monstres qui hurlaient là-bas. Il remonta dans l’Orca.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:45

Chapitre V : L’Icône des Murmures

Le Devilfish atterrit dans le marais. La porte arrière du véhicule Tau s’ouvrit, laissant sortir deux Guerriers de Feu, trois techniciens de la Caste de la Terre et cinq drones de reconnaissance.
« Aucune trace de présence de vie animale dans un rayon de trois kilomètres, d’après les scanners, annonça un technicien. D’après les repérages précédents, le gisement de minerai se trouve dans cette zone. Programmez les drones pour qu’il repèrent jusqu’où il s’étend.
_ Bien », répondit un autre Tau, tandis que les Guerriers de Feu surveillaient les alentours.
Deux minutes plus tard, les cinq drones s’éloignaient du transport Tau posé au milieu des marécages méridionaux de Tartarus. Les techniciens étaient penchés sur le moniteur de contrôle des drones.
« Là ! s’écria l’un d’eux. Un signal important !
_ Mais… La concentration en minerai est énorme à cet endroit ! A cinq cent mètres au Sud ! Pourquoi n’avons-nous pas repéré ce point lors des repérages précédents ?
_ Peu importe ! fit le contremaître des techniciens J’y vais sur le champ. Vous deux, restez ici pour surveiller l’écran de contrôle des autres drones ! Shas’La ! fit-il en se tournant vers les Guerriers de Feu. Venez avec moi, nous avons trouvé un gisement important ! »
Consultant son écran miniaturisé, le Tau de la Caste de la Terre courut en direction du signal émis par le drone, suivi par les deux Shas’La. En arrivant au point d’émission, il ne comprit pas tout de suite en n’apercevant pas le drone, trop occupé à utiliser son détecteur de métaux.
« Chef ? On a un problème, annonça son subordonné dans le communicateur. Apparemment, le drone a explosé. »
Le contremaître leva la tête, inquiet. C’est alors qu’il LA vit. Et que les voix résonnèrent en lui.
« Regarde-les, ces deux traîtres. Ils chuchotent, ils veulent te tuer, ils veulent garder cette découverte pour eux tous seuls, ils veulent te tuer ! Tue-les, avant qu’il ne le fassent ! Tue-les ! »
Le regard plein de haine, le Tau se retourna vers les deux Shas’La. Qui n’étaient plus qu’un. Le premier venait de tirer dans la tête de son coéquipier, les yeux révulsés par la folie. Le technicien se rua sur le dos du Guerrier de Feu et l’étrangla. Il ne comprit pas lorsqu’il entendit des cris qui montaient du Devilfish posé non loin, ni quand un rire fou résonna dans sa tête, en écho aux voix qui lui murmuraient de tuer, de tous les tuer, tous, tous, tous,…

Tar’Kaan patrouillait. Toutes les tentatives de son équipe de Stealth pour retrouver les autres reliques depuis la reconstruction de la base s’étaient révélées infructueuses. L’état-major de l’armée Tau les avait donc affectés à la surveillance d’un col de montagne permettant l’accès par l’est aux plaines d’Yllia. En voyant un mouvement, il s’immobilisa et prépara son arme, puis se détendit en reconnaissant son Shas’Vre.
« Shas’Ui’Tar’Kaan, suivez-moi, on rentre à la base principale en Orca. Une autre équipe prend le relais.
Dans le transport, Alar’Fo exposa à son équipe personnelle, déléguée à la recherche des reliques chaotiques, la mission qui allait leur être confiée :
« Un groupe de techniciens, envoyés dans les marais du Sud à la recherche d’un important filon de minerai a disparu mystérieusement. Nous ne recevons plus aucun signal, et le dernier message qu’ils nous ont envoyé n’était qu’un amalgame de cris de douleur et de folie, tous d’origine Tau. Nous devons aller au point où ils ont disparu afin de comprendre ce qui leur est arrivé.
_Et pourquoi cette mission nous a-t-elle été attribuée ? demanda le Shas’Ui’Ny’Yvor
_Parce que le point de disparition de l’expédition est situé exactement au sud de la bannière de Khorne, sur le même méridien, et que cela ne saurait être une coïncidence, répliqua le Shas’Vre’Alar’Fo d’un air grave. »
Lorsque les Tau atterrirent dans leur base des plaines d’Yllia, ils eurent seulement le temps de préparer leur armement et leurs munitions, avant de repartir pour le Sud. En survolant le marais, dépourvu de toute végétation, Tar’Kaan remarqua plusieurs « collines » émergeant de l’eau souillée du marécage. Et sur l’une d’elle, une Chimère.
« Attention, un véhicule impérial ! cria-t-il.
_ Aucune inquiétude, Shas’Ui, annonça le pilote. Ce n’est qu’une épave.
_ Cependant elle porte les armoiries de l’Inquisition, remarqua le Shas’Vre. Cela ne fait plus aucun doute, à présent, que des démons se terrent ici.
_ Regardez ! annonça le pilote. Le Devilfish des prospecteurs ! Nous sommes arrivés !»
Le transport atterrit près de l’épave du véhicule. Quand les Tau sortirent de l’Orca, il découvrirent un véritable charnier. Les pilotes du Devilfish et les techniciens avaient été trucidés… Mais pas par des animaux ou des démons.
« Ils se sont entretués, constata Tar’Kaan, avec une énorme envie de vomir. Ce sont des blessures causées par des armes Tau.
_ Partez ! ordonna le Shas’Vre aux pilotes de l’Orca. A partir d’ici, on se débrouille seuls.
_ Je ne vois pas les Shas’La qui les accompagnaient, ni le troisième technicien, remarqua le Shas’Ui’Vil’Tis.
_Bien. Par équipes de deux. Dispersez-vous et cherchez les corps des autres membres de l’expédition. Pour le Bien Suprême, en avant ! » ordonna le Shas’Vre.
Tar’Kaan, accompagné de Vil’Tis, devenu son éternel coéquipier, partit vers l’est, tandis que les dix autres Stealth prenaient des directions différentes, afin de retrouver les cadavres des prospecteurs. L’ambiance étouffante de ces lugubres marais le mettait de plus en plus mal à l’aise.
« Vil’Tis ?
_ Oui ?
_ Qu’est-ce que c’est, là-bas, devant ?
_Où ça, je… Oh non… »
Les deux Tau coururent vers un corps de Tau allongé par terre, à une centaine de mètres.
« C’est le dernier technicien ! cria Tar’Kaan dans la communicateur. On l’a trouvé ! Il…Il respire encore ! »
Le contremaître éructa :
« Les voix ! Les voix ! arrêtez ! laissez-moi mourir, je vous en prie…
_ Ne vous inquiétez pas, on va vous sauver, le rassura Vil’Tis.
_ Oui, sauvez-moi,…Oui ! »
Le Tau délirant et en sueur s’empara du poignard fixé au mollet de Tar’Kaan et se l’enfonça profondément dans le cœur.
« Oui…Merci…Vous m’avez sauvé… »
Les deux Shas’Ui, hébétés, virent mourir sous leurs yeux le dernier survivant de l’expédition.
« Shas’Vre’Alar’Fo, annonça Tar’Kaan. Le sujet est mort. »
Seul lui répondit le hurlement poussé par le Shas’Ui’Ny’Yvor. Les deux Tau se regardèrent, puis coururent dans la direction du cri. Ils allumèrent leurs propulseurs, et repérèrent le cadavre de Ny’Yvor, près duquel ils atterrirent. Le jeune Tau s’était suicidé. C’est alors qu’ils LA virent.
Un icône argentée, forgée dans le métal le plus pur. Flottant à un mètre au-dessus du sol. Un symbole étrange, que Tar’Kaan avait déjà vu. Il ne se rappelait pas où. Mais il savait que c’était une signature. Celle de Slaanesh. Et les voix résonnèrent en lui.
« Espèce de lâche, tu les a tous abandonnés. Tes amis, ta famille, tous. Et pourquoi, pour venir tuer des peaux-vertes sur une planète maudite. Ohhh, mais je comprends, ta famille est morte, et comme tu n’a pas été assez fort pour la protéger, tu essaye de te racheter, pour avoir bonne conscience ! »
Les voix étaient à l’intérieur de sa tête, elle voyaient ses pensées, ses souvenirs, elles lui montraient sa lâcheté, sa vanité. Après tout, elles avaient raison. Il n’était qu’un lâche, un incapable, un faible.
Un coup à la tempe l’étourdit. Vil’Tis le frappait.
« Tu es un traître ! hurlait-il. Tu les a tous tués, tous tes équipiers, à chaque fois que tu cherchais une de ces choses ! Tu as toujours survécu parce que tu étais leur allié, à ces démons horribles !
_ Vil’Tis, tu es fou !
_ Meeuuurrs ! ! ! »
Un coup bien placé de Tar’Kaan assomma Vil’Tis. Lui aussi était sous l’emprise des voix. Il était devenu fou.
« Il n’a peut-être pas tort, tu le sais. Pourquoi crois-tu que tu aies survécu tout ce temps, alors que tous autour de toi mouraient ? Parce que mes frères et moi, nous t’avons choisi, pour retrouver le nom de notre serviteur. »
_ Nooonnn ! Tu mens ! Jamais je ne servirai le Chaos !
« Espèce de lâche ! Tu te dérobes à tous tes devoirs ! Tu es notre serviteur, tu entends ? »
_ Jamais ! Jamais ! Sortez de ma tête !
« Lâche, lâche, tu ferais mieux de te donner la mort. Même avec elle, tu auras été lâche jusqu’au bout. Tu l’as abandonnée, comme les autres ! »
Elle. Tar’Kaan se souvint de la lumière, du visage. Elle. Loin de le décourager, les voix venaient de lui éclaircir un autre pan de son passé. Elle. Tar’Kaan sourit.
« Tu as perdu, Slaanesh, annonça-t-il calmement. Jamais je ne succomberai à tes voix traîtresses. Tu as perdu. »
« Non ! Ecoute-moi ! »
_ Plus maintenant. C’est fini. Adieu, démon.
« Noooonnnn ! »
Tar’Kaan ouvrit les yeux. Il ne se souvenait pas les avoir fermés. Autour de lui, tout se calma. Le Shas’Vre, aux prises avec un autre Shas’Ui, reprit ses esprits et repoussa son adversaire, lui aussi hébété. De toute l’équipe Stealth, accourue au cri de Ny’Yvor, seuls cinq Tau étaient encore vivants. Les autres s’étaient entretués sans pitié, avant que Tar’Kaan puisse repousser les voix.
« Shas’Ui’Tar’Kaan ! Que s’est-il passé ? » demanda le Shas’Vre.
Et celui qui venait de résister aux Murmures de Slaanesh se retourna, un sourire triste sur son visage.
« Nous avons réussi. »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:45

Chapitre VI : Ombres et Lueurs

Le soleil se leva, libérant les Tau de l’angoisse qu’ils avaient accumulés pendant une nuit entière à attendre les renforts, et à surveiller l’icône gisant au sol, de peur que son pouvoir, en apparence anéanti, ne se réveille. En effet, l’aube n’arrivait pas seule : deux transports Tau se posèrent près de l’Icône des Murmures et de l’équipe Stealth. Les vannes des Orca s’ouvrirent, et laissèrent sortir une vingtaine de Guerriers de Feu, des drones techniciens, et un container de pièces détachées.
« Nous venons vous aider à tenir ce point jusqu’à l’arrivée de forces plus importantes qui fortifieront le lieu, annonça le Shas’Ui qui menait les Guerriers de Feu au Shas’Vre’Alar’Fo.
_ Parfait, répondit ce dernier. Déléguez quelques hommes à la surveillance de l’artefact, c’est de lui que vient le plus grand danger. Mes hommes et moi allons nous reposez dans un des Orca. Appelez-nous en cas d’urgence.
_ Bien.
_ Assurez-vous également de récupérer les cadavres des victimes de cette abomination, ainsi que le Devilfish et l’équipement des prospecteurs.
_ A vous ordres, Shas’Vre », répondit le Shas’Ui.
Tar’Kaan, épuisé par sa confrontation mentale avec les murmures slaaneshis, s’effondra sur une des banquettes du transport, après avoir ôté son exo-armure. Ses camarades firent de même, tandis que le Shas’Vre demandait une liaison directe avec l’état-major.
« Ici le Shas’Vre’Alar’Fo. Les renforts sont arrivés. Il faut également envoyer de quoi établir un bunker à une centaine de mètres de la relique, avec des tourelles pour défendre la zone.
_ Ne pensez-vous pas que occupants du bunker seraient tout de même exposés aux effets de l’Icône ? demanda l’officier en charge de la défense des reliques, à travers le communicateur.
_ Nous ne pouvons être sûrs de rien, mais l’icône étant pour l’instant inactive, nous devons en profiter.
_ Nos scientifiques ont étudié la situation depuis que vous avez neutralisé la relique. Apparemment, les Kroots seraient moins exposés à toutes le sortes d’attaques psychiques, et donc pourraient plus aisément résister aux fameuses « voix ».
_ Si c’est la seule piste que nous ayons, ils nous faut l’exploiter.
_ Bien. Nous vous envoyons d’autres transports qui contiendront le matériel nécessaire à l’édification des défenses, ainsi que deux meutes de Kroots afin de tenir la position. Pour le Bien Suprême, Shas’Vre. Over. »
A l’extérieur du transport, les drones envoyés avec les Guerriers de Feu commençaient à bâtir une première tourelle avec les pièces du container qui avait été transporté avec eux depuis la base des plaines d’Yllia. Dans l’Orca, les survivants de l’équipe d’infiltration récupéraient, tout en tentant de se persuader qu’ils n’avaient pas essayé de s’entretuer.
« Shas’Ui, nous avons rempli notre mission, les félicita Alar’Fo. Reprenez vos forces, nous repartirons bientôt vers les plaines d’Yllia. »
Tar’Kaan, exténué, ferma les yeux et se laissa glisser lentement vers le sommeil.

Encore cette obscurité insupportable. C’est la première fois depuis la prise du Totem de Nurgle que je suis replongé dans l’abîme de noirceur de mes souvenirs perdus pendant mon sommeil. Je retrouve, au loin, les lueurs de mes bribes de mémoire retrouvées. Je me dirige vers elles. Je distingue le visage de Mi’Lo. Au milieu de la nuit, mon ami de toujours est un guide, un phare qui me permet de me retrouver dans ce vide. Et soudain je me rappelle. Elle. Les mots de Slaanesh reviennent hanter mon esprit. Elle. Et je me souviens d’un flash, d’un visage, entrevu à peine une microseconde. Elle. Et le chemin est là, devant moi. J’avance. Et de nouveau, la lumière, le visage. Mais cette fois, il reste. La lumière n’est plus aussi insupportable. Et je distingue ses traits. Flous, tout d’abord, puis de plus en plus nets. Elle. Le visage d’une Tau. Elle est si belle. Je me rappelle une image, une scène. Mais pas de nom. Qui est-elle ? Je voudrais courir vers elle, lui demander de me dire ce nom que j’essaye de toute mes forces de retrouver. Mais je tombe à nouveau.
L’obscurité. Elle est omniprésente, maintenant. Et soudain, elles reviennent. Les voix. « Tu ne veux toujours pas me croire, hein ? Tu penses que tu as seulement survécu parce que tu as de la chance ? Mais non. C’est grâce à nous que tu es là. Nous t’avons choisi pour retrouver le nom de notre serviteur. Tu refuses encore ton destin ? Tu crois que tu pourra te cacher éternellement ? Il arrivera un moment où tu ne pourra plus te dérober, comme tu sais si bien faire… Et tu devras choisir entre nous et la mort. Réfléchis-y, petit être… » Et les voix se mettent à rire. Elles rient encore quand j’ouvre les yeux.

Tar’Kaan se leva. Apparemment, l’Icône ne s’était pas réveillée et il était le seul à avoir entendu les Murmures à nouveau. Il sortit du transport et regarda le ciel. D’énormes nuages cachaient le soleil. Après tout, sa vie depuis que sa mémoire était perdue se résumait à cela : une lumière dissimulée derrière une immense masse d’obscurité. Heureusement que quelques rayons de soleil arrivaient parfois à percer le noir, comme les souvenirs de Mi’Lo, ou…d’Elle. Il ne songeait plus qu’à Elle, désormais. Seulement, il voulait un nom.
Tar’Kaan était encore perdu dans ses songeries lorsque l’Orca qui les ramenait à la base atterrit dans les plaines d’Yllia. Les Tau rescapés de l’équipe Stealth débarquèrent et se rendirent avec leur supérieur Alar’Fo dans la salle des cartes de la base. Un Tau, penché sur l’écran holographique où s’affichait une carte détaillée de la planète, se releva à leur entrée.
« Salutations, Shas’Vre’Alar’Fo. J’espère que vous avez fait bonne route.
_ Merci, Shas’El’San’Khar, mais je pense qu’il y a plus important, sans vouloir vous offenser.
_ Ne vous inquiétez pas, nous avons étudié les cartes, et nous savons à quel endroit est susceptible de se trouver la relique de Tzeentch, fit le Shas’El en se tournant vers un opérateur assis devant un moniteur.
Ce dernier entra des données sur son clavier, faisant apparaître sur la carte holographique trois points rouges représentant les emplacements des trois premiers artefacts.
« Je vois, vous pensez qu’elle se trouve…ici, annonça le Shas’Vre avec un sourire, en montrant un point sur la carte.
_ En effet, regardez. »
L’opérateur tapa à nouveau sur son clavier. Un quatrième point apparut, à l’endroit montré par Alar’Fo. Tout d’abord, Tar’Kaan ne vit rien. Puis il remarqua que les quatre points rouges formaient un carré parfait.
« C’est…remarquable, annonça-t-il.
_ Vous n’avez encore rien vu, rétorqua le Shas’El. Regardez mieux. »
L’opérateur entra une nouvelle fois des données dans le moniteur. Et Tar’Kaan vit. Un cinquième point rouge apparut à l’emplacement de Valantys, l’ancienne capitale impériale de Tartarus, exactement au centre du carré. Et huit bandes dépourvues de végétation partant de ce point apparurent elles aussi en rouge. Le résultat de cet étrange dessin était une étoile à huit branches, avec pour centre Valantys, et pour pointes en haut, en bas, à gauche et à droite les emplacements des reliques démoniaques. Une étoile à huit branches. Le Chaos avait apposé sa marque sur la planète même. Et la base des plaines d’Yllia se trouvait exactement sur la branche du Nord-Ouest
Tar’Kaan se tourna vers Alar’Fo. Ce dernier avait pâli.
« Où se trouve le dernier point ? demanda-t-il à San’Khar.
_ Au centre du désert rocheux de l’Est.
_ Nous partons dans deux heures. Il n’y a pas de temps à perdre. »
Tar’Kaan soupira. Les ennuis étaient loin d’être finis.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:46

Chapitre VII : Le Sceptre du Changement

Dans l’Orca, les dix membres de l’équipe Stealth, renforcée de nouveaux membres juste avant le décollage en direction du désert de roche situé à l’est de Valantys, attendaient, anxieux, le moment de l’atterrissage. Tar’Kaan se demandait à quelle diablerie ils allaient être confrontés cette fois-là. Seulement, à présent, il avait une source d’espoir. Quelque part sur T’olku, il y avait des gens qui le connaissaient. Des amis. Et… Elle. Il se promit que, dès que tout serait fini, et s’il était encore en vie, il reviendrait sur sa planète natale, pour y retrouver son passé.
« Alors, Shas’Ui’Tar’Kaan, toujours plongés dans vos songeries ? demanda le Shas’Vre’Alar’Fo en se tournant vers lui. J’ai l’impression qu’il n’y a pas un jour sans que je vous surprenne ainsi, les yeux fermés, à méditer sur votre sort, ajouta-t-il avec un sourire triste.
_ Si je me raccroche à quelque chose, même à une pensée ou un infime souvenir, j’ai une chance de ne pas devenir fou et de ne pas succomber à… à toutes ces horreurs, répondit le Shas’Ui après quelques instants de silence.
_ Courage, Shas’Ui, tout sera bientôt terminé. C’est la dernière relique que nous ayons à récupérer. Le Shas’El avait raison, après tout. Nous n’avons plus aucune raison de nous inquiéter… », poursuivit-il d’un air sarcastique, en regardant devant lui, fixant le sol qui défilait par le hublot du transport.
Tar’Kaan lança un regard à Vil’Tis, assis à côté de lui. Ce dernier ne lui avait plus adressé la parole depuis l’ « incident » des Murmures, le regardant toujours d’un air méfiant, soupçonneux.. Il devait toujours croire que son coéquipier était un traître à la solde du Chaos. Et en son for intérieur, Tar’Kaan ne pouvait que l’approuver. Comment expliquer, en effet, qu’il ait survécu à toutes les missions meurtrières auxquelles il avait participé, étant à chaque fois le seul survivant, ou presque ? Peut-être les voix avaient-elles eu raison, finalement ? Peut-être était-il prédestiné à participer à la libération d’une force maléfique, qui allait dévaster la planète ? Peut-être sa naissance n’avait-elle eu d’autre but que de mettre au monde celui qui révèlerait son nom au démon de Tartarus ? La voix du pilote mit fin à ces pensées venimeuses dans l’esprit de Tar’Kaan.
« Regardez ! Là-bas, droit devant ! »
L’écran de surveillance, placé à l’intérieur du compartiment où se trouvaient les Shas’Ui afin de leur permettre de voir le décor qui défilait sous le transport, retransmit alors l’image de ce qui avait alerté le pilote. Un gouffre s’ouvrait, à une centaine de mètres devant le transport. Un gouffre parfaitement circulaire, large d’environ cinquante mètres, et dont les Tau ne distinguaient pas encore le fond. Une fois que l’Orca se fut approché à la verticale de l’étrange puit, ses occupants constatèrent l’évidence. Il n’avait pas de fond.
« Posez-vous à côté, ordonna Alar’Fo au pilote. Nous sommes arrivés. »
Une fois à terre, les membres de l’équipe Stealth s’approchèrent du bord de la dépression surnaturelle. Et ils surent que leur intuition était la bonne. Au niveau du sol, en plein centre du gouffre, un objet flottait, qu’ils n’avaient pas remarqué auparavant. Un sceptre, formé d’une matière étrange d’après ce qu’ils arrivaient à distinguer. Puis ils virent que le plus étrange dans cet objet n’était pas le matériau dans lequel il était sculpté. Le Sceptre était vivant. Les motifs sculptés à sa surface ondulaient, formaient des signes incompréhensibles, changeaient de couleur, … Tar’Kaan crut même, durant un instant, avoir vu un visage grimaçant, qui s’était dissous dans la magma des formes qui continuaient à changer et à se mélanger. L’artefact gardait pourtant la forme d’un bâton sculpté d’un mètre de long, dont l’extrémité était ornée d’une tête de serpent. La bouche de l’animal était grande ouverte, et crachait un nuage de flammes. Des flammes… vivantes. Leur forme était changeante, dessinait des symboles. Un symbole. Un œil. Celui de Tzeentch. Ils avaient trouvé la dernière relique.
« Shas’Ui’Tar’Kaan, vous allez récupérer cette chose, ordonna le Shas’Vre’Alar’Fo. La mission ne s’annonce peut-être pas si mal…
_ Je ne pense pas que ce soit aussi simple que cela, Shas’Vre », répondit le Tau, tout en activant ses propulseurs.
Il s’éleva dans les airs et se lança en avant, à la verticale du gouffre. Ce qui était visiblement une mauvaise idée, comprit-il lorsque ses réacteurs dorsaux cessèrent purement et simplement de fonctionner. Il tomba. Quelle mort stupide, pensa Tar’Kaan… avant de se recevoir violemment sur un sol invisible. Il se trouvait debout, à mi-chemin entre ses camarades et l’artefact, au milieu du vide.
« Shas’Ui ? Que se passe-t-il ?
_ Apparemment, la chose, au milieu, désactive nos réacteurs. Et provoque l’apparition de ça », continua-t-il en tapant du pied sur la paroi imaginaire sur laquelle il se tenait. Ils n’étaient pas au bout de leur surprises.
Le reste de l’équipe Stealth s’avança prudemment sur le sol invisible, qui constituait un prolongement du sol, au même niveau que ce dernier. Les Tau, peu rassurés, se rapprochèrent du centre du gouffre, et de l’artefact qui s’y dressait. Tar’Kaan avançait vers le sceptre quand il se cogna contre un nouvel obstacle invisible. Il plaqua ses mains sur le mur qu’il ne voyait pas, mais qui se tenait devant lui.
« Je crois qu’on a un problème.
_ Un nouvel artifice ? demanda Vil’Tis, s’approchant de Tar’Kaan.
_ J’ai une idée. Suis la paroi de la main en partant dans ce sens. Je vais de l’autre côté. Il y a sûrement une entrée dans ce mur.
_ Qu’y a-t-il, Shas’Ui’Tar’Kaan ?
_ Un mur, Shas’Vre. Il faudrait se disperser autour, pour trouver une entrée, un passage vers l’intérieur.
_ Là ! cria Vil’Tis. On peut passer ! »
A ce moment, Tar’Kaan sentit le mur sur lequel il s’appuyait se dérober sous sa main. Une entrée. Qui venait de se former. Les parois invisibles bougeaient. Tar’Kaan passa la « porte ». Il était entré. Il tendit ses mains devant lui, afin de repérer de nouveaux murs. Une nouvelle paroi se dressait devant lui. Il la suivit, restant plaqué contre elle pour ne pas se perdre. Il avançait lentement, à pas mesurés. Il arriva à une intersection. En suivant le mur de gauche, il trébucha soudain, et tomba.
Il se redressa, endolori, au pied de l’escalier invisible dans lequel il venait de tomber. C’était un labyrinthe, dont ils ne voyaient pas les murs. Il regarda autour de lui. Ses coéquipiers s’étaient engagés eux aussi dans le dédale imaginaire. Ils étaient déroutés. L’un d’entre eux commençait à divaguer. Tar’Kaan l’entendait marmonner des paroles incompréhensibles traduisant sa panique. Et soudain, il hurla. Il déchaîna son canon à impulsions sur les parois autour de lui. Tar’Kaan eut soudain envie de lui crier d’arrêter. Mais il savait que c’était une mauvaise idée. Le Tau mitraillait autour de lui, et si on ne distinguait pas les murs, on voyait cependant les impacts de son canon sur les parois invisibles. Et on pouvait remarquer que ces parois se rapprochaient lentement les unes des autres. Tar’Kaan ne put détacher son regard de ce spectacle horrible, même lorsque les murs furent assez près les uns des autres pour que le Tau prisonnier de leur étreinte commence à comprendre,
à hurler. Ses os craquèrent, son exo-armure céda, l’espace contenu entre les parois qui l’écrasaient mesurait maintenant moins d’un mètre cube. A présent, ces parois, couvertes de sang, étaient tout a fait visibles. Tar’Kaan continuait à regarder, à quelques mètres de lui, son coéquipier, dont il ne savait même pas le nom, se faire broyer par le labyrinthe. Les hurlements cessèrent dans un infâme gargouillis. Les murs s’écartèrent les uns des autres, toujours maculés du sang et des entrailles de leur victime.
Les autres membres de l’équipe Stealth, qui n’avaient pas pu bouger pendant l’agonie de leur camarade, pleins d’une sorte de fascination morbide qui les forçait à regarder le carnage, reprirent soudain conscience, paniqués. Aucun d’entre eux n’osait prononcer le moindre mot. Et ils se remirent en marche dans le dédale invisible, essayant de ne pas penser au sort de celui qui avait été pris par une folie soudaine. L’un d’entre eux s’exclama :
« Là ! Un souffle d’air ! Il y a un passage par le haut ! Je vais essayer de l’atteindre ! »
Et, oubliant la précédente tentative de Tar’Kaan il s’élança et actionna ses propulseurs dorsaux. Mal lui en prit. Il ne s’éleva que sur un mètre ou deux, puis retomba, ses réacteurs cessant de fonctionner. S’attendant à retomber sur ces pieds, il poussa une exclamation de surprise dans son communicateur quand sa chute continua, passant à travers le sol imaginaire. Les autres Tau n’eurent d’autre choix que d’entendre le long hurlement de leur équipier quand il tomba dans le gouffre. Ce cri ne cessa qu’environ une minute plus tard, avec un craquement funeste.
Maintenant, Tar’Kaan comprenait. Les deux autres avaient été éliminés par la chose qui contrôlait le labyrinthe, parce qu’ils avaient enfreint les règles du jeu. Oui, c’était un jeu pervers et cruel auquel ils prenaient part, un jeu orchestré par un fou. Un dieu fou. Tzeentch. Tar’Kaan réprima le rire hystérique qu’il sentait monter de ses entrailles. La panique le gagna entièrement. Mais ce ne fut pas sa voix qui résonna, au milieu du dédale. Il leva la tête. Vil’Tis avait commencé à crier sa colère.
« Je ne te crains pas, Tzeentch ! Tes abominations et ta perversité ne nous ferons pas renoncer ! Jamais ! Tu m’entends, démon ? Jamais nous ne succomberons à tes pièges ! Jaaaamaaaaaiiiiiis ! ! ! »
Le Tau tendait son poing vers le ciel, injuriant l’Architecte du Changement. Ce geste fou redonna une bouffée d’espoir à Tar’Kaan. Vite dissipée. Une lame, bien réelle et visible, venait de jaillir de la paroi la plus proche de Vil’Tis. A une vitesse foudroyante. Décrivant un arc de cercle meurtrier. Vil’Tis tomba en avant. Son buste se détacha de ses jambes. Il avait provoqué le maître du jeu, et il en payait le prix. Tar’Kaan ne hurla pas. Il ne trembla pas. Il venait de perdre son seul ami dans cette guerre. Il ferma les yeux. Il ne devait pas abandonner. Il devait continuer. Pour Vil’Tis. Il continua à avancer, toujours en appuyant ses mains sur les murs proches. Toujours en fermant les yeux. Il tourna à droite, avança sur trois mètres. Il sentit sous ses pieds un nouvel escalier. Il monta, pas à pas. Lentement. Il prit pied au sommet. Et il sut. Il ouvrit les yeux. Le Sceptre flottait devant lui, à portée de main. Il tendit la sienne. Son cœur battait la chamade. Il referma sa main sur le manche de l’artefact. Et tomba.
Par réflexe, il actionna ses propulseurs. Les autres Tau autour de lui avaient fait de même. Les parois invisibles avaient disparu. Le labyrinthe imaginaire avait cessé d’exister au moment même où le sceptre avait été saisi par Tar’Kaan. Poussés par leurs réacteurs dorsaux, les survivants de l’équipe Stealth remontèrent au bord du gouffre. Risquant un dernier regard en arrière, Tar’Kaan vit le cadavre de son ami, coupé en deux, tomber lentement. Il ferma les yeux.
Il prit soudain conscience qu’il tenait dans sa main l’un des quatre artefacts pour lesquels des généraux sacrifieraient des armées entières. La gueule du serpent de crachait plus de flammes. Les motifs sculptés à la surface du manche avaient arrêté de bouger. Le Sceptre du Changement semblait maintenant tout à fait ordinaire.
« Shas’Ui’Tar’Kaan, vous avez fait du très bon travail. Mais donnez-moi ça, maintenant », ordonna le Shas’Vre.
Tar’Kaan tendit l’objet vers son supérieur. Et une forme apparut entre eux deux. Une silhouette massive, nimbée d’une aura malsaine, engoncée dans une armure bleue et jaune, brandissant une longue lance ornementée.
« Merci beaucoup », dit le Sorcier du Chaos en saisissant le Sceptre que tendait Tar’Kaan. Et le Marine renégat partit d’un grand rire en embrochant le Tau le plus proche, tandis que Tar’Kaan et Alar’Fo se mettaient hors de portée pour mieux abattre le sorcier, et que le serpent sculpté sur le Sceptre se remettait à cracher un nuage de feu. Les Tau voulurent s’échapper en utilisant leurs propulseurs, mais trois d’entre eux furent fauchés par les tirs de bolter d’une escouade de Thousand Sons apparus à quelques mètres. Un autre des Shas’Ui explosa quand le Sorcier prononça une syllabe aux sonorités sifflantes. Les trois survivants s’enfuirent vers le transport Orca stationnant à une vingtaine de mètres, tout en mitraillant les Marines chaotiques derrière eux. Le transport décolla en catastrophe, embarquant les survivants de la mission, la soute encore grande ouverte. Le rire du sorcier résonna pendant une bonne minute dans la tête de Tar’Kaan, pendant que le Shas’Vre annonçait, dans l’holocommunicateur qui le reliait avec le haut commandement :
« La mission est un échec Shas’El. Une bande de Marines a débarqué alors que nous…
_ Vous m’exposerez cela plus tard, Shas’Vre’Alar’Fo ! Il y a beaucoup plus urgent : au Nord, notre avant-poste protégeant la Bannière de Khorne a été submergé par un nombre important de Berserks ; à l’Ouest, une force combinée de Portepestes et de Marines de la Death Guard est venue à bout de nos fortifications protégeant le Totem au cœur de la jungle ; et au Sud, l’Icône de Slaanesh s’est réveillée, les Kroots placés en garnison se sont entre-massacrés, et d’après nos observateurs, les Emperor’s Children n’ont eu qu’à récupérer la relique de leur dieu quand il sont arrivé sur place.
_ Où nous rendons-nous ?
_Vous rejoindrez le gros de nos troupes à l’ouest de Valantys. C’est là-bas que se dirigeaient toutes les forces chaotiques. Pour le Bien Suprême, Shas’Vre ! Over ! »
Valantys… C’est donc là-bas que se jouera l’acte final, songea Tar’Kaan. Puis, exténué, il ferma les yeux.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:47

Chapitre VIII : Valantys

La tour, dressée fièrement vers le ciel, était visible à des kilomètres à la ronde autour de la banlieue ouest de Valantys. La lumière qui clignotait au sommet de l’édifice indiquait que le réseau de communications de la ville était fonctionnel, et le symbole impie gravé sur le mur de la structure révélait la présence des forces du Chaos à l’intérieur. La nuit était tombée depuis longtemps déjà quand l’équipe arriva près de l’objectif.
« On y est, prévint le Shas’Vre’Alar’Fo. L’entrée est là. Tout le monde connaît son rôle ? »
Il se tourna vers les membres de son équipe. Neuf nouveaux membres, recrutés parmi les renforts envoyés par T’olku peu après l’assaut généralisé du Chaos sur les reliques, étaient venus s’ajouter aux survivants de la mission précédente, les Shas’Ui Var’Lim et Tar’Kaan. Tar’Kaan… Ce jeune Tau impressionnait de plus en plus son supérieur. Il avait l’air prometteur, et pourtant, il semblait receler une part d’ombre. Par exemple, il avait joué un rôle majeur dans la récupération de chacune des reliques, et était quasiment le seul survivant à la fin de chaque mission. Bien sûr, le Shas’Vre était lui aussi encore en vie, mais son expérience jouait en sa faveur, tandis qu’un jeune débutant, pendant ses premières missions, surtout aussi dangereuses que celles-là, avait peu de chances de survivre. Et pourtant, lui, il l’avait fait. Quatre fois.
Le Shas’Vre interrompit sa réflexion et fit un signe à ses coéquipiers.
« C’est parti. Pour le bien Suprême, Shas’Ui ! »
Les Tau s’élancèrent vers la porte éventrée de la tour. Les deux hérétiques montant la garde moururent silencieusement, sans comprendre, fauchés par les tirs de canon à impulsions. Le hall d’entrée était dévasté, l’aigle à deux têtes ornant le mur avait été fracassé contre le sol, et une étoile à huit branches avait pris sa place. Tar’Kaan et Alar’Fo se dirigèrent vers l’ascenseur qui occupait le centre du mur du fond, tandis que leurs coéquipiers couraient vers les escaliers latéraux qui flanquaient la porte de l’élévateur. Celle-ci s’ouvrit dans un chuintement presque imperceptible, laissant passer le Shas’Vre et son subordonné. Tar’Kaan, une fois dans la cabine, poussa le panneau supérieur et se hissa à travers, puis aida son supérieur à monter. Les deux Tau activèrent leur propulseurs, qui les hissèrent le long du câble de l’ascenseur, jusqu’à la porte de l’étage du sommet de la tour. Se cramponnant au rebord de la porte coulissante, Tar’Kaan dégaina le poignard fixé à sa jambe. Alar’Fo fit de même, et coupa le câble d’alimentation de la porte. Elle s’ouvrit lentement, laissant apparaître aux yeux des Tau quatre gardes massifs, arborant des étoiles chaotiques sur leurs armures rudimentaires. Le premier, tourné vers la porte, ouvrit la bouche. Aucun son n’en sortit, car la lame lancée par le Shas’Vre s’était enfoncée de toute sa longueur au fond de sa gorge. Les autres se retournèrent, deux d’entre eux moururent fauchés par le feu croisé des deux Tau. Le dernier leur tourna le dos, voulut s’enfuir. Grave erreur. Tar’Kaan atterrit sur son dos et trancha la gorge de l’hérétique d’un geste précis. Le combat avait duré douze secondes, et n’avait fait aucun bruit, ou presque. En pensée, Tar’Kaan remercia les scientifiques qui avaient conçu ces canons à impulsions silencieux. Le Shas’Ui ouvrit la porte qui était à gauche de l’ascenseur. Quelques secondes plus tard, les autres membres de l’équipe arrivaient par les deux cages d’escalier.
« Nous n’avons rencontré qu’une dizaine d’hérétiques dans les étages inférieurs, annonça Var’Lim. Nous les avons éliminés, aucune perte à signaler de notre côté.
_ Parfait. L’objectif est derrière cette porte, annonça Alar’Fo en désignant le bout du couloir qui faisait face aux Shas’Ui. En avant. »
L’équipe Stealth avança dans le corridor, vers le sas qui les séparait de leur but. Le Shas’Vre arracha l’interrupteur et modifia les branchements qui le reliaient au mur. La porte s’ouvrit. Les techniciens installés devant les postes de contrôle n’eurent pas le temps de lancer le moindre message, les rafales de tirs les abattirent tous quand les Tau surgirent dans la pièce. Les Shas’Ui s’approchèrent des moniteurs, déplacèrent les cadavres des adorateurs dans un coin de la pièce, et commencèrent à placer des charges de démolition sur les émetteurs et les écrans de la salle de communications. Leur besogne achevée, les exo-armures Stealth sortirent de la tour, s’éloignèrent d’une cinquantaine de mètres. Quand le Shas’Vre actionna le détonateur, une lueur apparut aux fenêtres de la salle de contrôle de la tour de communications de Valantys. Les forces du Chaos occupant la ville étaient maintenant aveugles et sourdes. Les chasseurs et les bombardiers allaient pouvoir commencer leur ballet de mort afin d’ouvrir la voie aux troupes Tau.
« Commandement, ici équipe Delta. Mission accomplie. Le nettoyage avant l’assaut peut commencer. Pour le Bien Suprême. Over. »
Tar’Kaan sourit. Le lendemain, les hérétiques auraient une mauvaise surprise. Mais leur travail de reconnaissance n’était pas terminé. L’équipe Stealth Delta s’enfonça dans les quartiers de Valantys.

Le soleil était levé depuis environ une heure. L’équipe d’infiltration avait repéré un lieu d’atterrissage pour les forces Tau, dans le quartier Ouest de la ville. Les trois transports cuirassés Manta y avaient déposé leurs occupants, et l’armée Tau avait déjà progressé vers le centre de la ville. Les quelques cent cinquante Guerriers de Feu combattaient les hérétiques dans chaque rue de la ville, appuyés par les tirs de précision des équipes de Cibleurs embarqués dans des VAB Devilfish et par des équipes d’exo-armures Crisis. Des frappes de bombardiers précédaient chacun des assauts Tau, et des meutes de Kroots œuvraient en fer de lance des unités de blindés, taillant dans les rangs ennemis un chemin pour les forces du Bien Suprême.
Depuis l’aube, l’équipe Delta supprimait les positions d’artilleries et d’armes lourdes retranchées qui empêchaient l’avancée des troupes. Le commandement venait de les convoquer au lieu d’atterrissage, devenu une tête de pont soutenant l’assaut de la ville. En entrant dans la salle principale, où convergeaient les rapports des différents groupes d’assaut, les Shas’Ui furent reçus par le Shas’El’San’Khar, qui coordonnait l’invasion depuis le centre de commandement, entre deux assauts qu’il menait en première ligne.
« Des chasseurs de reconnaissance sont partis vers le centre de Valantys, une immense arène », leur expliqua-t-il en les menant devant un moniteur. « C’est là-bas que se concentrent les forces chaotiques. Leur rapport nous a été transmis peu avant qu’ils soient tous abattus par l’artillerie ennemie. Un deuxième groupe de chasseurs a été envoyé il y a quelques minutes, et nous sommes en communication avec eux. Ecoutez.
_ Ici groupe de reconnaissance. Nous survolons la zone. L’ennemi dispose d’une importante artillerie, datant probablement de la domination impériale de la ville. Nous pouvons distinguer une énorme concentration d’hérétiques, et… des Space Marines du Chaos ! Ils sont regroupés dans l’arène, autour d’une sorte de cercle rouge lumineux qui…attention ! ! L’antiaérien ennemi nous empêche de nous approcher plus. Nous rentrons à la base. Over ! »
Le Shas’El se tourna vers les membre de l’équipe Stealth.
« J’imagine que vous avez compris que contre une telle armée, nous n’avons aucune chance. L’assaut frontal sur l’arène n’est pas envisageable. De plus, le pilote a évoqué un cercle lumineux… Le rituel a commencé.
_ Le rituel ? s’étonna un des Tau.
_ Rassembler les quatre reliques ne suffit pas pour retrouver le nom du démon. Ce n’est qu’à l’issue d’un rituel long et complexe que celui-ci pourra être réveillé. Ce rituel doit être accompli par un grand nombre de sorciers. Et nous devons l’interrompre. Mais nous ne pouvons pas atteindre le centre de l’arène, où a lieu le rituel, en effectuant une percée, le nombre d’hérétiques est ben trop important. Il nous faudra donc envoyer une équipe d’élimination qui liquidera les sorciers invocateurs. Vous avez été désignés pour cette tâche. Je ne vous cache pas que cela revient quasiment à vous envoyer directement à la mort, mais vous êtes notre seule chance de sauver cette planète. Une objection ? »Le silence des Shas’Ui lui fit écho.« Bien, je continue. Vous ne pourrez pas vous frayer un chemin parmi les troupes chaotiques. L’assaut aérien est encore moins envisageable, à cause de l’antiaérien ennemi. Il ne reste donc qu’une seule solution.
_ Par-dessous, devina Tar’Kaan.
_ Exactement, les égouts de Valantys. Ce chemin peut également vous permettre d’atteindre et de détruire les positions d’artillerie ennemies, et donc vous assurer un appui aérien. Mais il y a une faille dans ce plan. Pour pouvoir utiliser le réseau d’égouts, nous devons connaître sa géographie. Et il y a un seul moyen pour cela. Nous devons nous procurer les plans de Valantys. Et ils sont probablement stockés dans les archives de la ville. Une de nos équipes de reconnaissance a trouvé ce matin un bâtiment qui pourrait y correspondre, dans le quartier sud. Vous y partez donc immédiatement. Un transport va vous mener là-bas. Nous nous retrouverons à votre retour. N’oubliez pas que le temps nous est compté. Pour le Bien Suprême. »
Les Tau, après le long monologue du Commandeur, sortirent du Manta dans lequel le poste de commandement avait été établi. Un transport Orca les attendait. Tar’Kaan, montant à bord, avait du mal à réfréner les battements de son cœur. Le temps leur était compté…

Les membres de l’équipe Delta progressaient lentement dans les rues de la ville. Le transport les avait déposés non loin d’un bâtiment massif, qui semblait désert. Les archives de Valantys. L’édifice semblait, de l’extérieur, ancien et noble, malgré les dégâts infligés par les chaotiques occupant la ville. L’équipe Stealth s’approcha silencieusement de l’entrée. La porte, arrachée, gisait au sol, et aucune lumière ne provenait de l’intérieur. Les Tau entrèrent, sur leurs gardes, allumant les projecteurs intégrés à leurs casques afin de rompre l’obscurité régnant dans la vaste pièce. Et ils virent. D’immenses rayonnages étaient alignés sur toute la longueur du bâtiment, contenant des blocs mémoriels stockant des données informatiques, des ouvrages antiques en papier, en parchemin, des rangées et des rangées de savoir, bien ordonnées, conservées, et… incompréhensibles ! Tar’Kaan prit conscience qu’il ne connaissait pas les glyphes humains, et qu’il leur faudrait des heures avant de trouver les plans qu’ils cherchaient, sans parler de les déchiffrer ! Et le temps leur était compté….
« Je crois qu’on a un petit problème… souffla le Shas’Vre, traduisant la pensée de chacun.
_ Peut-être, proposa Var’Lim, qu’en envoyant des images de ces symboles au centre de commandement, quelqu’un pourrait nous les traduire, et nous pourrions ainsi comprendre le système de classement, et trouver ce que nous cherchons ?
_ Cela pourrait prendre très longtemps, mais je pense que c’est la seule piste que nous ayons. Dispersez-vous dans la pièce, et… Mais… Planquez-vous, vite ! »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:48

(suite du chap 8 )

Les Tau se dissimulèrent derrière les rayonnages, se dispersant dans l’immense pièce. Des bruits de combat résonnaient à l’extérieur du bâtiment, et avaient alerté Alar’Fo. Soudain, une dizaine d’hérétiques surgirent dans la grande salle, hurlant de terreur. Des tirs de laser provenant du dehors en abattirent la moitié, et tandis que les survivants tentaient de se mettre à couvert derrière les rangées d’archives, une rafale de bolts en faucha trois autres. L’un d’eux, proche de Tar’Kaan, reçut un projectile dans la poitrine. L’explosion projeta des débris de cage thoracique à une dizaine de mètres à la ronde, souillant les ouvrages rangés dans les rayonnages. Les derniers adorateurs ne tardèrent pas à rendre l’âme, abattus par de nouveaux tirs de bolters. Et les nouveaux arrivants entrèrent. Une quinzaine de Gardes Impériaux prirent position autour de la porte, deux d’entre eux installant un canon laser sur pivot afin de protéger l’entrée des attaques extérieures. Et quatre silhouettes massives pénétrèrent à leur tour. Trois formes engoncées dans d’énormes armures rouges, dont l’épaulière était ornée d’un corbeau. Trois Space Marines de la légion des Blood Ravens. Tar’Kaan se rappela le récit du Shas’El, concernant le Capitaine Angelos, qui avait voulu prendre possession de la planète, et qui avait libéré le démon. Et il comprit qui était le quatrième homme. Il distingua ses traits plus précisément. Un homme à la carrure imposante, mais qui n’était pas doté de l’armure des Space Marines. Un homme à la peau noire, brandissant un énorme marteau parcouru d’arcs électriques. Un homme revêtant une armure dorée, ornée d’un symbole sans équivoque. Un grand I majuscule. Un Inquisiteur.
« Soldats, dispersez-vous dans la pièce, et récupérez les données que vous indiqueront les frères de l’escouade Quintius, afin de les ajouter aux archives Blood Ravens et de préserver le savoir de Tartarus. Vous deux, suivez-moi, j’ai également plusieurs données à retrouver.
_ Bien, Inquisiteur Thot, répondit le sergent qui semblait commander les Gardes Impériaux. Vous, allez avec les Astartes ! Vous, restez à l’entrée vers le canon laser. »
Les humains se répartirent dans la pièce, tandis que les Space Marines parcouraient les étagèrent et montraient des blocs de données ou des ouvrages que les Gardes s’empressaient de prendre et de poser dans un caisson blindé proche de l’entrée. Tar’Kaan réfléchissait. Il se souvenait que Thot était l’Inquisiteur qui était intervenu pendant la campagne qu’avaient mené les Blood Ravens pour reprendre le contrôle de Tartarus, et qu’après la tempête Warp qui avait isolé la planète, une importante force inquisitoriale avait débarqué pour éliminer le démon. Cette armée avait dû s’apercevoir du début du rituel, et les forces impériales étaient donc probablement en train d’attaquer la ville, en même temps que les Tau.
Soudain, l’un des gardes, attirant l’attention des Tau dissimulés parmi les rayonnages, s’écria :
« Ici, les plans de Valantys ! Nous devons les récupérer !
_ Inutile, rétorqua le Space Marine le plus proche, notre état-major en dispose déjà. Ce n’est pas la peine de s’encombrer de ce dont nous n’avons pas besoin. »
Tar’Kaan, qui avait retenu sa respiration, faillit soupirer de soulagement. Les Gardes Impériaux continuèrent leur besogne pendant environ une dizaine de minutes, puis l’Inquisiteur Thot revint, portant un énorme volume.
« Il serait inutile et dangereux de rester ici plus longtemps. Partons. »
Les Space Marines refermèrent le caisson contenant leur précieux savoir, tandis que les Gardes se dirigeaient vers la sortie. Quelques minutes plus tard, il ne restait aucune trace du passage de l’Inquisiteur, excepté une dizaine de cadavres et quelques ouvrages manquants dans les étagères des archives. Les Tau, soulagés, se dirigèrent vers le point que le Garde avait désigné en trouvant les plans. S’emparant d’un bloc de données, le Shas’Vre annonça :
« Les voilà. Les cartes détaillées de la ville. Nous exploiterons ces données en revenant à la base. Tout de même, quelle chance inouïe ! »
Tar’Kaan ne croyait pas à la chance. Il était impossible de résoudre une situation seulement en ayant de la chance, il y avait forcément autre chose, une raison qui expliquait pourquoi ils avaient pu trouver ces plans, peut-être quelqu’un qui les avait aidés, ou…
« Dites, commença Var’Lim, ça va peut-être vous paraître fou, mais…
_ Qu’y a-t-il ? demanda le Shas’Vre.
_ Eh bien, quand ils sont sortis, j’aurai juré voir un des Gardes se retourner, et me faire un clin d’œil ! Et c’est ce même Garde qui nous a permis de trouver les plans ! »
Tar’Kaan eut le souffle coupé. Il savait, maintenant, grâce à qui ils avaient trouvé ces cartes si facilement. Mais ce qu’il ne comprenait pas, c’est pourquoi le démon qu’ils cherchaient à détruire leur montrait la voie, et voulait qu’ils atteignent leur but. C’est à ce moment que les paroles de Slaanesh lui revinrent à l’esprit.
« Mes frères et moi, nous t’avons choisi, pour retrouver le nom de notre serviteur… »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:48

Chapitre IX : Le Rituel

Hans était venu de loin. Et il ne le regrettait pas. Après l’invasion de Valantys par Orkamungus, après le décret impérial qui faisait de Magna Bonum, la deuxième ville de la planète, une capitale provisoire d’où mener l’évacuation des civils de Tartarus, après les efforts inutiles des Blood Ravens et de la Garde Impériale, après la libération du démon et la fuite de l’armée impériale, il avait fait partie des nombreux hommes n’ayant pas pu être évacués avant la tempête Warp. Et comme tous les autres, il avait embrassé la cause du Chaos, sa seule chance de survie. Et cela non plus, il ne le regrettait pas.
En tant qu’ancien membre de la Garde Impériale, et grâce aux compétences martiales basiques qu’il possédait, il s’était vu confier le commandement d’une vingtaine de cultistes fraîchement recrutés parmi les anciens civils de Tartarus. Et ils avaient répondu à l’appel du démon. Ils avaient parcouru des centaines de kilomètres, ils étaient venus à Valantys, pour assister à l’éveil de leur maître. Ils s’étaient rassemblés, avec des milliers d’autres hérétiques, autour de l’immense arène qui occupait le centre de Valantys.
Et les autres étaient venus. Un Sorcier de la Black Legion, accompagné d’une escorte d’une dizaine de Terminators, s’était directement téléporté au centre de l’arène, son arrivée provoquant une grande clameur dans la marée des adorateurs. Une vingtaine d’Elus étaient alors sortis des rangs de ces derniers, s’étaient disposés en deux cercles concentriques autour du Sorcier.
Et le Rituel avait commencé. Les Acolytes du Sorcier avaient commencé par graver à même le sol une étoile à huit branches stylisée, dont le centre était occupé par leur maître. Ce dernier avait entamé ses incantations, et alors que les vingt Elus faisaient de même, un dôme rouge s’éleva au-dessus du Sorcier, son contour délimité au sol par le plus petit cercle d’Incantateurs, qui le maintenaient en place. Cette première protection fut bientôt suivie par un deuxième dôme, plus imposant, recouvrant le premier et dont la base suivait la disposition du cercle extérieur d’Elus. Les Terminators s’étaient alors répartis autour des deux protections, qui brillaient d’une lueur rougeâtre et malsaine. Les ritualistes étaient protégés de toute attaque extérieure.
Et le Sorcier avait continué à incanter. Sa voix résonnait dans l’arène, les sons gutturaux émis par sa bouche faisaient frissonner Hans. Puis un murmure s’était répandu dans les rangs hérétiques. Quand il était parvenu aux oreilles de Hans, les battements de son cœur s’étaient accélérés.
« Ils arrivent .»
Instinctivement, les cultistes rassemblés dans l’arène s’étaient écartés des quatre allées dirigées vers les points cardinaux, ouvrant quatre travées dirigées vers le centre de l’arène. Et Ils étaient entrés.
Venant du Nord, cinquante des Berserks les plus aguerris des World Eaters, guidés par un champion de Khorne qui brandissait bien haut la bannière du Seigneur des Crânes.
Entrant par l’Ouest, cinquante Marines de la Peste, menés par un Elu de la Death Guard portant le totem de Nurgle, et répandant une odeur insupportable au sein de l’arène.
Depuis la porte Sud, cinquante des Emperor’s Children de Slaanesh, accompagnés par un champion des Noise Marines, devant lequel flottait, avançant dans la travée, l’icône du Prince des Excès.
Et enfin, dans l’allée Est, cinquante des énigmatiques Thousand Sons ; à leur tête, un Sorcier de Tzeentch, disciple d’Ahriman, dont le poing était fermé sur un sceptre en forme de serpent, dont la gueule crachait un nuage de flammes irréelles.
Les quatre délégations avaient avancé vers les ritualistes, chacune d’elles menée par son champion apportant la relique de son dieu. Ces derniers avaient gravi l’escalier menant à l’autel élevé au centre de l’arène. Le plus grand dôme s’était évanoui, et les reliques avaient été disposées sur les branches de l’étoile gravée au sol. Les champions du Chaos avaient reculé. Le dôme s’était reformé, la voix du Sorcier de la Black Legion résonnait de plus belle contre les gradins de l’arène. les quatre reliques étaient rassemblées. Le Rituel allait bientôt atteindre son apogée. L’excitation de Hans et de tous ses congénères hérétiques était palpable.
C’est à ce moment que les premières explosions avaient retenti. Des rumeurs avaient commencé à se répandre dans les rangs des cultistes : des chasseurs de reconnaissance ennemis avaient été repérés et abattus, une armée de xenos approchait du centre de la ville par le Nord-Ouest, ils allaient interrompre le Rituel. Les meneurs des Space Marines du Chaos avaient commencé à hurler des ordres. Il fallait sortir de l’arène, exterminer ces infidèles qui s’en prenaient à leur maître. Un sourire sadique s’était affiché sur le visage de Hans. Il allait combattre des ennemis du Chaos en compagnie des meilleurs guerriers de Khorne, il allait répandre le sang de ces xenos au nom du dieu du Sang, celui des Quatre qu’il admirait le plus. Et il était sorti, menant sa petite bande, préparant ses armes et suivant le gros des hérétiques, guidé par le Champion Berserk des World Eaters. Dans l’arène n’était restée que la moitié des troupes cultistes, ainsi que les Marines de Tzeentch et de Slaanesh. Tous les autres étaient sur la place, au-dehors, pour tuer ces xenos, ces abominations qui prétendaient interrompre le réveil du démon de Tartarus.
Maintenant, Hans ne souriait plus. Il se tenait, parmi les troupes chaotiques, sur la place qui s’étendait au nord-ouest de l’arène. Même les hurlements barbares des Berserks n’arrivaient pas à lui redonner de l’enthousiasme. A une centaine de mètres, de l’autre côté de la place, se déployant à la limite des immeubles en ruine, vestiges de l’âge d’or de Valantys, une autre armée se déployait. Des guerriers, des chars, des machines issues de technologies inconnues, tous arborant des couleurs vertes, se déployant dans la discipline. Des canons énormes étaient pointés vers les rangs des hérétiques. Des escouades de créatures extraterrestres parées à délivrer un feu mortel sur leurs ennemis. Des exo-armures dotées d’armes dévastatrices. Des groupes de tireurs d’élite postés dans les immeubles désaffectés. Les Tau étaient venus. Et même s’ils étaient en infériorité numérique, leur puissance de feu pourrait aisément venir à bout de l’armée déployée devant l’arène, s’effraya Hans.
Et soudain, un cri retentit dans les rangs xenos :
« Guerriers de la Caste du Feu ! Aujourd’hui nous combattons le mal en personne ! Aujourd’hui nous nous battons pour la gloire du Sept T’olku, pour celle de l’Empire Tau, mais surtout, aujourd’hui, nous combattons pour le Bien Suprême ! Et, assurément, nous triompherons ! ! »
Hans crispa son poing sur son sabre. La bataille pour Valantys venait de commencer.

Les deux équipes Stealth progressaient dans le vaste conduit de l’égout. Le briefing avait été rapide après leur retour de la mission de récupération des plans. Le Shas’El les avait félicités, puis leur avait annoncé une nouvelle qui expliquait la présence de l’Inquisiteur Thot dans les archives de Valantys : une importante force impériale formée de régiments de la Garde et d’une compagnie de Space Marines des Blood Ravens avaient approché la ville par le Sud-Est, menés par plusieurs Inquisiteurs d’après les observateurs Tau, ce qui confirmait les suppositions de Tar’Kaan. Cette armée allait probablement bientôt attaquer les forces chaotiques afin d’empêcher l’achèvement du Rituel. Il fallait donc profiter de leur arrivée pour prendre les hérétiques en tenaille.
Pendant que des cryptologues de la Caste de l’Eau décodaient les cartes humaines, le Shas’El avait exposé le plan en détail à l’équipe d’infiltration : le gros des forces Tau, une armée environ trois fois moins nombreuse que les cultistes présents dans l’arène, allait mener un assaut frontal sur le nord-ouest de l’arène, afin de causer une diversion et d’attirer le plus possible d’hérétiques hors des murs, en espérant qu’une même attaque serait lancée par les forces inquisitoriales sur l’autre côté de l’arène. Pendant ce temps, la totalité des exo-armures Stealth, c’est-à-dire une vingtaine de Tau, répartis en deux équipes, passeraient par les égouts pour atteindre le lieu du Rituel. La première équipe irait détruire l’énorme canon antiaérien situé au sud-ouest de l’arène, ce qui permettrait un bombardement de la part des Tau, puis un assaut de la deuxième équipe qui remonterait dans l’arène, et éliminerait tous les Ritualistes. C’est quand le Shas’El était arrivé à la fin de son exposé que le Shas’Vre’Alar’Fo avait pris la parole :
« Si vous le permettez, je prendrai le commandement de l’équipe Delta 1, qui partira détruire le canon. De plus, étant le seul Shas’Vre Stealth, il me revient de désigner qui dirigera la seconde équipe.
_ Et qui suggérez-vous ? avait interrogé San’Khar.
_ Le Shas’Ui’Tar’Kaan s’acquittera à merveille de cette tâche. »

Tar’Kaan n’avait pas pu contredire cet ordre, mais à présent, alors qu’ils s’approchaient de plus en plus de l’arène et de leur destin, il était effrayé de devoir remplir une mission si importante, alors que c’était lui qui, d’après les voix de Slaanesh, devait libérer le démon. Et si, par malheur, il était en train d’agir comme le capitaine Angelos des Blood Ravens ? Si, en tentant de détruire le démon, il lui rendait sa toute-puissance perdue ? Si… Une parole du Shas’Vre tira Tar’Kaan de ses songes funestes.
« C’est ici que nous nous séparons, Shas’Ui. Nous ne nous reverrons sans doute jamais.
_ Sans doute, en effet, répondit Tar’Kaan d’une voix lugubre.
_ Mais mourir pour le Bien Suprême est un honneur. Je suis fier d’accomplir une dernière fois mon devoir. J’espère que vous pourrez faire de même, Tar’Kaan. Pour le Bien Suprême, nous allons combattre une dernière fois. Adieu, Tar’Kaan. »
Il ne répondit pas, et alors que l’équipe Delta 1 bifurquait et s’éloignait dans l’ombre d’un couloir, alors que celle de Tar’Kaan continuait à avancer, celui-ci ressassa les paroles d’Alar’Fo. En effet, ils allaient droit à la mort. Ainsi, il n’avait pas su venger ses parents, sa famille. Il n’avait pas su retrouver ses souvenirs perdus. Son existence avait été un échec, une vanité inutile. Mais il avait encore une chance de donner un sens à la courte durée de vie qu’il lui restait. Il allait réussir cette mission, ou mourir. Mourir pour le Bien Suprême.
Un sourire, masqué aux yeux de ses coéquipiers par le casque de son exo-armure, se dessina sur son visage.

« Pour le Bien Suprême ! En avant ! »
Le Shas’El se propulsa dans les airs et arrosa de tirs la marée d’hérétiques de son canon à plasma. Une roquette partit du lance-missiles fixé à son épaule, tandis que son garde du corps Shas’Vre couvrait son flanc droit en abattant une demi-douzaine de cultistes d’une rafale de tirs à impulsions. La bataille avait commencé il y avait trois minutes à peine, et San’Khar était déjà assuré de son issue. Les Tau n’avaient aucune chance. Strictement aucune. Leurs seuls espoirs étaient l’arrivée des forces impériales à l’opposé de leur position, ou la réussite de la mission d’infiltration.
Les tirs des Shas’La avaient d’abord causé d’énormes dégâts lors de l’approche désordonnée des cultistes. Quand l’armée chaotique avait été assez proche, les Kroots étaient entrés dans la danse. Leur charge avait littéralement pulvérisé la première ligne des hérétiques. Les salves de missiles des Sky Rays, dirigées par les équipes de Cibleurs embarquées dans les Devilfish qui sillonnaient les flancs de l’armée ennemie, ravageaient les rangs des cultistes. Mais la situation s’était inversée, petit à petit et perte par perte. Les Kroots, enlisés au corps à corps, avaient peu à peu cédé, tandis que les forces chaotiques s’approchaient dangereusement des lignes des Guerriers de Feu. Les flancs des Tau allaient bientôt être débordés, mais, pire encore, les premières lignes d’hérétiques étaient tombées, laissant la place aux Space Marines du Chaos. Les Berserks de Khorne arrivaient au contact. Et les tirs de soutien ne pouvaient rien y faire.
Alors, le Shas’El’San’Khar avait mené un assaut à la tête d’une dizaine d’exo-armures XV8. Dominant la zone des corps à corps grâce à leur propulseurs, les Tau en armures Crisis criblaient les rangs des Berserks de tirs à impulsion, de missiles, et de plasma, espérant faire reculer les Marines de Khorne. Le Shas’El repéra leur meneur, le maintint dans son viseur et hurla dans son communicateur :
« Groupes blindés 3 et 5 ! Dirigez une salve sur la cible de mon désignateur personnel ! Maintenant ! »
Le Champion Berserk s’apprêtait à achever un Mentor Kroot tombé au sol, quand une bordée de missiles à guidage laser le toucha. Un énorme flash bleuté illumina le champ de bataille quand les salves simultanées de deux Sky Rays touchèrent le Marine chaotique.
Le sourire satisfait qui était apparu sur le visage de San’Khar s’évanouit quand la lumière s’atténua, laissant apparaître Le Berserk, qui, seulement sonné, se relevait lentement et empoignait sa hache. Ce… Cette chose avait survécu à un double tir de barrage ! Et il était seulement sonné, malgré son visage brûlé par les missiles des Sky Ray. Le Champion de Khorne leva la tête et repéra le Shas’El parmi les autres exo-armures. Un rictus sanguinaire se dessina en travers de sa face défigurée par les explosions lorsqu’il dégaina une deuxième hache, plus petite, suspendue à sa ceinture. Ce n’est que lorsque la hache de lancer fusa vers le Tau qu’il voulut réagir. Trop tard.
L’arme pulvérisa le propulseur gauche de l’exo-armure XV8. Cette dernière chuta au milieu des rangs hérétiques, écrasant un Berserk sous l’impact. Ses camarades s’écartèrent. San’Khar, se relevant grâce au peu d’énergie subsistant dans son propulseur intact, ne comprenait pas pourquoi ses ennemis ne se jetaient pas sur lui. La réalité le rappela brutalement sous la forme d’un revers du plat de la hache de guerre du chef des Marines de Khorne, qui broya le côté gauche du casque du Tau, rendant les optiques inutilisables et la vision impossible. Le Shas’El déclencha le système d’éjection de secours de son casque, et saisit la tactique du Berserk : il était maintenant tête nue, et d’autant plus vulnérable à la terrible hache de son adversaire. Ce dernier, presque aussi grand que l’exo-armure qui se dressait devant lui, cracha à terre sur les pieds du Tau. Un défi. Les autres Berserks n’interviendraient pas. San’Khar allait devoir vaincre au corps à corps un Champion de Khorne. Et il vendrait chèrement sa peau.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:49

(suite du chap 9)

« Shas’Vre’Alar’Fo ? Ici commandement. Vous arrivez au point cible. Dans une vingtaine de mètres, vous verrez une grille, au plafond, qui donne sur les conduits correspondant avec la surface. Vous et votre équipe montez par cette trappe, puis sortez par la plaque qui débouche au pied du mur extérieur du sud-ouest de l’arène, juste à côté de la batterie de canons antiaériens. Vous éliminez les servants, détruisez la batterie et vous vous extrayez rapidement par le conduit. Bonne chance ! Pour le Bien Suprême ! »
Le communicateur de l’officier Tau émit un signal indiquant la fin de la transmission à sens unique. Alar’Fo fit un signe à ses coéquipiers. L’équipe Delta 1 avança rapidement et se posta au-dessous de la grille qui séparait l’égout des conduits supérieurs. L’un des Tau ouvrit la voie en soulevant la grille, puis le reste de l’équipe le suivit, montant dans le corridor qui menait à la surface. Une échelle, située à quelques mètres de l’ouverture par laquelle les exo-armures Stealth venaient de passer, montait par un conduit vertical vers une massive plaque de métal. Sur un nouveau signe de la main du chef d’équipe, les Tau se positionnèrent en file au pied de l’échelle, le Shas’Vre en tête.
« C’est parti », murmura Alar’Fo en activant ses propulseurs.
Il s’éleva le long de l’échelle sur quatre mètres, puis percuta la plaque de son épaule, la soulevant sous l’impact. Il déboucha en plein air, sous les yeux d’une vingtaine d’hérétiques médusés, et commença à faire mugir son fuseur en leur direction. Tandis que le rayon thermique fauchait les servants du premier canon antiaérien, les autres membres de l’équipe sortaient, un par un, de la bouche d’égout, se propulsant dans les airs et criblant à leur tour les adorateurs de tirs. Les dix Tau éliminèrent rapidement les servants, qui, surpris par l’assaut soudain des xenos, n’eurent pas eu le temps de riposter.
« Premier groupe, surveillez les environs et couvrez-nous ! ordonna le Shas’Vre. Deuxième groupe, préparez vos charges et suivez-moi ! »
Alar’Fo, suivi de la moitié de l’équipe, se dirigea vers les quatre canons Hydra qui se dressaient sur le promontoire, haut de cinq mètres, adossé au mur de l’arène. Les autres Tau se postèrent sur le bord du surplomb, dissimulés derrière un muret, guettant l’arrivée de troupes ennemies. La bataille faisait rage plus au Nord, détournant l’attention de l’armée chaotique du vrai danger. Des bruits de combat semblaient également venir de l’autre côté de l’arène. Mais l’attention des Tau était accaparée par leur mission. Tandis que le second groupe posait des charges à fusion autour des pièces antiaériennes, le premier montait la garde autour des artificiers. Le Shas’Vre se releva après avoir armé la bombe qu’il venait de poser.
« Ici ! lança un des guetteurs en désignant le sommet du mur de l’arène. Ils passent par au-dessus ! Ils… »
Sa phrase fut interrompue par l’épée tronçonneuse qui lui perça la poitrine. Une bande de Rapaces de la Death Guard bondit du haut de la muraille et fondit sur l’équipe de sabotage.
« Vite, finissez l’amorçage des charges ! cria Alar’Fo en tirant en direction des Marines du Chaos. On ne pourra pas les contenir longtemps ! »
Un Rapace trucida un des guetteurs d’une rafale dans la tête, récupéra l’épée tronçonneuse qu’il avait lancée et trancha la gorge d’un second Tau. Un autre des Marines de Nurgle fonça sur une exo-armure Stealth, faisant rugir ses propulseurs, broyant le Shas’Ui sous l’impact. L’un des xenos cribla de tirs à impulsions le torse d’un Rapace, avant d’être transpercé par-derrière par l’épée énergétique d’un Aspirant Champion. Les Tau ne faisaient pas le poids face aux serviteurs du Chaos, comprit le Shas’Vre qui avait pourtant abattu le tiers des Rapaces. Seuls trois Shas’Ui étaient encore debout, et en mauvaise posture, contre cinq Marines experts en combat rapproché. Leur meneur, achevant son adversaire, se retourna vers Alar’Fo et le visa de son pistolet bolter. La rafale n’atteignit que du vide : le Tau s’était envolé et armait de nouveau son fuseur. L’Aspirant Champion de Nurgle qui avait tenté de l’abattre périt, son armure percée par la chaleur de l’arme. Le Shas’Vre se désintéressa du cadavre du Rapace pour tenter de prêter main-forte à ses équipiers. Qui avaient déjà tous été trucidés.
Il était maintenant seul. Seul contre les quatre Marines qui lui faisaient face. Et contre le nombre croissant de Portepestes qui les entouraient, s’ajoutant à ceux qui avaient achevé les derniers Shas’Ui pendant que l’officier Tau éliminait le chef des Rapaces. Le pouvoir du Totem continuait à faire effet, songea Alar’Fo en rechargeant son arme pour la dernière fois. Mais il n’échouerait pas. Les charges étaient toutes en place, et le détonateur était prêt. Il commença à hurler un cri de guerre en arrosant ses ennemis des tirs de son fuseur. Il continua à hurler lorsqu’ils le chargèrent. Il hurlait toujours, debout sur la pile des cadavres des démons qu’il avait abattus, tirant sur la marée de Portepestes qui l’entourait peu à peu. Il ne cessa pas de hurler quand son chargeur fut vide.
Il eut simplement une dernière pensée pour Tar’Kaan, ce jeune Tau si prometteur qu’il aurait aimé mieux connaître. Il sourit.
Il actionna le détonateur.

Vorghur était sûr de gagner. Il n’avait jamais perdu. C’est pour ça qu’il avait été choisi pour diriger les World Eaters sur Tartarus après qu’Arkhon ait lamentablement échoué à récupérer la Bannière du Sang. Il avait massacré de ses mains des centaines d’ennemis de Khorne. Et aujourd’hui, il allait pulvériser ce minable xenos qui avait besoin d’une armure pour paraître plus imposant. Il l’avait repéré après la salve de missiles qui lui avait brûlé le visage. C’était lui qui semblait diriger les autres exo-armures qu survolaient son armée. Il n’avait eu besoin que d’un seul lancer pour qu’il s’écrase lamentablement à terre. Et il l’avait défié. On ne blessait jamais Vorghur impunément. Les puissantes armes de longue portée de l’extraterrestre ne lui étaient désormais d’aucune utilité. Il ne restait plus au Berserk qu’à jouer avec sa proie, puis à donner le coup final. Un jeu d’enfant.
Les deux adversaires tournaient l’un autour de l’autre, entourés par la bataille qui continuait à faire rage autour d’eux. Le Tau devait se déplacer lourdement, son armure lui interdisant des mouvements précis. Les protagonistes se jaugeaient mutuellement, cherchant une faille dans la garde de l’adversaire.
Ce fut Vorghur qui frappa le premier. Rien ni personne n’avait jamais échappé à sa hache. Elle fusa vers le bras droit du Shas’El, et détruit le canon à plasma qui lui servait d’arme principale. Le Tau voulut riposter en se lançant en avant pour chercher le contact direct. La lenteur de son attaque arracha un rictus méprisant au Berserk. Il assena de sa main gauche un formidable uppercut dans la poitrine de l’armure extraterrestre, qui émit un grincement inquiétant. L’énorme hache revint dans un revers fulgurant et arracha le lance-missiles fixé sur l’épaule du xenos. Ce dernier remonta vivement le genou, et, en s’aidant des servo-moteurs de son armure, percuta avec force la cage thoracique du Marine de Khorne, qui craqua sous l’impact. Vorghur recula, surpris, le souffle coupé. Le combat allait peut-être s’avérer intéressant, après tout…

Grulgor ruminait sa rancœur envers ses chefs. Alors que la vraie bataille se déroulait à la surface, il était obliger de rester dans les égouts, pour garder un accès souterrain qui n’avait sans doute pas servi depuis l’invasion de Valantys par Orkamungus, et dont personne ne connaissait l’existence ! Lui, un Marine de la Peste, devait veiller dans un tunnel en compagnie d’une demi-douzaine de pitoyables cultistes, au lieu de répandre la mort au non de Grand-Père Nurgle ! Il pariait qu’aucun de ces misérables troufions de connaissait la moitié des noms du Seigneur des Pestes !
Concentré sur ses pensées aigres, il ne vit pas les Tau arriver. Il eut seulement le temps de lever la tête, alerté par les lueurs provenant des canons xenos. Il mourut en silence, comme les hérétiques qui étaient sous son commandement. L’équipe Stealth Delta 2, menée par Tar’Kaan, continua son chemin dans les égouts de Valantys.

Le Shas’El réfléchissait à toute vitesse : le Berserk avait reculé, mais il pouvait revenir au contact à n’importe quel moment. Il lui fallait reprendre l’avantage avant que le Champion de Khorne, qui jouait avec lui comme avec une proie, ne se mette à combattre vraiment de toutes ses forces. Et pour cela, San’Khar savait ce qu’il devait faire. Seulement, la perte de son casque impliquait celle de renseignements concernant le cours de la bataille, et même l’état de son exo-armure. Son propulseur droit était intact, mais contenait-il encore assez d’énergie pour ce qu’il s’apprêtait à faire ? Le Tau mit fin à ces réflexions stériles : le Berserk commençait à revenir vers lui. Il fallait agir.
Le Commandeur pointa son ioniseur cyclique sur son adversaire. Le tir toucha l'épaule du Marine du Chaos, qui recula sous l’impact. Un rictus de haine s’étala sur son visage, et il courut vers le Tau, sa hache prête à frapper. San’Khar ferma les yeux et s’apprêta à tirer une nouvelle fois. Il n’en eut pas le temps. L’arme du Champion Berserk fracassa l’arme fixée au bras droit de l’exo-armure. Le Tau sourit. Le hurlement de douleur du Marine lui confirma qu’il avait bien fait de fermer les yeux. Lorsqu’il les rouvrit, l’énorme flash résultant de la destruction de son arme s’était dissipé, mais Vorghur était toujours aveuglé. Le Shas’El pouvait maintenant mettre en œuvre son plan. Il s’approcha du Berserk, qui avait relâché sa garde et dont la hache gisait au sol, et le heurta de la poitrine. Sentant que son adversaire était à son contact, Vorghur recula de trois pas, puis avança brusquement en percutant violemment San’Khar de son épaulière. Malgré son poids, l’imposante armure du Tau fut projetée de quelques dizaines de centimètres vers l’arrière. Tout se passait comme prévu, songea rapidement le Commandeur, malgré la douleur émanant de sa poitrine. Il actionna son propulseur intact et se lança en arrière, puis inversa la poussée et fondit sur le Champion de Khorne, dont la vue se clarifiait peu à peu.
Le choc fut terrible et jeta les deux protagonistes à terre, le Shas’El bloquant son adversaire sous la masse de son exo-armure. Surpris, le Berserk attrapa le manche de son énorme hache, qui gisait au sol. Il la souleva et tenta de se dégager des poings du Tau, plaqués l’un sur son visage et l’autre sur ses côtes. Il comprit lorsque les lames rétractables dissimulées le long des avant-bras de San’Khar sortirent brusquement de leurs logements, actionnés par de puissants servo-moteurs. Elles lui perforèrent l’armure au niveau du cœur et déchiquetèrent son visage brûlé. La dernière chose que vit le Marine fut le tatouage de serpent qui ornait le visage du Commandeur. La hache retomba dans la poussière. Vorghur, Champion Berserk de Khorne, était mort.
Le Shas’El se releva difficilement, et fit un signe à deux Shas’Vre qui canardaient les alentours. Les exo-armures descendirent et lui agrippèrent les bras. San’Khar observa sous lui le cadavre de son adversaire et les hérétiques qui commençaient à combler le vide qui s’était ouvert dans la marée chaotique pendant leur duel. Il avait gagné.
Les exo-armures XV8 atterrirent à côté d’un Hammerhead doté d’un relais de communications. San’Khar sortit rapidement de son exo-armure et se dirigea vers le communicateur.
« Ici Shas’El ! Toutes unités, rendez compte !
_ Ici Shas’Vre’Dor’Nan. Les équipes de Guerriers de Feu subissent un nombre important de pertes, même si nous en infligeons deux fois plus à l’ennemi. Les Marines de la Peste ont un grand nombre de tireurs, mais leur puissance de feu est largement inférieure à la nôtre. En revanche, les troupes de corps à corps ennemis vont bientôt atteindre nos lignes, en ce cas il faudra nous replier.
_ Ici Shas’Vre’Kur’Naï. Nos Cibleurs ont affaibli les flancs ennemis et ont provoqué d’importants dégâts en dirigeant des salves lancées par les Sky Rays, mais la plupart des Devilfish ont été détruits par des armes lourdes. En outre, nos observateurs ont repéré l’avancée des forces inquisitoriales qui attaquent actuellement le Sud-Est de l’arène. Les forces chaotiques sont prises entre deux feux et ont dû dégarnir l’intérieur de l’arène pour faire face aux deux menaces.
_ Ici Mentor Lokhan. Nos meutes de Kroots sont enlisées au corps et corps, nous nous faisons décimer par les Berserks de Khorne ! Il nous faut plus de tirs d’appui ! Une partie des hérétiques a du se replier pour faire face à l’attaque impériale, mais nous ne tiendrons plus très longtemps face aux World Eaters !
_ Ici Shas’Vre’Mon’Fa. Nos divisions blindées ont aisément détruit les quelques véhicules dont l’ennemi disposait, et nous tentons d’éliminer le plus possibles d’hérétiques pour faciliter la tâche aux meutes de Kroots. Les bombardiers et les chasseurs se tiennent près à décoller pour lancer un pilonnage sur l’arène. Nos attendons votre signal.
_ Bien, conclut le Shas’El. Unités blindées, concentrez vos tirs sur les World Eaters. Nos Kroots doivent tenir ! Equipes de tirs, mêmes instructions. Cibleurs, restez embusquez dans les immeubles en ruine et tâchez d’abattre le plus de tireurs ennemis possible. Centre de contrôle, a-t-on des nouvelles des équipes Stealth ?
_ Aucune, Commandeur. Nous avons perdu le contact avec eux depuis l’assaut de l’équipe Delta 1 sur les positions d’artilleries ennemies. »
Le silence radio qui suivit fut brisé par le bruit des tirs du canon Rail au-dessus de San’Khar, qui taillait dans les rangs hérétiques de longues traînées de morts.
« Bien. Tentez de reprendre contact avec eux, et… »
La phrase du Shas’El fut interrompue par une énorme explosion sur la face sud-ouest du mur de l’arène. L’artillerie antiaérienne ennemie était détruite.
« Shas’Vre’Mon’Fa ! Envoyez immédiatement vos chasseurs et bombardiers nettoyer l’intérieur de l’arène ! »
L’équipe 1 avait réussi. Maintenant, l’équipe Delta 2 devait entrer dans l’arène et interrompre le Rituel. Tout reposait à présent sur un jeune Shas’Ui, songea San’Khar en coupant la communication, espérant que Tar’Kaan serait à la hauteur.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:49

(re-suite du chap 9)

La première explosion avait retenti dans le conduit de l’égout qui serpentait sous l’arène. Tar’Kaan et ses hommes se tenaient prêts. La trappe, au-dessus d’eux, était la porte vers leur destin. Dès que le bombardement cesserait, ils se lanceraient à la surface où ils avaient rendez-vous avec la victoire. Ou avec leur propre mort. Ils n’avaient pas droit à l’échec, qui signifierait la domination totale de Tartarus par le démon. Les bombes secouaient le sol, les tirs de canons Rail résonnaient. Puis soudain, le silence.
« Maintenant ! cria Tar’Kaan. En avant ! Pour le Bien Suprême ! »
Le Shas’Ui décolla et percuta la plaque, qui fut soulevée de plusieurs mètres. Il déboucha à l’air libre, au milieu d’une des quatre travées. Le bombardement Tau avait été efficace : l’air puait le cadavre carbonisé. Les hérétiques avaient presque tous été décimés. Mais, au centre de l’arène, le Rituel continuait. Les deux dômes de protection étaient toujours debout, entourant le Sorcier et les quatre Reliques, qui brillaient d’une forte lueur malsaine. L’aboutissement était proche. Il fallait agir vite.
« Eliminez les Elus qui maintiennent les protections en place ! Vite ! Foncez ! »
Les dix Tau, sortis du conduit d’égout, se propulsèrent vers les ritualistes. Les tirs à impulsion fauchèrent la plupart des acolytes du Sorcier. Le premier bouclier, déjà affaibli par le bombardement, disparut. Les Shas’Ui, toujours en volant à toute vitesse vers leurs cibles, concentrèrent leur feu sur le cercle interne d’hérétiques et sur les Terminators du Chaos qui tentaient d’abattre les exo-armures Stealth au vol. Les cultistes qui avaient survécu au bombardement et les Marines restants dans l’arène coururent vers les dômes pour essayer de les rétablir. Tout s’enchaînait avec une rapidité déconcertante.
Tar’Kaan approchait du dôme intérieur, évitant les tirs des canons d’assaut des Terminators, abattant un à un les Elus qui maintenaient la protection. Trois. Deux. Un. L’intégrité du bouclier n’était plus assurée que par un seul Elu, qui, affolé, appelait à l’aide. Mais les autres Shas’Ui tombaient également trop vite sous les tirs chaotiques. Tar’Kaan n’aurait qu’une seule chance. Il se propulsa vers le haut, décrivit une parabole au-dessus du dôme, ajusta son dernier tir. La tête du dernier ritualiste explosa. Le bouclier rougeâtre disparut. Le Tau redescendit au niveau du sol, posa les pieds à terre, pour mieux se relancer vers le Sorcier qui, debout au centre du carré formé par les Reliques, hurlait vers le ciel les dernières paroles du Rituel.
Cinq hérétiques se disposèrent en cercle autour du Sorcier, et commencèrent à incanter pour rétablir la protection autour de leur maître. Il ne virent pas Tar’Kaan arriver à toute vitesse, et franchir le cercle de symboles tracés au sol. Juste à temps. Le dôme réapparut brusquement autour de lui. Il percuta violemment le Sorcier et le projeta contre la paroi rouge qui s’élevait derrière lui. Un immonde grésillement et le hurlement du Marine du Chaos retentirent lorsqu’il heurta la protection. Une odeur de chair brûlée se répandit sous le dôme.
Autour d’eux, tous les Shas’Ui étaient tombés. Des cultistes hébétés tâchaient de tenir intact le bouclier. Le Sorcier, sa main crispée sur l’avant-bras du Tau, tomba lourdement au sol, à demi mort, et murmura une dernière phrase. Les quatre Reliques implosèrent dans un éclat de lumière éblouissant. Tar’Kaan, qui s’apprêtait à achever son adversaire, fut soudain frappé par une énorme vague mentale. Un mot résonna dans son esprit, comme un formidable coup de poing. Un seul mot.
« Tharkann. »
Le Shas’Ui, suffoquant, pointa son canon à impulsion sur le visage du Marine qui gisait sur le dos à ses pieds. Comment cette chose savait-elle son nom ? Cela n’avait plus d’importance, puisqu’il allait mettre fin à tout cela.
Mais une porte s’ouvrit dans son esprit. Quelqu’un d’autre entra. Ou plutôt quelque chose. Tar’Kaan comprit. Le Rituel avait été achevé. Et une nouvelle voix retentit dans sa tête.
« Bonjour, Tar’Kaan. Je t’attendais. »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:50

Chapitre X : Noms

" Bonjour, Tar'Kaan. Je t'attendais. "
La voix a résonné dans mon esprit. Le démon est là. Le Rituel est terminé, j'ai échoué. Mais, alors, pourquoi ne suis-je pas encore mort ?
" J'imagine que tu sais pourquoi tu es là. " Le démon parle d'un ton narquois, et pourtant sa voix a des intonations presque... familières.
" Je suis là pour te détruire, abomination. "
La chose éclate d'un rire insupportable.
" Dans ce cas, je suppose que tu ne seras pas satisfait d'apprendre que c'est faux. Tu es là parce que je l'ai décidé. Tu es là, et c'est difficile à avouer pour un démon de mon envergure, crois-moi, tu es là parce que j'ai besoin de toi. Mais ça, tu le sais déjà, même si tu as peur de te l'avouer.
_ Ainsi, les voix de Slaanesh ont dit vrai...
_ Slaanesh ? Tu as vraiment cru que le Prince des Excès en personne s'adressait à un minuscule extra-terrestre ? L'entité qui habite l'Icône n'est qu'un démon mineur, incapable d'avoir une apparence physique, et qui est sous mes ordres ! Mais si tu l'as confondu avec le Prince du Chaos lui-même, c'est qu'il a bien joué son rôle... Il sera récompensé. Mais sans doute que tu aimerais savoir pourquoi et comment nous nous retrouvons ici, aujourd'hui, tous les deux ? "
Je ne réponds pas. Si cette chose a encore besoin de moi, c'est qu'il n'a pas encore retrouvé toute sa puissance. Le Rituel n'a pas pu être achevé. Je baisse les yeux. Au sol, gisant à mes pieds, le sorcier respire encore, bien que mal en point et ayant un canon à impulsions braqué sur le visage.
" Bien, je considère ton silence comme une approbation. Je vais commencer par le début. Avant que l'on ne m'emprisonne dans le Maledictum, j'ai eu le temps de créer quatre artefacts qui contiendraient chacun une partie de mon nom secret, et je les ai confiés à quatre cultes chaotiques présents sur Tartarus. Chacun de ces cultes a orné mon cadeau aux couleurs de son dieu, puis l'a dissimulé selon mes instructions. Quand cet imbécile d'Angelos m'a libéré de ma prison, les quatre reliques sont réapparues, selon un dessin de ma composition, que, je crois, tu as déjà pu apprécier... Il ne me manquait plus qu'une âme sur laquelle apposer ma marque, afin qu'elle devienne la seule personne capable de me libérer en me rendant mon nom. Aucun des cultistes présents sur la planète ne me convenait, et je n'avais que peu de temps avant de perdre tout contact avec votre réalité si je n'accordait pas cette faveur à un individu matériel. "
Le démon attend quelques secondes, pour déchiffrer ma réaction. Je reste de marbre. Il continue son récit.
" Pendant ce temps, l'Alpha Legion a prévenu les autres Légions que j'étais libre, mais que j'avais besoin d'elles pour me rendre mon nom. Les World Eaters, trop pressés, se sont précipités vers la bannière de leur maître. C'est quand vous les avez massacrés que je t'ai repéré. Un infime Tau, une créature inférieure sans aucune résonance dans le Warp, et pourtant je ne voyais que toi. Tu étais prometteur, tu étais à portée de main. Je n'ai eu qu'à la tendre, et à t'attraper. J'ai appliqué ma marque au plus profond de toi. C'est alors que j'ai peu à peu découvert ton passé, alors que tu t'efforçais toi-même de le retrouver. Je sais tout de toi, à présent, Tar'Kaan. Tout. Mais le plus paradoxal, et c'est ce qui fait toute la beauté du Chaos, c'est qu'ici, au cœur de mon empire, au centre de l'étoile à huit branches, alors que je connaissais la moindre de tes pensées au-dehors, ici, je ne peux entendre que tes paroles, ton esprit m'est inaccessible. "
Le démon fait une pause dans son monologue. Je ne peux plus parler. La vague d'informations qui a déferlé sur moi m'a coupé le souffle. Maintenant, je comprends. Presque tout. Ce démon m'a marqué, comme on marque un esclave ou un animal. Il m'a épié, il a violé mon esprit. Il m'a désigné comme celui qui libèrerait un fléau sur cette planète. Et il connaît mon passé, dont j'ignore moi-même presque tout. Mais il reste des points qu'il n'a pas éclaircis. Son récit n'est pas fini. Je réussis à ouvrir la bouche, et d'une voix éraillée, je déclare :
" Continue, démon.
_ Bien. J'imagine que tu connais la suite. Tu es promu, tu pars à la poursuite de mes reliques, je m'efforce de te maintenir en vie en manipulant mes serviteurs, mais on dirait que tu fais tout pour contrecarrer mes plans en essayant de mourir de toutes les manières possibles ! Comme tu le vois, et heureusement pour nous deux, j'ai tout de même réussi à te faire survivre. Et puis, un jour, j'en ai eu assez de jouer. J'ai appelé les Légions, j'ai fait se rassembler les cultes sur Tartarus. Mes reliques ont été reprises, et le Rituel a été entamé. Mais il ne pouvait pas être achevé sans toi. Il a donc fallu que je te donne un nouveau coup de pouce pour que tu arrives plus vite. J'imagine que tu as repéré mon clin d'œil... J'espère que ça t'a plu, parce que j'ai déployé une énergie folle pour réussir à posséder ce garde seulement durant quelques instants. Tu ne peux pas savoir à quel point la présence d'un Inquisiteur est contraignante ! Finalement j'ai réussi, même si le bombardement de tes amis a entièrement gâché l'entrée théâtrale que je te réservais au milieu de mes troupes ! C'est quand tu es entré dans l'arène que ton esprit s'est fermé à moi, et que j'ai du progresser à l'aveuglette. La disparition des boucliers au moment de ton passage est également mon fait. Tout était précisément minuté, et tu es arrivé au moment exact pour recevoir le cadeau de mon Sorcier. Je suis d'ailleurs déçu que tu me l'aies abîmé, c'était un joli jouet, même s'il n'est pas d'une grande utilité pour l'achèvement du Rituel. C'est toi, et non lui, qui porte ma marque. "
Recevoir le cadeau de son Sorcier... Qu'est-ce qu'il veut dire ? Je ne comprends qu'en me rappelant mon premier contact avec le Sorcier, et la vague mentale qui a déferlé sur mon esprit. Cette voix si sombre, si dépourvue d'âme, si différente de celle du démon... Ce mot, cet unique mot qu'elle a prononcé. Ce nom. Tharkann. Mon cœur manque un battement. J'ai compris.
" Je crois que tu commence à comprendre, petit Tau. Tu n'as qu'à me répéter ce mot que tu as entendu, ce nom que le Sorcier t'as transmis. Et tu seras libre.
_ Mais toi aussi. Et ça, il n'en est pas question.
_ Quelle bravoure ! ironise le démon. Préfères-tu mourir stupidement, à cause de ta bêtise et de ton courage inutile ? Ou bien continuer à vivre, après m'avoir confié mon nom ? Dans tous les cas, j'obtiendrai mon dû, puisque je n'aurais qu'à tirer tes pensées encore fumantes de ton esprit brisé, que j'aurai ouvert à ma façon.
_ Je ne suis pas dupe, abomination. Ton boniment n'est fait que de menaces creuses et de promesses sans substance. Tes mensonges ne m’atteindront pas.
_ Ainsi, toi, une créature inférieure sans aucune force mentale, tu penses pouvoir résister à mes coups de boutoir mentaux ? N’oublie pas que je suis un démon du Warp, ma toute-puissance est sans égale chez les mortels. Et rappelle-toi que j’ai un espion, infiltré à l’intérieur même de tes pensées, prêt à m’ouvrir en grand les portes de ton âme, afin que je puisse m’emparer de ce qui me revient de droit ! Tu portes ma Marque, xenos, et il serait imprudent de l’oublier. Mais pour te montrer ma bonne foi, et mon envie de t’aider à mon tour, je vais te proposer un marché. Un échange de noms. Mon nom, contre le Sien. Contre son nom à Elle. "
Elle. Le démon n'a pas menti. Il connaît tout de moi. Et le sens de ses paroles devient clair. Pourquoi mourir stupidement et inutilement pour une cause perdue d'avance, alors que je pourrais vivre, revenir au point de départ, sur T'olku, retrouver Mi'Lo, et... Elle. Retrouver mes souvenirs. Ma mémoire. Mais avoir sur la conscience un poids énorme, celui de l'échec d'une mission cruciale pour l'avenir d'une planète, et celui de la mort de millions d'innocents. Après tout, pourquoi pas ? Je ne connais presque aucun des Tau présents sur Tartarus. Leur mort ne serait pas une si grande perte pour moi, par rapport à la perspective lumineuse d'un passé retrouvé et d'un avenir radieux. Cette guerre ne me concerne plus. Je n'ai qu'à dire un seul mot, un seul nom, ce nom si proche du mien, et tous mes désirs deviendront réalité.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:50

(Suite du chap 10)

La voix du démon brise à nouveau ma réflexion.
" Aurais-je visé juste ? Je ne peux plus lire tes pensées, mais je crois deviner ce qui se passe dans ton cerveau inférieur... Tu le sais, tu n'as qu'un nom à dire, et tout ce que tu désires sera tien. Ah, le pouvoir des noms ! Il semble sans limites. Un simple mot suffirait à me redonner ma toute-puissance originelle, un autre pourrait te rendre une partie de ta mémoire, et même, j'en suis sûr, t'ouvrir un chemin dans l'ombre de tes souvenirs, un chemin qui te permettrait de redécouvrir ton passé entier... Sais-tu que certains êtres sont si terrifiants qu'on craint plus leur nom que leur vue ? J'ai même connu un démon possédant un nom si puissant que sa simple évocation suffisait à faire mourir celui qui le prononçait. Souvent, nous croyons choisir notre nom alors que c'est nous qui lui appartenons. Nos noms nous façonnent et nous gouvernent. Parfois, un même nom peut avoir plusieurs significations. Par exemple, le tien, Tar'Kaan, signifiant dans ta langue " le Pensif ", correspond en démoniaque à " l'Équarrisseur ". Plaisant, n'est-ce pas ? "
Tharkann l'Équarrisseur. Son petit exposé sur le pouvoir des noms m'a ouvert les yeux. Cette chose est un monstre. Un boucher sanguinaire. Comment ai-je pu croire une seule seconde qu'il me donnerait ce que je désire ? Il est uniquement capable de répandre le sang et de tuer des innocents pour servir ses plans retors. Il ne peut pas m'aider. Mais moi, je peux l'anéantir. J'en suis certain. Seulement, je ne sais pas encore comment...
" Tu réfléchis trop, jeune Tau. C'est mauvais pour la santé, surtout dans ta situation... Dépêche-toi de me dire mon nom, si tu veux revoir ta chère et tendre oubliée... Allez, dépêche-toi, mon Sorcier ne tiendra pas éternellement. Tu sais que j'ai déjà gagné. Tu sais que tu veux le dire, alors dis-le. Maintenant ! "
Dans la voix du démon résonnent déjà des accents de victoire. Mais il a commis une erreur. Et je l'ai repérée. ''Mon Sorcier ne tiendra pas éternellement...'' Je baisse les yeux vers le Sorcier mourant, étendu à mes pieds, toujours la main cramponnée à mon avant-bras gauche. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?
" Je réfléchis peut-être trop, démon, mais ce qui est sûr, ce que toi, tu ne réfléchis pas assez. "
Je baisse mon canon à impulsions vers le visage du Marine. La rafale de tirs le défigure. Il pousse un hurlement de douleur impressionnant pour son état. Mais il vit toujours, et le lien qui me rattache au démon depuis le début de cette conversation aussi. Et il a compris que je l'avais compris.
" Non ! Arrête ! ! Qu'est-ce que tu fais ? ! Tu es fou ! Tu mourras dans l'onde de choc qui suivra la mort du Sorcier ! Arrête immédiatement, misérable mortel ! Arrête ! !
_ Tiens ? La mort de ton larbin aurait-elle un effet plus important que la simple rupture du contact entre nous ?
_ Arrête tout de suite ! ! Je te tuerai ! ! Tu vas mourir, et je fouillerai tes pensées une par une pour retrouver mon dû ! ! Cesse immédiatement ! ! !
_ Tes mensonges n'ont plus aucun effet sur moi, démon. Je vais mourir, mais toi aussi.
_ Nooooooooooooooon ! ! ! ! Je te tuerai ! ! Tu vas mourir ! ! "
Les premiers coups de boutoir résonnent contre les portes de mon esprit. Je serre les dents sous le choc, alors que le mugissement de mon arme résonne à nouveau dans l'enceinte du dôme rouge, et que les hérétiques qui l'entourent regardent à l'intérieur d'un air effaré. La tête du Sorcier n'est plus maintenant qu'un infâme amas de chairs déchiquetés et d'os brisés, mais il est toujours vivant, et le démon continue à tenter de forcer mon esprit par tous les moyens. Au plus profond de moi, je sens une brûlure intense. Il se sert de la Marque qu'il a posée en moi. Ma blessure à la jambe, résultant d'un tir de missile lors de la prise de la Bannière de Khorne, maintenue dans une exo-attelle, se réveille soudain. La douleur est presque intenable. Il faut que je résiste. Je serre les dents. Je me remémore, le plus fort et les plus précisément possible, le visage de la Tau qui hante mes rêves. Je dégaine le poignard fixé à mon mollet droit, cadeau d'Alar'Fo à tous les membres de son unité. Où peut être mon supérieur, à présent ? Lui si fier de pouvoir mourir pour le Bien Suprême, que dirait-il à ma place ? Me sacrifier pour rayer la présence de Tharkann de la surface de cette planète... Quelle mort noble et glorieuse, comme il m'aurait envié ! ! Je brandis mon poignard. Et je frappe. Au niveau du coude. Les coups de bélier du démon continuent à ébranler les remparts de mes pensées. À nouveau, le temps m'est compté. Le poignard s'enfonce profondément dans le défaut de l'armure. La douleur pulse depuis ma jambe. Je frappe une deuxième fois. Une troisième. Les cris de colère du démon résonnent à mes oreilles. Mes murailles mentales cèdent. Tharkann pousse un beuglement de victoire et s'apprête à déferler sur mon esprit. Mais le sixième coup atteint son but. L'avant-bras du Sorcier reste cramponné à mon poignet. Le reste de son corps s'effondre à terre.
Le hurlement du démon se répercute dans toute l'arène. Il a perdu. J'ai gagné. Le bouclier rouge explose, carbonisant tous les cultistes qui l'entouraient. Je reste debout, la tête tournée vers le ciel, le cadavre du Sorcier gisant à mes pieds. Le démon a disparu. La Marque aussi. Je suis toujours vivant. J'ai gagné. Il a perdu.
" Adieu, Tharkann. " Le murmure se perd dans la vague de souvenirs qui me submerge.

Tout devient clair. La disparition du démon a détruit la digue qui retenait ma mémoire. Je me souviens. Je me souviens de mes 16 Tau'Cyr, de mon entrée dans l'Académie militaire de T'olku. Je me souviens de mes parents, qui avaient tant changé depuis mon adolescence. Je me souviens de Mi'Lo, de son rire, de notre amitié. Et je me souviens d'Elle. Son visage, sa voix si claire, son esprit si acéré, son corps si parfait, le goût si sucré de ses lèvres. Son nom.
Lyn'Lith.
Mon unique amour.
Et puis ce fameux jour. Je lui dis au revoir, alors que je m'apprête à quitter l'Académie de la capitale pour rentrer chez moi, dans les plaines, pour un mois. Je me souviens du voyage de retour, pensif, la tête appuyée contre le hublot du train qui traverse la plaine en reliant les deux plus grandes villes de la planète. Et puis j'arrive chez moi. La porte est défoncée, une âcre odeur de chair brûlée flotte dans l'air. Je passe l'entrée, et je tombe sur une cour et des bâtiments dévastés. Les cadavres de mes voisins sont étendus au sol, massacrés. Des traces de rafales de tirs ornent les murs. La réalité me frappe. Cette partie-là de ma vie est morte. Je tombe.

Un sentiment de plénitude m'envahit. L'ombre opaque qui recouvrait mon passé s'est évaporée. Je suis vivant. Je suis moi, entièrement, à nouveau. Le ciel est bleu au-dessus de Valantys. J'enlève mon casque. Le vent frais me fouette le visage. Je souris. Je ferme les yeux.

" Compte-rendu immédiat de la situation, Shas'Vre !
_ Le repli jusqu'au lieu d'atterrissage des Manta s'est fait sans aucune perte, ou presque, Shas'El. Les quelques Space Marines du Chaos qui nous ont poursuivis ont été éliminés par nos snipers embusqués dans les immeubles. Ceux qui se sont repliés vers l'arène ont du affronter l'armée de l'Inquisition qui a submergé le front Sud-Est. Les cultistes se sont dispersés dans la ville, sans aucune coordination. Nous avons nettoyé ceux qui auraient pu menacer notre repli. Les impériaux se chargeront du reste.
_ Et les équipes Stealth ?
_ Aucun survivant dans l'Equipe Delta 1. Nos pilotes ont pu extraire le Shas'Ui'Tar'Kaan de l'intérieur de l'arène après la fin du Rituel, et avant l'arrivée des forces inquisitoriales. Il est le seul qui ait survécu.
_ Et, visiblement, il a réussi. Le Shas'Vre'Alar'Fo ne s'est pas trompé en désignant son successeur. Est-il en bon état ?
_ Lorsque nous l'avons récupéré, il était couché sur le dos en plein centre de l'arène, un sourire sur les lèvres. Il était apparemment épuisé. Mais... il y a autre chose. Il aurait gardé des séquelles de sa mission.
_ Lesquelles ?
_ Ses yeux. Ils sont maintenant complètement noirs. "


Epilogue : Retour

« Alors, vous en êtes sûr, Shas’Vre’Tar’Kaan ?
_ Oui. J’ai joué mon rôle, et vous n’avez plus besoin de moi. Et puis, j’ai un passé et à retrouver et un avenir à construire.
_ Nous aurons toujours besoin de vous, besoin de tous, ici comme ailleurs, sur tous les mondes où la lumière du Bien Suprême doit s’opposer aux mécréants qui la rejettent. Mais vous avez amplement mérité cette permission. Je vous autorise donc à repartir sur T’olku.
_ Merci, Shas’El. Mais ne doutez pas de moi. Dès que j’aurai réglé tout ce qui doit l’être, je repartirai en guerre pour l’Empire Tau et pour le Bien Suprême.
_ Et vos yeux ? Savez-vous pourquoi…
_ La Marque du démon était en moi. Quand elle a disparu, elle a laissé une trace. Mais cela m’importe peu. C’est un bien maigre prix à payer pour retrouver sa liberté et sa mémoire.
_ Cette Marque… Comment pensez-vous que Tharkann soit arrivé à l’apposer en vous ? Notre race est pourtant réputée pour être quasiment insensible aux effets du Warp…
_ Eh bien,… le démon avait sans doute raison. Les noms recèlent un grand pouvoir. Lui et moi avions le même, un lien puissant existait donc entre nous, avant même qu’il ne me marque.
_ Bien. Shas’Vre, je vous souhaite bonne chance. Nous continuerons la lutte sans vous, cette planète n’est pas encore sous contrôle Tau, et nous aurons besoin de renforts pour en chasser l’Imperium. Mais nous ne pourrons jamais assez vous remercier pour ce que vous avez fait pour ce monde.
_ Je vous souhaite à vous aussi bonne chance, Shas’El’San’Khar. Adieu, et que les Ethérés vous protègent.
_ Adieu, Shas’Vre’Tar’Kaan. Que les Ethérés vous protègent. »
Le jeune Tau salua son supérieur, puis se retourna vers la sortie du Manta qui servait de quartier général au Shas’El. Ce dernier sourit.
« Une nouvelle légende est sur le point de naître… », songea-t-il.
Puis il pencha à nouveau la tête vers la carte tactique qui s’affichait sur le moniteur holographique. Il était temps de se remettre au travail.

La tête appuyée contre le hublot du transport qui se dirigeait vers le vaisseau orbital, Tar’Kaan souriait, observant la surface de Tartarus qui s’éloignait sous lui. C’était la fin de ce voyage, et le début d’un autre. Tout était terminé, et pourtant tout ne faisait que commencer. Comme il l’avait dit à San’Khar, il avait un passé à retrouver et un avenir à construire. Le transport s’amarra au croiseur Tau. Tar’Kaan se leva et se dirigea vers la porte pressurisée. Il sourit.
« J’arrive, Lyn’lith », murmura-t-il.
Le sas s’ouvrit.

FIN de la première partie
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mar 16 Déc - 18:51

Deuxième partie

Chapitre I : T’olku

La journée s’annonçait radieuse. Les corridors de l’Académie de T’olku étaient illuminés par la lumière du soleil entrant à flots par les grandes baies vitrées. La cour intérieure résonnait des cris et des tirs des futurs Shas’La qui s’entraînaient sur des projections holographiques. Le complexe des quartiers des recrues et des officiers, qui flanquait les structures d’entraînement et de formation, était peu à peu réinvesti par les guerriers du groupe de chasse chargé de la défense du système, tandis que les imposants transports de troupes étaient rentrés dans le hangars situés non loin du centre d’entraînement.
La lourde porte menant aux quartiers que les Guerriers de Feu utilisaient lors de leurs permissions s’ouvrit dans un chuintement, laissant passer un Tau visiblement très pressé. Le Shas’Ui avançait à grands pas dans le long couloir bordé de portes, au bout duquel se dressait l’ascenseur desservant les étages supérieurs. Il y entra brusquement, n’attendant pas l’ouverture totale de la porte automatique, trépignant d’impatience pendant la lente montée vers le troisième palier, auquel se trouvaient ses quartiers. Il sortit en un coup de vent dès que les portes furent entrouvertes, accélérant encore la cadence de ses pas.
Il avait longuement attendu son retour sur T’olku, et il était plus pressé que tout de recontacter son ancienne coéquipière, qu’il n’avait pas vue depuis des mois. Il avait en effet une très bonne nouvelle à lui annoncer, et cela ne pouvait pas attendre. Il venait de rentrer d’une mission d’élimination d’une bande importante d’Orks en maraude non loin de T’olku, et estimait qu’il avait déjà trop tardé. Et il avait raison : Lyn’lith serait sans aucun doute bouleversée d’apprendre que Tar’Kaan avait sûrement survécu. Le Shas’Ui’Mi’Lo pressa encore le pas.

Il finit par arriver, courant dans le couloir, devant l’entrée de ses quartiers, et plaqua sa main droite sur le scanner de reconnaissance pour en ouvrir la porte. Le mécanisme ne réagit pas. Il tenta de nouveau l’opération en posant sa main moins violemment sur la plaque métallique. Rien ne se produisit. Le Shas’Ui exaspéré donna un coup de poing dans le scanner, qui se décrocha du mur et tomba à terre. Mi’Lo alarmé se pencha vers le trou béant laissé dans la cloison par l’absence de la plaque. Le scanner avait été arraché pour modifier les connexions électroniques, puis il avait été remis en place devant la brèche du mur. Il avait été cambriolé. Au sein même de l’Académie. Et le voleur était peut-être encore là.
Mi’Lo, en alerte, dégaina le pistolet à impulsions qu’il portait à sa ceinture et fit silencieusement glisser la porte. Elle n’était pas fermée. Le Tau entra à pas de loup dans le couloir qui menait à la pièce principale. Il avança lentement, son arme pointée devant lui, sa main gauche sortant silencieusement un poignard ouvragé de sa ceinture. Il déboucha dans la grande pièce, éclairée par une large baie vitrée qui donnait sur le terrain d’atterrissage des transports de troupes. Le Shas’Ui balaya la pièce d’un regard, et repéra l’intrus. Assis sur un fauteuil, face à la grande vitre, une table basse à sa droite, sur laquelle était posée une bouteille du meilleur alcool de Mi’Lo. Ouverte. Le Tau, installé confortablement, tournait le dos au jeune Shas’Ui, qui ne distinguait de lui que le derrière de son crâne, orné d’une tresse noire portant un anneau d’argent finement gravé. Un gradé, songea Mi’Lo. Mais il est rentré chez moi par effraction. Il braqua son arme sur le cambrioleur.
« Mains en l’air ! Pas de gestes brusques ou je fais feu sans sommation ! Levez-vous ! Immédiatement ! »
Le Shas’Ui avait parlé du ton le plus autoritaire possible, même s’il avait conscience de menacer un officier Tau, sûrement beaucoup plus gradé que lui. Mais l’intrus obtempéra lentement, tout en restant dos à Mi’Lo, qui remarqua alors le verre que son cambrioleur tenait dans la main droite. Un Shas’Vre, peut-être même un Shas’El, forçait sa porte pour s’installer confortablement face à la zone d’atterrissage, tout en buvant une de ses meilleures bouteilles ! Il ne comprenait décidément plus rien à rien. L’inconnu prit soudain la parole.
« Tu sais, à moi aussi tu m’as manqué. »
Mi’Lo, bouche bée, baissa lentement son arme. Cette voix… L’intrus se retourna lentement, gardant les mains levées
« Désolé pour la porte, j’avais pas la clé. » Un air faussement désolé apparut sur le visage de Tar’Kaan. « Mais tu caches du très bon alcool, tu aurais dû m’en parler plus tôt. »
Le pistolet tomba à terre, suivi de près par le poignard. Mi’Lo, toujours muet de stupeur, avança vers son meilleur ami et lui donna une vigoureuse accolade.
« Euh… Mi’Lo ? Tout va bien ?
_ Tu nous a manqué, abruti !
_ Et… sinon, je peux baisser les bras ? J’aimerais bien finir mon verre… »

« C’est toi qui commences.
_ Quoi ?! Tu t’introduis chez moi par effraction, tu te sers de ma meilleure liqueur, tu manques de me faire faire une crise cardiaque, et c’est moi qui dois commencer ? »
Tar’Kaan ne répondit rien, et fixa Mi’Lo d’un regard qu’il ne connaissait que trop bien.
« D’accord, je commence. Quand tu es parti sans laisser de traces, on a évidemment tous cru que tu étais mort. Tous sauf Lyn’Lith. Faut croire qu’elle avait encore raison, une fois de plus. Alors nous deux, comme on était tes plus proches amis… Enfin, pour Lyn’Lith, c’était plus compliqué…
_ Continue.
_ Bon, d’accord, comme vous voudrez, grand Shas’Vre. Donc, comme on était tes plus proches amis, on a décidé de te venger. Enfin, ça c’était pour moi. Lyn’Lith, elle, te croyait prisonnier, et voulait te délivrer. J’ai pas réussi à la convaincre que les Orks ne font pas de prisonniers. Donc, on a voulu faire partie du petit détachement qui partirait détruire la bande d’Orks qui avait ravagé ta région, même si on avait pas complètement fini notre formation. Le haut commandement avait décidé que leur élimination serait une parfaite première mission pour les nouveaux Shas’La. On est donc partis à la chasse à l’Ork cinq jours après ta disparition, on avait réussi à convaincre les grands chefs de nous prendre. Ils ont vu qu’ils avaient eu raison quand, pendant la reconnaissance qu’on faisait, divisés en groupes de dix Shas’La, ils nous sont tombés sur le râble. Une cinquantaine d’Orks. On était dans le même groupe, Lyn’Lith et moi. On a réussi à les semer sur quelques kilomètres, puis on leur a tendu une embuscade. C’était ta dulcinée qui menait les opérations. On en a massacré les deux tiers avant d’être rejoints par les sept autres groupes. On a décimé tous les peaux-vertes, mais on en a gardé un pour l’interroger. C’est comme ça qu’on a appris que le gros de leur armée était parti de la planète, pour ravager le reste du système.
C’est là qu’on s’est séparés, elle et moi. J’ai continué à chasser du verdâtre avec les autres Shas’La tous nouvellement promus, plus un détachement blindé et quelques meutes de Kroots : mon premier Groupe de Chasse !! Lyn’Lith s’était fait remarquer par l’état-major pour son sens tactique. Ils l’ont directement expédiée dans la plus prestigieuse école militaire de T’au, malgré ses protestations pour poursuivre le massacre des Orks. Avant de partir, elle m’a fait promettre de te retrouver. Elle pourrait forcer un Ethéré à se mettre un canon sur la tempe !
Après ça, on a pourchassé les Orks jusqu’à la lune forestière de T’olku, sans Lyn’Lith.
Ces vermines étaient nombreuses et organisées, mais on a quand même réussi à les coincer à plusieurs reprises. Je me suis fait remarquer - bien malgré moi, tu peux me croire ! – pendant une bataille décisive, et ils m’ont bombardé Shas’Ui. J’ai eu droit à une escouade à moi, t’imagines ! L’escouade du Shas’Ui’Mi’Lo ! Alors que tous mes instructeurs disaient que j’étais bon à rien ! Finalement on les a eus. Jusqu’au dernier. C’est moi qui ai achevé leur chef. Et d’ailleurs, j’ai trouvé ça sur son cadavre. »
Mi’Lo se leva, et prit sur une étagère le poignard, qu’il avait ramassé en même temps que son pistolet peu avant leur discussion. Il le posa sur la table basse, devant Tar’Kaan. Ce dernier saisit délicatement l’arme et l’examina.
« C’est grâce à ça, reprit Mi’Lo, et à un Ork qu’on a interrogé, que j’ai su que tu étais sûrement encore vivant. L’Ork nous a dit qu’ils n’avaient pas tué de « nabo tou gri » qui correspondait à ta description, qu’ils avaient trouvé ce poignard dans les décombres et que le « Big Boss » avait gueulé très fort et tapé la moitié de ses « Boyz » pour avoir ce « bô p’ti kikoup ki brill’ ». C’était un amateur de verroteries. Et puis j’ai pensé que ça te ferait plaisir de retrouver le poignard que ton père t’avait offert à ton entrée à l’Académie.
J’ai essayer de prévenir Lyn’Lith, grâce à une liaison directe qu’on avait avec T’au, mais on m’a dit qu’elle était partie en campagne. Après, on est revenu sur T’olku - le trajet m’a paru durer deux mois - et dès que je suis arrivé, j’ai couru ici pour contacter Lyn’Lith, avec ma liaison longue distance. Mais à la place, je t’ai trouvé. Voilà, tu sais tout, je n’accepterai de questions que si tu me racontes TON histoire, et je vais me chercher un verre. »
Le Shas’Ui se leva et fit mine de se diriger vers la pièce voisine, mais la voix de Tar’Kaan commença son monologue.
« Je me suis réveillé au milieu des ruines de ma maison. Le soir tombait, mes parents étaient morts, et j’avais perdu la mémoire. »
Mi’Lo, sidéré, se laissa retomber sur sa chaise.

« … Le Shas’El m’avait demandé de rester, pour me battre sur Tartarus, mais j’étais trop pressé de retrouver mon passé. Je suis rentré ici, mais j’ai été retenu sur plusieurs planètes sur lesquelles j’ai fait escale sur le chemin du retour. Il m’a fallu combattre à nouveau, j’ai participé à quelques raids sur des points névralgiques adverses, impériaux, orks, parfois chaotiques. J’ai été pas mal ralenti, mais j’ai fini par rentrer. Et me voilà. »
Mi’Lo poussa un long sifflement admiratif.
« Ben mon vieux ! Un démon à toi tout seul ! J’imagine que tu vas demander des vacances à l’état-major.
_ Il en est strictement hors de question. Il faut que je parte. Tout de suite. Où as-tu dit que Lyn’Lith était partie en campagne ?
_ Je ne l’ai pas dit. Et je ne te le dirai pas. Il est « strictement hors de question » que tu partes maintenant. Je viens à peine de te retrouver, et tu voudrais déjà me quitter ? C’est pas très digne d’un « meilleur ami ».
_ Mi’Lo. S’il te plaît. »
Encore ce regard. Il faisait presque peur. Mi’Lo frissonna.
« Pfff… C’est bien parce que je suis le meilleur pote de ce côté de l’Empire Tau. Elle est sur Kronus.
_ Kronus…
_ Ouais, mais on va la contacter ensemble avant que tu partes, c’est-à-dire demain. On est d’accord ? »
Tar’Kaan ne répondit rien. Mi’Lo soupira de nouveau.
« Bon, cette fois je vais vraiment me chercher un verre, ça m’a donné soif, tes histoires. »
Il se leva et se dirigea vers la pièce voisine, jetant un dernier coup d’œil à Tar’Kaan, toujours assis dans son fauteuil, l’air impénétrable. Il avait vraiment changé, se dit-il en ouvrant un placard, et ce n’était pas seulement à cause de ses yeux de ténèbres. Il avait l’air plus sombre, plus secret. La Marque n’y était sûrement pas étrangère. Il saisit un verre et referma le placard, puis se retourna vers la porte de la pièce principale. Quelle pourrait être la réaction de Lyn’Lith quand il la retrouveraient ? Il n’y avait qu’un moyen de le savoir.
Il passa la porte. Et sourit. Tar’Kaan n’était plus confortablement installé dans son fauteuil. Il n’était sans doute même plus dans le petit appartement. Mi’Lo marcha vers son ordinateur personnel, auquel était branché son système de communications longue portée. Ou plutôt « avait été branché ». Les fils électriques avaient été découpés avec un poignard. Un message holographique s’affichait sur l’écran de l’ordinateur : « Désolé. Le temps que tu répares, je l’aurai retrouvée. A bientôt, vieux frère. »
Mi’Lo se laissa tomber dans son fauteuil et se versa un grand verre de liqueur. Il observa, quelques instants, le liquide ambré former des volutes devant ses yeux, avant de lever son verre.
« A ta santé, vieux frère. »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 17 Déc - 14:41

Chapitre II : Kauyon

Ki’Jin s’ennuyait. Assis sur sa couchette dans l’étroit baraquement, il ressassait ses sombres pensées. Son détachement d’une trentaine de Shas’La nouvellement arrivés sur Kronus avait été affecté à la défense d’un col d’importance secondaire, l’une des nombreuses passes servant de porte entre la péninsule méridionale, que les vétérans nommaient la Côte Verte, et les Pics d’Hypérion. Mais, à son grand désespoir, rien ne se passait. Absolument rien. Le Shas’La’Ki’Jin, qui avait toujours adoré l’action, en était même arrivé à espérer l’invasion Ork qui était tant crainte par l’état-major. Mais si invasion il y avait, ce n’était pas par ici qu’elle entrerait. La route à travers les Pics était bien trop escarpée et irrégulière, presque impraticable.
Ki’Jin soupira et leva les yeux vers le plafond. Le casernement dans lequel résidait la garnison du col était isolé au milieu de nulle part, et ne disposait que d’une piste d’atterrissage et d’un relais de communications. La présence des Guerriers de Feu ici était presque uniquement décorative, se dit le Shas’La. Il regarda dehors par le hublot encastré dans le mur en face de lui. La nuit était tombée depuis au moins trois heures. C’était bientôt son tour.
Comme pour confirmer ses réflexions, la porte du baraquement s’ouvrit dans un chuintement. Le Shas’La’Mun’Tar, à moitié endormi, franchit l’embrasure et adressa un signe de tête à Ki’Jin, qui se leva, empoigna son fusil à impulsions, enfila son casque et sortit à l’extérieur. Le roulement des tours de garde était conçu de manière à ce que le col soit en permanence gardé par au moins deux Shas’La. Les nuits, trois Tau surveillaient la passe.
Heureusement pour eux, les nuits étaient courtes sur Kronus. Comme disait le Shas’Ui’Jun’To, responsable de la garnison, « L’avantage avec les nuits de merde, ici, c’est qu’elles durent que cinq heures. ». La phrase avait tout d’abord tiré un sourire à Ki’Jin, mais maintenant il comprenait. Dans les Pics d’Hypérion, il valait mieux passer la nuit à l’abri. Même si le danger n’était pas toujours omniprésent, l’atmosphère y était sinistre au plus haut point. Les hautes crêtes déchiquetées, sur lesquelles se découpait la lumière blafarde des deux lunes, lui donnaient l’impression d’être coincé au fond d’un gouffre funeste, observé par des dizaines de paires d’yeux, ceux d’immondes bêtes qui s’apprêtaient à lui bondir dessus. Il frissonna, puis se dirigea vers les deux autres Shas’La qui discutaient, adossés à la tourelle à canons à impulsions jumelés qui formait l’angle du bâtiment.
« Rien de neuf ?
_ Rien. A part le fait que je vais bientôt m’endormir sur place. »
Ki’Jin laissa échapper un rire sec et sans joie. Il ne comprenait que trop bien le Shas’La qui venait de parler. L’ennui était-il capable de tuer ? Si oui, ils étaient tous condamnés. Mais pourquoi avait-on affecté un détachement ici ? Si c’était dans un but dissuasif, c’était réussi. Ce col était moins fréquenté que les glaciers de Tyrea…
L’un des guetteurs chuchota à l’oreille de son comparse, un sourire aux lèvres, le faisant éclater de rire. Ki’Jin écouta l’écho se répercuter plusieurs fois dans la montagne. Mais il distingua également un autre son, plus faible, plus lointain, et pourtant bien réel. Il n’en était pas certain, mais… Si. Il en était certain. Un bruit de moteurs. Les deux Shas’La, à ses côtés, parlaient maintenant à voix haute et ne semblaient pas avoir entendu. Ki’Jin leur fit signe de se taire.
« Silence, taisez-vous !! cria-t-il alors qu’ils poursuivaient leur discussion
_ Qu’est-ce qu’il y a ? Un problème ?
_ Vous n’entendez pas ? Il y a des véhicules sur la route en contrebas, écoutez…
_ Mais… Il a raison !! Vous pensez que c’est la relève ?
_ Non, ça m’étonnerait, il n’y a pas de relève prévue avant longtemps, et puis ces moteurs ont l’air trop primitifs… Et ils viennent de ce côté. De la Côte Verte.
_ Tu pense que…
_ Oui. Il faut réveiller les autres. Et sonner l’alarme.»
Le Shas’La avait à peine fini sa phrase que Ki’Jin courait déjà vers la porte du baraquement. Il ouvrit brusquement la porte, baissa la manette du signal d’alarme, et beugla dans le dortoir :
« Debout tout le monde, on a de la visite ! Grouillez-vous !! »
Le Shas’Ui, encore à demi endormi, se redressa et empoigna son arme. Sans même se retourner vers le Shas’La qui avait donné l’alerte, il demanda :
« Des Orks ? Combien ?
_ Je ne sais pas, mais ils arrivent par la route, et ils ont des véhicules.
_ Activez la tourelle.»
Ki’Jin acquiesça d’un signe de tête et sortit du bâtiment, en courant vers la tourelle que les deux autres guetteurs avaient déjà activée. Et il se rendit compte de trois choses. La première, c’était que les bruits de moteurs qu’il avait entendus étaient moins lointains qu’il ne l’avait imaginé. La seconde, qu’une moto Ork était conçue pour aller très vite. Et la dernière, que l’état-major avait été fou de penser que trente Shas’La pourraient stopper une invasion. La horde qui apparaissait dans le virage à une centaine de mètres, et qui déferlait sur eux, était composée d’une quinzaine de motos qui ouvraient la marche, et de trois véhicules rudimentaires, tous bourrés à craquer de Boyz Orks. Une cinquantaine de peaux-vertes qui leur fonçait dessus, et ils n’avaient rien vu venir. La tourelle commençait déjà à cracher le plasma sur les attaquants, mais Ki’Jin ne se faisait aucun doute sur l’issue du combat. Les trente Tau mal réveillés n’avaient strictement aucune chance.
Il sentit la main du Shas’Ui’Jun’To se poser sur son épaule, et tourna la tête vers son supérieur, alors que les Tau qui étaient sortis du baraquement tentaient de se mettre à l’abri derrière des rochers et ouvraient le feu.
« Shas’La’Ki’Jin, vous êtes le plus doué pour le pilotage. Il y a un Piranha derrière le bâtiment, sur la piste d’atterrissage. Prenez le Shas’La’Mun’Tar avec vous, et allez prévenir… n’importe qui. Prévenez-les que nous avons échoué, que les pics d’Hypérion vont bientôt tomber. Les Orks ont maintenant une porte ouverte vers les plaines à l’est de Tash’n. Il faut les arrêter.
_ Mais, Shas’Ui…
_ C’est un ordre. », le coupa Jun’To d’une voix ferme.
Le Shas’La acquiesça et courut vers la piste d’atterrissage. Au passage, il attrapa le bras de Mun’Tar, qui fit mine de protester.
« Suis-moi immédiatement, ordre du vieux !! » cria Ki’Jin, continuant sa fuite vers le Piranha. Derrière eux, une roquette Ork explosa sur la porte du bâtiment, dans lequel s’étaient barricadés des Guerriers de Feu. La tourelle se tut bientôt, neutralisée elle aussi, tandis que les deux fuyards sautaient dans le véhicule. Actionnant les commandes de démarrage, Ki’Jin contenait difficilement sa panique.
« Démarre, saloperie !!
_ Mot-de-passe-in-cor-rect », lui répliqua la voix électronique de l’ordinateur de bord. Le Shas’La articula lentement ledit mot de passe, la voix tremblante, tandis que son coéquipier, derrière lui, le suppliait de se dépêcher. En effet, les Orks semblaient en avoir bientôt fini avec la garnison du col.
« Eh, r’gardé, lé Boyz, yen na deu ki s’tirent, là-ba !!
_ Oué, t’as rézon, j’vé lé zavoar à la rokette !! »
Les moteurs du Piranha commencèrent à ronronner, et le véhicule s’éleva rapidement dans les airs, au grand soulagement des deux Shas’La, et sous les cris de rage des Orks. La « rokette » qui leur avait été promise les manqua de peu, et l’antigrav passa bientôt la vitesse supérieure, en s’éloignant du lieu du carnage, alors que les Orks achevaient les derniers survivants, et que le Shas’Ui’Jun’To poussait son dernier cri de guerre.
« Pour le Bien Supr…arrghhhhhh !!! »
La vue de Ki’Jin se brouilla soudain. Il comprit quand il sentit des larmes couler sur ses joues. Il les essuya d’un geste rageur et jeta un dernier coup d’œil en arrière, pour apercevoir ce qui restait du baraquement de la garnison disparaître derrière une crête des Pics d’Hypérion. Puis il détourna le regard. Il leur fallait donner l’alerte. Ou tout était perdu.

Le monorail filait au-dessus des grandes plaines, à l’est de Tash’n. La tête appuyée contre le hublot, le regard perdu à l’extérieur, dans cet état d’immersion qu’il affectionnait particulièrement, Tar’Kaan était une fois de plus plongé dans ses pensées. Il avait pris pied sur Kronus seulement quelques heures auparavant, et n’avait pas perdu de temps. Obtenir une affectation sur cette planète avait été un jeu d’enfant étant donné son nouveau grade, et la forte demande de renforts de la part du commandement en présence sur place. Le trajet avait été bref, car les campagnes de haute importance, comme celle qui se jouait sur Kronus, avaient accès aux transports de troupes les plus rapides.
Arrivé sur la planète même, il avait été intégré à un convoi de renforts en partance pour le front principal, le long duquel les Tau tentaient de contenir les assauts de plus en plus fréquents de la Garde Impériale, dans les montagnes Van de Mar, le désert de Thur’Abis, le nord de la savane de Janus, et dans l’ancienne province impériale de Pavonis. Les batailles étaient les plus fréquentes et les plus violentes en un point précis du front, au sud des montagnes, au cœur du désert. C’est là que le haut commandement s’était établi. Là que tous les officiers supérieurs se trouvaient. Lyn’Lith.
Depuis qu’il avait quitté – fui aurait été plus exact – T’olku, les mêmes mots martelaient l’intérieur de sa tête. « J’arrive, Lyn’Lith. J’arrive… » Lyn’Lith. Elle occupait chacune de ses pensées. La première chose qu’il avait en tête en débarquant à Tash’n, c’était de la retrouver. Il n’avait même pas été surpris, en se renseignant dans la base-relais qui aiguillait les nouveaux arrivants vers les différents fronts, d’apprendre qu’elle était à présent la principale conseillère tactique du commandeur suprême de la Caste du Feu sur Kronus. La Shas’Vre’Lyn’Lith. Non, il n’avait pas été surpris. Fier. Admiratif. Un peu envieux. Mais pas surpris. Il était bien trop pressé de la retrouver pour avoir le temps de s’étonner de quoi que ce soit.
Le monorail fit une embardée en passant sur un aiguillage, à une dizaine de mètres au-dessus du sol. Ce système de transport était le plus répandu dans les environs de Tash’n, mais le réseau ne s’étendait pas jusqu’à la bordure du désert, et s’arrêtait à Sal’m, la plus grosse ville des plaines que les humains nommaient les Terres de l’Ouest. A partir de là-bas, les renforts rejoindraient le front en Orca. « J’arrive, Lyn’Lith. J’arrive… »

« Shas’Vre’Tar’Kaan ? »
L’intéressé leva la tête vers celui qui venait de l’interpeller, un Tau solidement bâti, revêtu de la combinaison sombre que possédaient tous les pilotes d’exo-armures. Sa tresse était ornée de deux anneaux gravés.
« Oui, c’est moi.
_ Shas’Vre’Gan’Whi. Je commande le détachement de renforts. » Le Tau porta son poing fermé à son front, en un salut fréquemment utilisé par les membres de la Caste du Feu. « J’ai eu vent de vos exploits sur Tartarus et de votre ascension fulgurante. C’est un grand honneur pour moi de vous rencontrer. »
Tar’Kaan se leva et rendit son salut au Shas’Vre.
« Je suis moi-même honoré de pouvoir saluer le héros de l’offensive sur le blocus de Pavonis.
_ Héros est un bien grand mot, cette offensive fut un échec, nous n’avons pu briser le blocus impérial…
_ Mais vous avez réussi à rétablir le contact avec nos troupes et notre flotte, bloquées sur place par les Gue’La. Et cela avec un minimum de pertes. »
Gan’Whi eut un sourire satisfait. Le jeune Shas’Vre qui lui faisait face était non seulement un guerrier, mais également un efficace diplomate, bien que loin d’égaler les talents de la Caste de l’Eau.
« Nous arrivons bientôt à Sal’m, annonça le Shas’Vre’Gan’Whi. Je voulais vous proposer d’accomplir la fin du voyage en ma compagnie.
_ Ce serait avec un grand plaisir, Shas’Vre. Vous pourriez ainsi m’entretenir plus en détail de la situation militaire de Kronus… »
Le Tau acquiesça d’un signe de tête respectueux et se retourna vers l’avant du monorail, avançant à grands pas dans l’allée centrale. Tar’Kaan, toujours debout, sentit le train ralentir. « J’arrive Lyn’Lith. J’arrive… »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 17 Déc - 14:41

(Suite du chap 2)

Les trois Orca fonçant à travers les plaines se dirigeaient droit vers les méandres paresseux du fleuve Ul’ju, qui marquait le commencement du désert et la fin des Terres de l’Ouest.
« Nous atteindrons les rives du fleuve dans environ cinq heures. Le front est situé à trois heures de vol au-delà. »
Tar’Kaan montra à Gan’Whi qu’il avait compris d’un signe de tête, puis tourna à nouveau sa tête vers le hublot. Le Shas’Vre qu’il avait rencontré dans le monorail lui avait détaillé les difficultés dans lesquelles se trouvaient l’armée Tau sur cette planète. La Garde Impériale, qui combattait les Tau depuis bien longtemps sur Kronus, commençait à prendre l’avantage sur le front principal, qui demandait de plus en plus de renforts. Les Impériaux avaient également mis en place un blocus de la ville de Pavonis, qui était toujours aux mains des Tau, mais isolée de tout renfort, et abritant la flotte de guerre de la Caste de l’Air, qui ne pouvait donc appuyer l’infanterie Tau sur le reste des champs de bataille de Kronus.
Comme si ce danger n’avait pas suffi, les péninsules méridionales du continent, recouvertes de jungles, étaient envahies d’Orks. Les Tau parvenaient à maintenir les peaux-vertes en respect sur l’étroite bande de littoral coincée entre les montagnes et la mer, qui permettait d’accéder au désert d’Agamar depuis la Côte Verte, et arrivaient également à repousser ceux qui s’aventuraient dans le col principal qui ouvrait la route à travers les Pics d’Hypérion. Mais les assauts des Orks sur la savane de Janus étaient de plus en plus insistants, et la Caste du Feu ne parviendrait pas longtemps à les contenir…
Heureusement, les Terres de l’Ouest et les nombreuses fermes fortifiées qu’elles abritaient étaient protégées contre les assauts Orks par les Pics d’Hypérion, qui n’étaient franchissable que par une seule route lourdement fortifiée par les Tau. Les autre cols, secondaires, étaient moins fournis en troupes, mais les routes qu’ils ouvraient étaient impraticables.
Soudain, une alarme sonna dans le poste de pilotage de l’Orca, alarmant Tar’Kaan et Gan’Whi, qui se dirigèrent rapidement vers l’avant du transport. Le pilote se retourna vers eux :
« Un message d’alerte prioritaire ! Il a été émis par la plus grande des fermes fortifiées de la région !
_ Que disent-ils ?
_ Qu’ils ont un besoin urgent de renforts, qu’ils vont bientôt être en situation critique !! Rien de plus !
_ Redirigez le cap sur eux. » ordonna Gan’Whi. Puis, il se retourna vers les quelques Guerriers de Feu installés dans le compartiment de transport de l’Orca : « Changement de cap, Shas’La. Un problème secondaire, on a besoin de nous ailleurs, et ça a l’air urgent. Nous reprendrons la direction du front une fois notre devoir rempli.
_ Pensez-vous que ce « problème » soit si secondaire ? l’interrogea Tar’Kaan.
_ Que voudriez-vous qu’il arrive de si grave ici ? Nous sommes dans les Terres de l’Ouest, l’endroit le plus protégé de Kronus après Tash’n !! » rétorqua Gan’Whi d’un ton sur de lui.
Tar’Kaan hocha la tête et se rassit. Il n’était pas de l’avis du Shas’Vre. Loin de là…

« Quoi ?!! Qu’avez-vous dit ?!
_ Vous m’avez très bien entendu, Shas’Vre’Gan’Whi. Le col est tombé, et les Pics d’Hypérion avec lui.
_ Shas’La’Ki’Jin, pouvez-vous nous expliquer comment cela…
_ Je vous l’ai déjà dit. S’emparer des cols secondaires que l’état-major a décrété impraticables n’a pas été un problème pour les Orks. Ils les ont facilement tous submergés en même temps. Ils ont été plus audacieux que le commandement le pensait, et même si de nombreux peaux-vertes ont laissé leur vie dans les crevasses des Pics d’Hypérion, la chute des cols secondaires a été suivie de la prise de la route principale. Le col qui était le mieux défendu a été attaqué en masse des deux côtés. Les rares survivants des garnisons des cols ont fui vers les Terres de l’Ouest et vont probablement venir se réfugier ici. Je suis moi-même arrivé dans cette ferme il y a quelques heures, et ai donné l’alerte ainsi que mon Shas’Ui me l’avait ordonné.
_ Vous avez fui à pied ?
_ Bien sûr que non, sinon, je ne serais pas là, en train de vous parler… Non, nous nous sommes servi, mon coéquipier et moi du Piranha affecté à notre garnison.
_ Et les Orks ?
_ Ils arrivent. » C’était Tar’Kaan qui avait parlé, alors qu’il était resté muet tout le long de la conversation entre le Shas’La et le Shas’Vre. Debout devant une des fenêtres de la grande salle de l’important complexe agricole, il fixait le Sud. Les Pics d’Hypérion.
Les deux autres Tau le rejoignirent. Un nuage de poussière se dessinait à quelques dizaines de kilomètres.
« Ils seront là ce soir.
_ Ils sont nombreux ?
_ Très. Deux cents, je pense, peut-être plus. Nos cinquante Guerriers ne suffiront pas à les arrêter. Même si les rescapés des cols nous rejoignent. » Tar’Kaan se tourna vers ses interlocuteurs. « Et ce ne sont que les premiers. D’autres vont venir. Nous devons contacter le front principal ou Tash’n pendant qu’il en est encore temps. Nous pourrons peut-être tenir un jour, mais nous aurons besoin de renforts.
_ Le front est engagé dans une série de batailles très meurtrières et a donc besoin de toutes les troupes possibles, annonça Gan’Whi. Nous devons attendre l’arrivée d’un nouveau convoi plus important, en provenance de Tash’n, mais le prochain n’est prévu que pour dans trois jours.
_ Il y a bien un système de communications à longue portée ici, puisque l’alerte a pu être donnée. Il faut contacter la capitale et leur dire d’envoyer le plus rapidement possible le convoi de renforts. Nous devons aussi prévenir les quelques garnisons de la région, pour qu’elles rejoignent le convoi et puissent briser le siège que les Orks ne vont pas manquer d’installer, si nous arrivons à repousser leur premier assaut.
_ Vous avez raison, Shas’Vre’Tar’Kaan. Je vais demander au Fio’Ui’Vir’Nek de mettre ses ouvriers à notre disposition pour édifier des fortifications supplémentaires, pendant que vous contacterez nos forces. Shas’La’Ki’Jin, allez prévenir les Shas’Ui de notre détachement d’organiser les Guerriers. Ce soir, nous défendrons ce lieu contre la barbarie Ork. Et nous mourrons s’il le faut. Pour le Bien Suprême.
_ Pour le Bien Suprême, Shas’Vre. »

Le Fio’La’Fil’Fos ajusta la dernière tourelle sur son support. Les systèmes de défense originels des fortifications de la ferme avaient été enrichis des armes lourdes des Orca, qui avaient été démontées des transports et adaptées à des supports de tourelles vides. L’ouvrier essuya la sueur qui perlait à son front, et jeta un coup d’œil au bas des hauts murs qui entouraient tout le complexe fermier. Cinq mètres plus bas, des véhicules agricoles creusaient une tranchée devant le rempart. Cela n’allait pas arrêter les Orks, mais c’était mieux que rien… Ces monstres n’arriveraient que dans deux heures environ, mais on entendait déjà, au loin, les rugissements de leur moteurs. Une dizaine de Fio’La renforçaient la porte du rempart avec de grossières plaques d’iridium non raffiné. Les quelques quarante Guerriers de la Caste du Feu étaient déjà, pour la plupart, postés sur le chemin de ronde, et les quelques exo-armures Crisis étaient patiemment alignées dans la cour, leurs pilotes se préparant sans doute quelque part dans le complexe. Quelques minutes plus tôt, l’Orca qui était parti récupérer les rescapés Tau, qui avaient fui les Pics d’Hypérion, était rentré dans l’enceinte de la ferme, ramenant avec lui une dizaine de Shas’La survivants du massacre.
Le jeune Tau lança un regard au-delà des champs et des exploitations qui entouraient les bâtiments du complexe. Au loin, le nuage de poussière présageant de l’arrivée de la Waaagh se déplaçait vite. Très vite. Ils arriveraient plus tôt que ne l’avaient prévu les deux Shas’Vre qui commandaient les renforts. Fil’Fos serra les dents. Ce soir, il allait sans doute mourir. Il se retint de ne pas vomir par-dessus le mur en imaginant le carnage. En se redressant, il vit qu’un des officiers Tau l’avait rejoint sur le chemin de ronde. Le Shas’Vre’Tar’Kaan n’était pas, à l’image du Shas’Vre’Gan’Whi, bâti comme un colosse, mais on devinait sous sa combinaison noire une musculature fine, témoin d’une grande agilité. Sa jambe droite était maintenue dans attelle mécanique, et sa tresse ornée d’un anneau argenté. Mais l’attention de Fil’Fos était toute entière attirée par ses yeux. Deux yeux noirs, deux globes de noirceur. Le Shas’Vre eut un sourire.
« Les tourelles sont-elles en place, Fio’La ?
_ Oui, nous avons effectué les derniers branchements, les nouvelles armes sont opérationnelles.
_ Bon travail. » Tar’Kaan fixa le jeune ouvrier pendant quelques instants, et reprit la parole. « Soyez brave, Fio’La’Fil’Fos. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la mort. Mais pas la nôtre. »
Et, avec un sourire étrange, le Tau se retourna et s’éloigna sur le chemin de ronde. Fil’Fos le suivit des yeux, puis détourna son regard vers l’horizon. Le nuage de poussière continuait à avancer. Le cœur du jeune Tau se gonfla d’espoir. Peut-être avait-il raison, après tout. La mort, mais pas la leur. Celle de ces monstres.

Bagrud s’amusait bien. Il était à l’avant du Truk piloté par le meilleur « konduizeur » de sa Waaagh, et ça allait vite. C’était même « karréman énorm’ » !! Il avait un gros kikoup’, il était gros et fort, il aimait être un Ork. Et aujourd’hui, il allait taper du nabot. La baston dans les montagnes avait été drôle, parce que ces saletés de tout bleus ne s’attendaient pas à se faire taper. Mais là, ça allait être rigolo aussi. Le gros mur qui entourait les maisons des bleuâtres étaient bientôt tout près, et les Orks allaient bientôt pouvoir faire ce qu’ils aimaient le plus faire : la guerre ! Waaaaaaaaghh !!
Il faisait presque noir, mais c’était pas grave, parce que les nabots avaient des « projekteurs » en haut de leurs murs, donc on les voyait bien. Ils étaient pas loin du tout maintenant, et Bagrud criait au konduizeur d’aller plus vite. Heureusement, il avait pas besoin qu’on lui demande, parce que les Orks, ils aiment aller vite. Autour du Truk de de Bagrud, il y avait plein d’autres Truks, des motos, des tas de machins qui allaient très vite. Et ils fonçaient tous sur les gros murs des nabots, qui étaient maintenant plus près qu’avant, « à environ cinkant’mèt’ » aurait dit le mékano, qui était un gars intelligent. Ils étaient assez près pour entendre les premiers cris des petits machins bleus qui disaient des choses comme « Tené vopré !! », « Enjou !! » ou bien « Par Eotir !! ». Bagrud savait pas qui c’était, Eotir, et de toute façon il préférait Gork et Mork, et puis c’était pas le moment de réfléchir, parce que les murs approchaient et que de toute façon c’était l’heure de la bagarre.
Le pare-chocs avant du Truk s’écrasa violemment sur la grande porte, qui trembla sous l’impact. Bagrud se cogna le krâne contre le montant de ce qui avait été un pare-brise, donna un coup de poing au konduizeur, parce que ça lui avait fait mal, et il sauta par terre. Autour de lui, tous les Orks étaient déjà descendus de leurs truks, et ils essayaient de grimper sur les murs pendant que les nabots en haut leur tiraient dessus. Bagrud monta sur les épaules d’un autre Ork qui beuglait en essayant d’escalader le rempart.
« Mé kess’ tu fou, là !! Arrêt’ de m’grimpé d’sus !!
_ Ferm’là, têt’de grot !! si on grimp’lé zun sur lé zôt’, on pourra arrivé là-ho !!
_ Ah oué, cé pas bêt’ ça !! Allé lé Boyz !! Grimpé moua d’sus !! »
Un tir abattit l’Ork qui venait de crier. Poussant un grognement de rage, Bagrud lança une grenade par dessus le mur. Quand il entendit « boum », il partit d’un grand éclat de rire et continua à grimper. Ils allaient bien s’amuser…
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 17 Déc - 14:42

(Re-suite du chap 2)

Tar’Kaan cribla de tirs la tête d’un Ork qui avait réussi à escalader le rempart. Il évita un tir maladroit et balaya les alentours du regard. Les Orks avaient attaqué d’entrée de jeu, et essayé de défoncer le rempart en fonçant dedans avec leurs bolides. Et ils tentaient à présent d’escalader les murs, afin d’engager les Tau que leurs tirs imprécis ne menaçaient pas. Une bande d’Orks visiblement plus intelligents que les autres avaient empilé quelques carcasses de véhicules pour en faire un escalier rudimentaire. D’autres avaient même trouvé une vraie échelle, et se disputaient pour savoir de quel côté s’en servir. Mais la plupart s’agglutinaient au bas des remparts et montaient les uns sur les autres pour arriver au sommet.
Le Shas’Vre entendit un bruit de moteurs et vit un Ork, monté sur une énorme moto, essayer de rouler sur le mur en propulsant son bolide vers le haut, et hurlant de rage à chaque fois que son véhicule retombait par terre. Plusieurs des peaux-vertes prirent exemple sur lui, et la bataille fut bientôt ponctuée par les chutes des motards fous, accompagnées de rires tonitruants de la part des autres Orks.
Le canon à impulsions de l’exo-armure Stealth rugit une fois de plus, et arrosa de plasma un groupe d’Orks qui tentaient d’atteindre le chemin de ronde. Une échelle s’abattit bientôt le long du mur, et un beuglement résonna bientôt tandis que les premiers assaillants grimpaient rapidement et que les Tau tentaient de repousser l’échelle à terre. Tar’Kaan alluma ses propulseurs et se plaça au-dessus du groupe de peaux-vertes qui se précipitaient vers les premiers barreaux, faisant une fois de plus entendre le doux chant de son canon à impulsions. Un des Orks hurla de rage et lui lança une grenade, que le Tau fit exploser en l’air d’un tir ajusté. Il se posa sur le parapet du rempart et abattit un des Boyz qui montaient à l’échelle. En tombant, l’Ork entraîna ses congénères à sa suite, vidant l’échelle de ses occupants et permettant aux autres Shas’La de la repousser. Mais une demi-douzaine de peaux-vertes avaient déjà réussi à prendre pied sur le rempart, et s’enfonçaient dans la ligne de défenseurs Tau. Tar’Kaan se retrouva devant un Ork monstrueux et réussit de justesse à éviter un coup de hache, avant de réduire l’abdomen de son adversaire à l’état de bouillie d’une rafale bien placée.
Une dizaine de mètres plus loin, le Shas’Vre’Gan’Whi, surplombant le parapet de toute la hauteur de son énorme exo-armure XV8, criblait les assaillants de tirs de plasma et de roquettes, désorganisant un peu plus leur attaque. D’autres Crisis arpentaient les remparts, arrosant les peaux-vertes de flammes, de plasma, ou les écrasant sous leur masse considérable. Des tirs de « rokettes » Orks atteignaient parfois des portions de remparts, faisant exploser les tourelles Tau, ou bien éparpillant les défenseurs pour dégager le passage aux grimpeurs. Un rugissement de moteur retentit lorsqu’une moto disproportionnée s’envola soudain par-dessus le mur : un des pilotes fous avait eu l’idée de se servir d’une carcasse de Truk comme d’un tremplin. Son plan avait marché, mais son triomphe n’était pas fait pour durer : il s’écrasa sur un silo à grain, et son corps désarticulé, tombé à terre, fut broyé par la chute du silo en question.
La mêlée se poursuivit pendant une minute apocalyptique, le sang jaillissant de tous côtés, l’acier tranchant la chair, les tirs déchirant les corps. Et soudain, le calme retomba. Les assaillants qui avaient atteint le haut du rempart étaient tous morts ou retombés. Le corps-à-corps sanglant avait exténué les défenseurs, qui furent soulagés, mais également un peu effrayés, du brusque changement dans le cours de la bataille.
Les Orks s’éloignèrent des remparts, et se mirent en cercle autour de la ferme fortifiée. Ils étaient encore très nombreux. Trop nombreux, pensa Tar’Kaan, qui estimait leur nombre à cent cinquante environ. Et ils étaient hors de portée… Le plus massif d’entre eux sortit du rang et harangua les défenseurs Tau, qui avaient cessé le feu eux aussi.
« Salu, band’de nabots !! Chui le Big Boss Hogrut, et chui là pour vou kassé la têt’ !!
Alor vou zallé gentimen sortir eud’là d’dans, é vou batt’ kom dé vrè Orks … enfin, dé vrè zoms, enfin, dé sal’nabots, koi !! Rôh, é pis sa m’soul’, vou sorté, pis voualà !! é pis si vou zèt’ pa dakor, é ben on attan k’vou zayé super la dalle, et pis on r’viendra vou tué !! Hahahaha !!
_ Ecoute-moi, Hogrut !! » Le Shas’Vre’Gan’Whi était juché sur le chemin de ronde, engoncé dans son imposante exo-armure Crisis. Sa voix, amplifiée par un haut-parleur, résonnait autour des remparts. « Toi et tes semblables n’êtes que des animaux ! Je n’ai aucun respect pour vous, et me ferai un plaisir de te tuer moi-même ! Jamais nous ne nous rendrons, et jamais vous ne nous vaincrez !! M’entends-tu, Hogrut ? M’as-tu compris, abomination difforme ? Jamais !! » Le Tau avait hurlé ces dernières phrases.
Certains des Orks, déconcertés, se regardaient avec inquiétude, mais le Big Boss partit d’un nouveau rire tonitruant.
« Haha !! Tu f’ra moin l’malin kan mon kikoup’ s’ra planté là où tu d’vré avouar un né, nabot difform’ !! On né lé pluss’for, é vou zallé touss mourir !!! Mouahahaha !! »
Un Shas’Ui s’avança aux côtés de Gan’Whi et lui murmura :
« Leur immonde chef est assez proche pour que je puisse l’abattre... Ai-je la permission de faire feu, Shas’Vre ?
_ C’est hors de question, répondit l’officier en coupant son haut-parleur. Je veux m’en charger moi-même. Et puis cela ne les désorganiserait que quelques instants, le temps qu’ils se battent pour trouver un nouveau Boss. Non, nous sommes contraints à attendre, Shas’Ui. Mais il nous faut inspecter nos défenses. Il serait stupide de croire que ces monstres ne vont pas attaquer avant longtemps. Et à ce moment-là, nous devrons tenir. »

Tar’Kaan épongea son front de la sueur qui le recouvrait. Le soleil faisait peser une lourde chape de chaleur sur le complexe assiégé. Le jour était levé depuis quelques heures, et les Tau avaient déjà eu à repousser trois assauts des peaux-vertes depuis la bataille de la veille, et même si ces attaques avaient été moins meurtrières que la première, les forces des défenseurs étaient maintenant réduites à une trentaine de Shas’La et seulement deux exo-armures Crisis, dont le Shas’Ui’Gan’Whi. La plupart des tourelles improvisées avaient été détruites, et la porte était à présent profondément endommagée. Et les Orks étaient encore au moins cent quarante.
Le Shas’Vre, qui avait posé son exo-armure Stealth pour revêtir un uniforme de Guerrier de Feu, plus adapté à cette chaleur, repensait à l’assaut nocturne de la veille. Rarement il n’avait autant ressenti l’ivresse du combat. Ce n’était pas au cours de ses habituelles missions de sabotage ou d’assassinat, qu’il affectionnait pourtant, qu’il pouvait trouver cette énergie frénétique, cette adrénaline qu’il avait ressentie cette nuit-là. Se trouver au cœur de la mêlée avait accru ses sens, décuplé ses forces, comme si la proximité de l’ennemi avait été un stimulant aussi puissant que les drogues de guerre qu’utilisaient certaines races dépravées… Et Tar’Kaan pouvait se l’avouer : il avait aimé cette sensation, cette frénésie. Mais les préceptes militaires Tau considéraient le corps-à-corps comme une marque de barbarie. Alors, peut-être était-il fait pour désobéir, pour suivre son propre chemin…
« Ils reviennent !! » Le cri de la sentinelle Tau tira le Shas’Vre de sa réflexion. Il soupira profondément et empoigna une carabine à impulsions : il y avait un nouvel assaut à repousser.

« Récapitulation de la situation !!
_ Nous n’avons plus de tourelles, Shas’Vre’Gan’Whi, et nos effectifs ont été réduits à vingt-trois Guerriers de Feu, deux exo-armures Crisis, dont une est endommagée, et l’exo-armure XV25 du Shas’Vre’Tar’Kaan. Nous tenons depuis une quinzaine d’heures, mais les assauts des Orks, exceptés le premier, n’ont pas engagé la totalité de leurs troupes. Leur but était de nous affaiblir peu à peu, et ils ont réussi. Nous n’avons pas de nouvelles des renforts, car nos communications ont été coupées après que les Orks aient endommagé l’antenne des communications. Des mécaniciens de la Caste de la Terre sont en train d’essayer de la remettre en état. Nous devrions pouvoir contacter nos renforts d’ici une dizaine de minutes, d’après les ouvriers.
_ Bien. Merci, Shas’La’Ki’Jin. Vous pouvez disposer. » puis, en se tournant vers Tar’Kaan, qui, à son habitude, se tenait devant une des fenêtres : « Alors, qu’en pensez-vous, Shas’Vre ?
_ Pas grand-chose, à vrai dire. Nous devons attendre le rétablissement des communications avant de prendre de nouvelles initiatives. » Il se retourna vers Gan’Whi. « Tout dépendra de quand et où les renforts arriveront. Et s’ils n’arrivent pas, il faudra tâcher de mourir avec honneur.
_ Vous me semblez bien pessimiste, Tar’Kaan. Pourquoi ne…
La porte de la salle s’ouvrit avec fracas, laissant passer Ki’Jin, visiblement pressé.
« Shas’La’Ki’Jin ! s’indigna Gan’Whi devant cette intrusion. Je croyais vous avoir dit de…
_ Le réseau de communications est rétabli, Shas’Vre, le coupa le Shas’La. Vous devriez venir au plus vite avant qu’un nouveau missile primitif ne réduise une fois de plus notre antenne à néant ! »
Quelques instants plus tard, les quelques Shas’Ui présents dans la ferme, ainsi que les deux Shas’Vre, étaient regroupés devant le poste de communications, tandis qu’un technicien tentait de rétablir le contact avec les renforts.
« Ici complexe agricole Phi 5 ! Nous demandons des troupes en toute urgence ! Ici complexe Phi 5 ! Nous demandons…
_ Crrrrr…Ici…crrr… Renforts…me recevez…crrr... Phi 5 ?
_ Ici complexe Phi 5, nous vous recevons mal ! » Le technicien régla l’un des boutons du tableau de contrôle.
« Crrr…renforts, nous sommes en route, donnez-nous environ deux heures !
_ Ici complexe Phi 5, nous vous recevons parfaitement ! Combien êtes-vous ?
_ Nous disposons d’une soixantaine de Guerriers de Feu, de trois équipes de Crisis, d’un Hammerhead, et de plusieurs meutes de Kroots. Comment est la situation de votre côté ?
_ Nous sommes assiégés par des Orks, nous avons tenu jusque là, mais nous ne résisterons pas à un nouvel assaut ! Vos renforts doivent arriver au plus vite !
_ Bien. Nous viendrons du Nord-Nord-Ouest. Nous…crrrrrrrrr…
_ Nous avons perdu la transmission, nous recevez-vous ? » Le technicien modifia de nouveau les réglages, sans succès.
« Shas’Vre ! cria une sentinelle depuis l’extérieur. L’antenne a été détruite une fois de plus ! »
_ Maudits peaux-vertes !! Heureusement que les renforts sont bientôt là !
_ Euh… Shas’Vre, il y a un problème.
_ Oui, Shas’Ui ?
_ Les renforts vont arriver sur la plaine par le Nord-Nord-Ouest, comme on nous l’a annoncé. Mais les Orks les verront venir de loin, et auront grandement le temps de se préparer à un assaut en masse. Nos renforts sont perdus, si nous ne les prévenons pas.
_ Il est inenvisageable de réparer une nouvelle fois l’antenne, rétorqua Gan’Whi.
_ Alors nous n’avons plus aucune chance de briser le siège, conclut le Shas’Ui. Tout est perdu, nous n’avons plus qu’à trouver la meilleure manière de mourir.
_ C’est hors de question !! cria le Shas’Vre en frappant violemment du poing sur la table. Nous devons trouver un moyen ! »
Le silence qui suivit sa harangue ne fut brisé que par un murmure.
« Kauyon. »
Tous se retournèrent vers Tar’Kaan, qui avait soufflé cet unique mot. Le jeune Shas’Vre sourit et reprit la parole.
« Kauyon. Le Chasseur Patient. Nous devons servir d’appât et détourner l’attention des Orks du véritable danger.
_ Mais… comment votre plan pourrait-il être réalisable ?
_ La porte principale est située plein Nord. Nous devons provoquer les Orks pour les pousser à nous attaquer, tout en leur « facilitant » l’ouverture de la porte. Et là, nous devrons les retenir à l’entrée du complexe, assez longtemps pour que nos renforts entrent dans la danse. Ils engageront les peaux-vertes par derrière, créant l’effet de surprise, et nous permettant de bloquer les Orks à la porte, afin de les trucider par un feu croisé.
_ C’est du suicide, répliqua un Shas’Ui. Jamais nous ne les retiendrons assez longtemps, pour que…
_ Ce plan est le seul que nous ayons pour le moment, Shas’Ui, le coupa Gan’Whi. Il est donc le seul que nous puissions appliquer. Shas’Vre’Tar’Kaan ? Je vous confie la direction des opérations. Puissiez-vous réussir. Pour le Bien Suprême.
_ Pour le Bien Suprême, Shas’Vre. »
Tar’Kaan porta son poing à son front. Puis il se retourna et sortit rapidement de la petite pièce. Il n’avait que peu de temps avant l’arrivée des renforts. Il sourit. Une fois de plus, le temps lui était compté…
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 17 Déc - 14:43

(Re-re-suite du chap 2 (et fin !!!) )

Tar’Kaan adressa un signe de tête aux deux exo-armures Crisis placées de part et d’autre de la porte. Il avait lui aussi remis sa propre armure en prévision du combat à venir. Les Guerriers de Feu avaient déserté les remparts, se dissimulant derrière les bâtiments les plus proches de l’entrée principale. Les plaques d’iridium qui renforçaient la porte de l’intérieur avaient été retirées silencieusement. Certains canons à impulsions de tourelles encore utilisables avaient été montés sur pivot, pointés vers l’ouverture dans le rempart. Heureusement, les peaux-vertes n’avaient lancé aucun assaut pendant les préparatifs.
Le Shas’Vre monta sur le rempart et activa le haut-parleur qu’il avait adapté à son exo-armure.
« Ecoute-moi, Hogrut le Ridicule !! Tu n’es qu’un lâche qui préfère attendre que tes adversaires viennent le tuer plutôt que de risquer ta peau verte et crasseuse contre une poignée de Guerriers ! Tu est arrêté par une simple porte ! Tu es la risée de tous les Orks !! Tu n’es pas un guerrier, mais un mouton !! Tu ne mérite pas ta place de Chef au sein de ce que tu appelles ta Waaagh !! »
L’Ork, piqué au vif, et sentant certains de ses suivants approuver les paroles du ridicule nabot perché sur les remparts, s’avança de quelques pas vers la porte Nord, en face de laquelle il avait établi son campement personnel.
« Sal’nabot !! Cé toi ki m’trèt’de lâch’ ? Toi k’oz mêm’pa sortir de ton trou ? Toi ki r’fuse de taper ton en’mi en vrai ? Tu di k’cé just’une port’ki m’arrêt’ !! Tu va vouar c’ke j’en fé, d’ta porte, moua !!! »
Hogrut courut vers les lourds battants, et y donna un violent coup de la pince hypertrophiée fixée à son bras droit. La porte céda et tomba à terre dans un craquement. L’Ork, tout d’abord ébahi de sa propre puissance, se reprit rapidement, et poussa un énorme hurlement mêlant rage, triomphe, et furie sanguinaire, bientôt rejoint par tous ses congénères, qui chargèrent vers l’embrasure dans un amas de Boyz désordonné.
Les Tau attendirent que les Orks aient pénétré dans la nasse pour refermer le piège : Une cinquantaine de peaux-vertes s’étaient engouffrés dans l’ouverture quand des Fio’La postés en haut des remparts renversèrent des blocs de pierre ou d’iridium brut pour condamner l’ouverture et écraser les malchanceux qui se trouveraient en dessous.
A l’intérieur, les assaillants étaient pris entre le feu des deux Crisis encadrant la porte, les tirs des Shas’La abrités derrière les bâtiments, les rafales des canons à impulsions sur pivot, et les salves du Shas’Vre’Tar’Kaan juché sur le haut du rempart.
A l’extérieur, les Orks agglutinés devant la porte poussaient des grognements de rage en essayant de déblayer l’entrée pour entrer dans la mêlée. En effet, la chute de pierres ne retint pas longtemps les attaquants, qui vinrent bientôt prendre la place de leurs congénères tombés sous les tirs des Tau.
Le plan de Tar’Kaan semblait fonctionner, mais le nombre d’Orks pénétrant dans le complexe allait croissant, et certains parvenaient à atteindre le contact avec les défenseurs. Le Big Boss avait péri depuis longtemps, mais les Orks n’en étaient que plus frénétiques. Bientôt, l’exo-armure Crisis la plus endommagée s’effondra sous les coups des Boyz. Tar’Kaan actionna ses propulseurs, et se posa entre la marée verte et les positions des Guerriers de Feu, tandis que le Shas’Vre’Gan’Whi repoussait tous les peaux-vertes qui voulaient s’en prendre à lui. Le canon à impulsions de l’exo-armure XV25 mugit et faucha le premier rang des Orks qui fonçaient vers lui. Une paire d’assaillants traversèrent le barrage des tirs à impulsions et foncèrent vers le Shas’Vre Stealth qui leur barrait la route. La forme imposante d’une exo-armure Crisis les écrasa sous sa masse quand Gan’Whi vint se poser aux côtés de Tar’Kaan. Un instant, le temps s’arrêta sur l’image des deux Shas’Vre dressés entre la marée hurlante des Orks et les défenseurs Tau, toutes armes pointées vers les assaillants.
Puis une détonation retentit et la tête d’un Ork massif fut arrachée. D’autres tirs résonnèrent dans la plaine. Il y eut un instant de flottement, puis la plupart des peaux-vertes refluèrent vers l’extérieur, les autres abattus sans pitié par les Tau assiégés. La raison de cette fuite fut bientôt évidente : les renforts étaient là. Les Orks tentèrent de réduire l’avantage dû à l’effet de surprise en fonçant vers les rangs des nouveaux arrivants, mais il était trop tard : la charge des carnivores Kroots pulvérisa le flanc gauche des peaux-vertes, les tirs des Guerriers de Feu décimèrent leurs rangs bien avant l’arrivée au contact, soutenus par le feu constant et sans pitié du Hammerhead, et par les frappes chirurgicales des Crisis.
En cinq minutes, les Orks étaient exterminés. Jusqu’au dernier. Les renforts atteignirent le complexe agricole Phi 5. La victoire était acquise. Tar’Kaan ôta son casque et essuya son front. Ils avaient réussi. Ou plutôt, il avait réussi. Son plan avait été un succès, un nouveau coup d’éclat. Mais il restait une ombre au tableau. Une ombre vaste et menaçante, qui l’empêchait de se réjouir totalement. Cette ombre, c’était le soleil déclinant qui la projetait sur les Terres de l’Ouest. Cette ombre, c’était celle des Pics d’Hypérion, la porte d’entrée des hordes Orks vers les territoires Tau. Et cette ombre devait absolument disparaître.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 11 Fév - 19:48

Chapitre III : Hypérion

Une pierre roula sous le pied de Skrag. Le bruit fit se retourner le petit animal, qui remarqua enfin l’imposant Ork qui avait essayé, en vain, de le surprendre. Le peau-verte se jeta en avant pour piéger la bête, mais cette dernière détala à toute vitesse entre les rochers. L’Ork, exaspéré, dégaina son fling’ en grognant son mécontentement, et vida un chargeur en direction de l’animal qui fuyait. Puis il baissa son arme, le ventre toujours vide, et l’humeur de plus en plus massacrante, et commença à reprendre la direction du camp, le long d’un chemin à flanc de falaise.
Il avait participé à la prise du grand col par la Waaagh de Hogrut, mais il n’avait pas été choisi par le Big Boss pour partir vers les plaines de l’Ouest. A la place, il avait dû rester dans le campement que les Orks avaient installé le long de la route principale. D’après Hogrut, il fallait garder la route ouverte, pour permettre à « d’ôt’ Boyz de v’nir tapé dé nabo avek lé zôt ». Sauf que lui, Skrag, était bien évidemment plus malin que cet Hogrut qui se prenait pour un chef, et il savait qu’il valait mieux que tout le monde fonce vers les plaines, pour ne pas laisser de trucs à tuer pour les autres. Il ne comprenait pas à quoi pouvait bien servir ce campement au milieu des Pics d’Hypérion, là où il faisait froid et surtout où il n’y avait rien à manger. Son ventre gargouilla une nouvelle fois. Au campement, la seule nourriture disponible, c’étaient les autres Boyz, et Skrag ne faisait pas vraiment partie des plus costauds… Il en était donc réduit à chasser, mais ce n’était pas vraiment son truc, la chasse : bien que plutôt léger pour un Ork, il n’était pas vraiment discret, et les deux seules proies qu’il avait réussi à abattre étaient toutes deux des animaux vieux et malades.
Il continua à gravir le sentier escarpé qui rejoignait la route principale, et aperçut, de l’autre côté du ravin qu’il longeait, une faible lumière, qui provenait sans doute d’un feu de camp. Les Orks avaient établi leur plus gros campement au bord de la route principale, mais chacune des voies secondaires qui traversaient les Pics en direction des territoires Tau était ponctuée de plusieurs avant-postes légèrement équipés, mais capables de faire face à des assauts, venant de n’importe lequel des deux côtés… Ainsi, la mainmise des peaux-vertes sur les Pics était totale. Et la porte d’entrée vers les Terres de l’Ouest restait grande ouverte pour les Orks. Skrag s’arrêta un instant, reprit son souffle, puis repartit d’un bon pas vers le haut du sentier, qui contournait un énorme rocher.
Une forme fendit l’air. Retomba sur le dos de Skrag. Une lame lui déchira les muscles de l’épaule gauche. L’Ork poussa un cri, vite étouffé par le violent coup qu’il reçut au visage. Un autre coup aux jambes le fit tomber à genoux. Il tenta de dégainer son kikoup’ de son bras valide, mais son assaillant le désarma sans peine, avant de sauter à terre. Skrag fut agrippé par les cheveux, et sa tête fut violemment projetée sur le rocher qui lui faisait face, avec un craquement écœurant. L’Ork se sentit jeté à terre, puis retourné sur le dos. A moitié aveuglé par le sang qui lui coulait du front, il vit néanmoins son meurtrier, un être filiforme brandissant un long fusil orné de lames, se pencher sur lui, avant de croasser :
« Tu étais fort, peau-verte… Ne t’inquiète pas, cette force ne sera pas perdue. »
La douleur fut indescriptible lorsque le Kroot lui ouvrit la cage thoracique en deux avec une des pointes de son arme. L’Ork succomba, dans un gémissement de gratitude pour la mort qui venait enfin le délivrer de son calvaire. Le Carnivore poussa un cri de triomphe avant d’arracher le cœur de sa proie, encore fumant. Le festin pouvait commencer.

Le soleil se levait sur le complexe agricole, qui avait connu une nuit agitée. L’épaisse fumée noire qui s’élevait du bûcher où brûlaient les cadavres des peaux-vertes répandait une odeur âcre. La remise en état rapide des fortifications, le déblaiement des cadavres des Orks, l’organisation de l’infirmerie et les soins apportés aux blessés, la revue des troupes restantes, avaient tenu la plupart des occupants éveillés pendant les six heures qui avaient suivi la bataille. Mais l’effervescence régnant dans la ferme s’estompait peu à peu, en même temps que le soleil apparaissait et effaçait lentement l’agitation omniprésente.
Le bataillon de renforts Epsilon, qui avait brisé le siège Ork, constitué à la hâte de quelques troupes de réserve que Tash’n avait pu envoyer, et du regroupement rapide des maigres garnisons des Terres de l’Ouest, faisait ses préparatifs de départ. Les troupes envoyées par Tash’n n’étaient que l’avant-garde d’un convoi de renforts beaucoup plus nombreux destinés au front principal, mais qui n’avait pu être envoyé à temps pour libérer le complexe Phi 5. Ce convoi arriverait sur place durant l’après-midi, et repartirait avec le bataillon Epsilon en direction de l’Est. Les Devilfish et l’Orca qui avaient été assignés à ce dernier, ainsi que la canonnière Hammerhead, étaient posés à proximité du rempart de la ferme. Le transport Orca avait été transformé en salle de commandement quelques dizaines de minutes auparavant, quand le Shas’El’Ho’Nin, commandant les renforts, avait convoqué les deux autres officiers Tau à une réunion stratégique d’urgence.
Le Mentor Hyuan sortit du complexe Phi 5, et se dirigea à grands pas vers les antigravs posés au sol, à une trentaine de mètres de la porte dans la muraille. Le Kroot, en tant que meneur des deux meutes de Carnivores appartenant au détachement, avait lui aussi été appelé à participer au briefing. Il marcha vers l’Orca, d’où sortaient des éclats de voix, fit un signe de tête au Shas’La posté devant la porte et entra, découvrant, autour d’une table supportant un écran holographique, les deux Shas’Vre et le Shas’El, visiblement pris dans une conversation… animée.
« C’est impossible, Shas’Vre’Tar’Kaan.
_ Mais… Vous rendez-vous vraiment compte de ce qui se passe, Sha’El’Ho’Nin ? Tant que les Orks tiennent les Pics d’Hypérion, nous sommes à leur merci !! Je doute que nous puissions réussir à maintenir le front, si nous devons faire face à d’autres offensives comme celle sur le complexe Phi 5.
_ Et croyez-vous que je l’ignore ? Je suis parfaitement conscient du caractère critique de notre situation, mais je ne peux pas mener mon détachement vers Hypérion pour en déloger les Orks. Et vous le savez aussi bien que moi. Tout d’abord parce que le front principal, ainsi que le Shas’O’Da’Fan, ont un besoin vital des troupes que je commande, ainsi que du reste des renforts, qui arrivera de Tash’n dans l’après-midi. Ensuite parce que cela reviendrait à dégarnir les Terres de l’Ouest de toute leur garnison, même si elle n’est pour l’instant que d’une trentaine de Guerriers de Feu. Et enfin, parce que ce serait du suicide. Une force comme la nôtre ne réussirait jamais à éliminer tous les Orks, et tant que ce ne sera pas fait, les Pics ne seront pas à nous. Libre à vous d’aller servir de gibier aux Orks, mais ce sera sans mes troupes. »
Tar’Kaan, les deux mains posées sur le rebord de la table, le visage tourné vers le sol, se mordit la lèvre. Le Shas’El avait raison, il le savait. Mais il savait aussi que si Hypérion restait aux mains des peaux-vertes, les Tau en paieraient le prix fort dans peu de temps. Il fallait agir au plus vite. Il releva lentement la tête, remarqua la présence du Mentor Kroot, adossé au mur près de la porte. Puis il se tourna à nouveau vers Ho’Nin.
« De quelles forces pourrions-nous disposer, le Shas’Vre’Gan’Whi et moi, si nous voulions mener cet attaque ?
_ Je vous laisse les survivants de votre convoi de renforts initial. Mais vous irez seul, Shas’Vre’Tar’Kaan. Gan’Whi vient avec moi.
_ Je suis désolé, Tar’Kaan, ajouta l’intéressé. Le front principal a besoin de toutes les forces possibles, et ma mission était d’y parvenir avec mon détachement. Je n’amènerai donc pas mes troupes, mais je dois tout de même y aller. On manque d’officiers, là-bas.
_ Bien. J’en suis donc réduit à partir à l’assaut d’Hypérion avec moins d’une quinzaine de Guerriers de Feu, puisque sur les dix-neuf survivants, cinq sont invalides.
_ Exact. Mais le Mentor Hyuan pourrait peut-être vous aider. »
Le Shas’El se tourna vers le Kroot et lui fit un signe de tête. Ce dernier s’avança vers le projecteur holographique, qui afficha une carte des Pics d’Hypérion.
« Lors de notre première conquête de Kronus, commença le Mentor de sa voix rocailleuse, quelques clans Kroots, regroupant environ une demi-douzaine de meutes chacun, se sont établis dans les Pics d’Hypérion, s’isolant du reste de la population Tau. Depuis, nous n’avons pas eu de signes de leur existence, et il est probable que la plupart d’entre eux aient disparu ou migré vers la jungle, avant la mise en place du blocus des cols. Mais notre race s’adapte en général très vite à son environnement. Certaines meutes subsistent sans doute dans les Pics, auquel cas vous pourriez les joindre pour renforcer votre force d’assaut. Ils se trouvent probablement à proximité des failles de Guroth et de Hujal. »
Hyuan indiqua deux points sur la carte.
« Dans ces zones, la montagne est percée de nombreuses cavernes naturelles, difficilement repérables et aisément défendables. Il est possible que des Kroots vivant là aient pu se cacher de l’invasion Ork. Vous devriez commencer par chercher là. Je peux également vous confier un de mes Carnivores, le guerrier Dhulan. Il connaît relativement bien Hypérion, et sera un atout précieux pour négocier avec ceux de notre race que vous trouverez sur votre chemin.
_ Merci, Hyuan. Avez-vous d’autres questions, Shas’Vre ?
_ L’équipement. Ce ne sont pas quatorze Shas’La munis d’un paquetage standard et d’un fusil à impulsions qui vont pouvoir réussir une telle mission d’infiltration. Nous pouvons récupérer plus de munitions sur les Tau morts pendant le siège, mais nous aurons besoin d’armement plus… développé.
_ C’est exact. Il me semble que parmi vos survivants, il y a un Shas’Ui, n’est-ce pas ? Vous pourriez lui confier une exo-armure Stealth, si le bataillon qui arrive cet après-midi en a une en réserve. Sinon… Vous pourriez aussi faire une étape au bunker de maintenance qui se trouve sur les contreforts des Pics.
_ Un bunker de maintenance ?
_ Un bâtiment sécurisé servant d’entrepôt pour le matériel des castes de la Terre et du Feu qui œuvraient dans la montagne. Il a également un rôle de refuge et bien sûr d’avant-poste militaire. Les Orks ont massacré sa garnison, mais ils n’ont sans doute pas forcé la porte blindée de l’entrepôt de matériel. Vous pourriez y trouver des choses utiles. Ce sera tout, Shas’Vre ? Ces informations vous suffisent-elles ?
_ Oui, Shas’El. Merci pour votre aide.
_ Bien. Vous pouvez disposer, et préparer votre départ. Je dois faire le point avec le Shas’Vre’Gan’Whi. Nous nous reverrons à l’arrivée du convoi cet après-midi. »
Tar’Kaan porta le poing à son front, puis sortit rapidement. Lorsqu’une voix rauque appela son nom, il se retourna, et vit que le Kroot l’avait accompagné.
« Vous m’avez appelé, Mentor Hyuan ?
_ Oui. Je voulais vous dire que même si vous n’aimez pas le Shas’El, ni la décision qu’il a prise, il reste un bon officier. Et vous savez que sa décision est la bonne. »
Tar’Kaan ne répondit pas. Les paroles du Mentor étaient trop justes pour qu’il y trouve quelque chose à répondre.
« Je voulais également vous dire que vous êtes courageux, Tar’Kaan. Peu de Tau auraient pris d’eux-mêmes l’initiative d’une action aussi désespérée que celle que vous allez entreprendre. » Puis il se rapprocha, et sa voix se fit plus faible. « On m’a rapporté que vous aviez brillé durant ce siège. Surtout au cœur des combats. Je connais l’euphorie des corps-à-corps, Shas’Vre. Et l’instinct est plus important que des doctrines stupides. Ne l’oubliez pas ».
Le Mentor s’éloigna. Tar’Kaan tenta de réfréner les battements de son cœur. Le Kroot avait lu en lui comme dans un livre ouvert.
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 11 Fév - 19:49

(Suite du chap 3)

Quelques heures plus tard, l’énorme convoi de renforts en provenance de Tash’n était arrivé au complexe Phi 5, puis reparti quelques minutes après vers l’Est, laissant derrière lui l’escouade de fortune du Shas’Vre’Tar’Kaan, constituée de treize Guerriers de Feu, du Carnivore Kroot Dhulan, et de deux exo-armures XV25, celle de Tar’Kaan, et celle confiée au Shas’Ui’Paa’Lin. Cette équipe improvisée avait également été dotée d’un transport VAB Devilfish dans un état plutôt déplorable, et avait pris le départ, un peu plus tard, en direction du Sud. Au bout de quelques heures de route, ils étaient arrivés au pied des Pics d’Hypérion, et avient trouvé le bunker.
C’était une construction basse et large, à moitié enfoncée dans les contreforts des Pics d’Hypérion. Son épaisse porte blindée avait été défoncée, mais ses murs gris sombre étaient toujours intacts. Le Devilfish, lancé à pleine vitesse, s’arrêta brutalement devant l’embrasure de la porte, et son écoutille arrière, s’ouvrant brusquement, laissa passer deux exo-armures Stealth et quelques Guerriers de Feu, qui se ruèrent à l’intérieur de la structure. Les quatre Orks présents dans le bâtiment virent débouler une demi-douzaine de Tau, qui fauchèrent les Boyz d’un déluge de tirs bleutés. Le silence retomba, tandis que les dix Tau restants et un Carnivore Kroot, descendus du transport, se déployaient autour du bunker, à la recherche d’autres Orks.
« Zone sécurisée, Shas’Vre ! lança un des Shas’La.
_ Parfait ! cria Tar’Kaan depuis le bâtiment. Laissez deux guetteurs devant la porte, et rejoignez-nous à l’intérieur. »
La pièce avait été ravagée par les Orks. Les nombreux écrans et terminaux d’ordinateurs avaient été fracassés à coups de hache, et des ordures souillaient chaque recoin de la salle, ainsi que les cadavres d’Orks et de l’ancienne garnison Tau. Mais l’épaisse porte blindée, à l’opposé de l’entrée, était resté intacte, malgré les efforts apparents des peaux-vertes pour la détruire. Les quelques Boyz qu’ils avaient abattus en entrant, probablement laissés en arrière par l’armée de Hogrut, semblaient activement occupés à forcer, sans succès, l’imposant sas de sécurité menant à l’entrepôt de stockage de matériel, creusé dans la montagne.
Tar’Kaan s’avança, et laissa courir son regard sur tout le pourtour de la porte, cherchant un moyen de l’ouvrir. Un Shas’La, debout à sa droite, se tourna vers lui.
« Ai-je l’autorisation d’essayer, Shas’Vre ?
_ Vous êtes… le Shas’La’Lok’An, c’est bien cela ?
_ Exact, Shas’Vre.
_ Autorisation accordée, Shas’La, ouvrez-nous cette porte. »
Lok’An acquiesça d’un hochement de tête, et s’approcha de l’imposant sas. Il palpa le mur à droite, puis à gauche du sas. Un rectangle de métal s’enfonça de quelques millimètres sous ses doigts, puis se replia vers le bas, révélant un écran et ce qui ressemblait à un scanner d’identification. Satisfait, le Shas’La se retourna.
« Shas’Vre ? Là, je crois qu’on a besoin de vous.
_ Qu’est-ce que…
_ Ce scanner doit, si les réseaux sont encore intacts, être directement branché sur la base de données de la Caste du Feu à Tash’n, dans laquelle sont fichés tous les Guerriers Tau présents sur Kronus. Cette porte doit pouvoir s’ouvrir si elle reconnaît l’empreinte d’un Shas’Vre. »
Tar’Kaan s’avança, retira le gant renforcé qui protégeait sa main droite, et posa cette dernière sur le scanner. Un court bourdonnement se fit entendre, suivi d’un sifflement de décompression, et de l’ouverture lente de l’énorme porte.
« Bon travail, Shas’La », annonça le Shas’Vre en enfilant son gant, et en pénétrant dans l’entrepôt. La pièce était basse, et encombrée de conteneurs divers. Les Shas’La entrèrent dans la salle et commencèrent à inspecter le contenu des caisses. Des cris d’excitation commencèrent à retentir entre les murs de béton.
« Ici ! Une bonne douzaine de kilos de munitions !
_ J’ai plus intéressant, répliqua le Shas’La’Ki’Jin. Par là, il y a quelques carabines à impulsion, et même… oui, ce sont deux fusils Rail !
_ J’ai trouvé une pleine caisse de pièces détachées pour exo-armures ! s’exclama Lok’An. On pourrait peut-être s’en servir ?
_ Ne soyez pas trop enthousiastes. Le Devilfish ne continuera pas avec nous. Il ne sert à rien de prendre trop d’équipement si nous ne pouvons pas le transporter. »
Le silence revint sur la pièce, tandis que les Shas’La se tournaient vers Tar’Kaan, qui venait de prononcer ces mots.
« Le VAB ne continue pas avec nous ?
_ Non, Shas’La’Ki’Jin. Les sentiers escarpés des Pics d’Hypérion sont difficilement praticables, même pour un antigrav, et nous devons absolument rester discrets.
_ Mais si nous…
_ N’insistez pas, Shas’La. Venez plutôt m’aider à ouvrir la porte, là-bas au fond. »
La porte en question était un accès juste assez large pour laisser passer une seule personne, et possédait en son centre un volant d’ouverture. Les deux Tau s’approchèrent et forcèrent sur le mécanisme, visiblement grippé, pour déverrouiller l’accès. Le volant céda d’un seul coup, libérant le battant, qui s’ouvrit brutalement. Ki’Jin jeta un coup d’œil à l’intérieur, avant d’émettre un long sifflement.
« Alors ? Qu’est-ce que c’est ?
_ Eh ben, dites-donc !! Il doit bien y avoir au moins deux cents kilos d’explosifs !! Je sais pas à quoi ça pouvait bien servir dans ce coin, mais…
_ N’oubliez pas que cet endroit est aussi un dépôt militaire. Et des explosifs sont toujours indispensables pour les excavations en montagne, et pour provoquer des éboulements préventifs. Mais ça pourrait sans doute servir à autre chose. » Tar’Kaan sourit en se tournant vers Ki’Jin. « Vous allez être content, Shas’La. Je crois qu’on ne va finalement pas pouvoir se passer de notre Devilfish… »

Les réacteurs du transport Tau mugirent tandis qu’il entamait une nouvelle montée, encore plus raide que la précédente. En plus d’être dans un état discutable, le VAB était considérablement alourdi par ses passagers et l’équipement qu’ils avaient récupéré au bunker, si bien qu’il devait pousser ses moteurs à pleine puissance pour emprunter les voies peu praticables des Pics d’Hypérion. S’ils tenaient ce rythme-là, songeait Tar’Kaan, il auraient à continuer à pied dès le lendemain, car leur réserve de carburant n’était pas illimitée. Ils s’étaient engagés environ une heure et demie auparavant sur ce sentier difficile – et donc, logiquement, peu emprunté par les peaux-vertes – en direction de la faille de Guroth, où ils espéraient trouver un premier clan Kroot.
A l’avant du transport, aux emplacements prévus pour accueillir deux drones d’attaque, le Shas’La’Lok’an avait installé des canons à impulsions « empruntés » dans l’entrepôt du bunker. L’antigrav était donc armé de trois canons quadritubes, afin de « parer à toute éventualité ». L’habitacle du Devilfish, qui devait accueillir de nombreuses caisses de munitions, d’armes et d’explosifs, avait tout juste assez de place libre pour accueillir les quatorze Shas’La, si bien que le Shas’Ui et le Shas’Vre, ainsi que le guerrier Dhulan et le Shas’La’Ki’Jin, étaient montés sur le toit du transport, afin de surveiller les alentours, et de laisser aux autres Tau un espace suffisant pour respirer. Tar’Kaan, assis au bord du toit, les jambes pendant dans le vide, admirait la splendeur ocre des crêtes d’Hypérion. Leurs formes dentelées entouraient les Tau de toutes part, alors qu’ils avaient pénétré dans la montagne depuis moins de deux heures. A la gauche du chemin sur lequel le Devilfish avançait péniblement, un profond ravin s’ouvrait, avant de remonter, de l’autre côté du gouffre, pour former une falaise quasiment verticale. Sur leur droite, un terrain rocailleux et impraticable s’étendait sur cinquante mètres, avant d’être interrompu par une nouvelle faille.
« C’est magnifique. Cette montagne est gigantesque de splendeur.
_ C’est vrai, Shas’Vre », répondit Ki’Jin, tout en remontant pour la septième fois son nouveau fusil Rail. « Les Pics sont magnifiques, quand il fait grand jour. Mais attendez un peu cette nuit, vous verrez qu’ils peuvent très vite devenir terrifiants.
_ Je n’en doute pas, Ki’Jin. Mais l’un empêche-t-il l’autre ? Quelque chose de sublime ne peut-il pas également être effrayant ?
_ Je… je ne sais pas, Shas’Vre. Vous avez sans doute raison. »
Tar’Kaan sourit derrière le casque de son exo-armure, qu’il portait malgré une chaleur presque étouffante. Ki’Jin. Il avait appelé le Shas’La par son nom, signe qu’il commençait à mieux connaître et apprécier sa nouvelle équipe. Le Shas’Ui’Paa’Lin, plutôt taciturne, mais intelligent et efficace. Le Shas’La’Lok’An, possédant une grande affinité avec la technologie, toujours occupé à essayer d’optimiser les effets de ses armes à partir de pièces détachées douteuses. Le Shas’La’Yu’Nan, redoutable tireur doté d’un humour des plus cyniques. Le Shas’La’Mun’Tar, considéré comme un froussard par ses coéquipiers, mais ayant un sens tactique impressionnant. Le Shas’La’Bor’Os, à la carrure impressionnante, et au rire tonitruant. Le Shas’La’Ki’Jin, jeune Tau toujours survolté, ne pouvant rester en place plus de deux minutes. Et puis les autres, Hy’Kû, Tal’Bin, Car’Wan, Sil’Kê, Tufo, Va’Am, Ul’Nin, Gêdan. Et enfin leur pilote, le Kor’Ui’Ukos, et le guerrier Dhulan. Tar’Kaan connaissait tous leurs noms.
Dans ses précédentes missions, ils ne s’était jamais vraiment rapproché de ses coéquipiers. Sur Tartarus, les pertes étaient si nombreuses que le petit groupe d’infiltration devait être renouvelé avant chaque nouvelle intervention. Il avait à peine eu le temps de se lier avec Vil’Tis que ce dernier était déjà mort. Et, pendant les quelques batailles auxquelles il avait pris part pendant son retour vers T’olku, il n’avait pas le temps de faire connaissance avec ses coéquipiers avant de les quitter pour continuer sa route. Ce changement était peut-être dû au siège du complexe Phi 5, pendant lequel ils avaient lutté côte à côte, et auquel ils avaient tous survécu. Ce genre de victoire pouvait sans doute rapprocher des individus aussi différents qu’ils l’étaient. Mais, quoi qu’il en fût, Tar’Kaan se sentait bien. Beaucoup mieux que pendant la campagne de Tartarus, perturbé par la perte de sa mémoire. Beaucoup mieux que pendant son retour vers l’Empire Tau, effrayé que ses amis puissent le croire mort. Beaucoup mieux, car il savait que chaque heure qui s’écoulait le rapprochait un peu plus du moment où il la retrouverait. Elle. Il ferma les yeux.
« Shas’Vre ? grésilla son communicateur. Ici Kor’Ui’Ukos. Les scanners du véhicule indique la présence de créatures vivantes après le prochain virage.
_ Des Orks ?
_ Probablement.
_ Posez-vous immédiatement dans le champ de roches. Tous le monde descend. »
Tar’Kaan sauta à bas du transport, se recevant sur ses pieds au milieu de la route, qui longeait toujours le gouffre d’un côté, et le plateau rocailleux de l’autre. Les autres Tau, ainsi que Dhulan, descendirent également du VAB, puis avancèrent silencieusement, menés par le Shas’Vre, tandis que le Devilfish se posait lentement entre deux blocs de pierre qui le dissimulaient presque entièrement. Arrivé au niveau du virage, les Guerriers de Feu se plaquèrent contre l’imposant mégalithe qui masquait le reste de la route, marquant le virage, alors que le Kroot se glissait habilement entre les rochers. Tar’Kaan fit un signe à Lok’An, qui observa un scanner suspendu à sa ceinture. Il répondit au Shas’Vre par une succession de signes de la main.
« Onze êtres orkoïdes, une barricade, et une structure basse » comprit l’officier.
Tar’Kaan leva la main, observant son équipe, prête au combat. Puis il la baissa brusquement, tout en activant ses propulseurs, bientôt suivi par le Shas’Ui’Paa’Lim, tandis que les Shas’La contournaient rapidement le rocher, en roulant à terre ou en se précipitant vers la barricade. Un sifflement retentit quand Ki’Jin fit feu de son fusil Rail, tuant net un Ork surpris, et engageant la fusillade. Dès lors, tout alla très vite. Lok’An, courant vers les peaux-vertes, commença à les arroser des tirs de sa carabine à impulsion, tout en activant la cartouche lance-flammes qu’il avait fixée sous son arme. Car’Wan sprinta, et tua un Ork d’un tir chanceux. Le carnivore Dhulan jaillit des rochers, et fracassa le crâne d’un de ses adversaires en balayant l’espace de son fusil Kroot. Yu’Nan abattit trois Boyz sans relever l’œil de son viseur. Tar’Kaan, après avoir copieusement mitraillé les position Orks, se propulsa violemment vers le sol, et percuta le meneur de la bande de peaux-vertes, tandis que Paa’Lim continuait à survoler la bataille en abattant Ork sur Ork. Les tirs des fusils à impulsions et des automatiks orks fendaient l’air. Le Shas’Vre, empêtré au sol avec son adversaire, réussit néanmoins à dégainer son poignard ouvragé, et essaya de le planter dans la gorge du Nob. Ce dernier repoussa aisément le Tau malgré le poids de son exo-armure, et lui porta un violent coup de hache, que Tar’Kaan esquiva habilement. Il se colla à son adversaire, surprenant ce dernier, et lui enfonça son arme dans la jugulaire, faisant jaillir le sang du peau-verte. Un Boy qui allait le frapper de son kikoup’ reçut un violent coup de crosse du Shas’La’Bor’Os, qui fit éclater son arcade sourcilière, avant d’être achevé par un tir de plasma dans la tempe. Le dernier Ork, tentant de s’enfuir, fut carbonisé sur place par un ultime jet de flammes de Lok’An.
Le silence revint, et les Tau se répartirent sur la largeur de la route pour examiner la position ork et achever les blessés. Tar’Kaan inspecta rapidement le baraquement sommaire, qui était, comme il pouvait s’y attendre, crasseux et brinquebalant. Mais un cri de rage de Ki’Jin détourna son attention.
« Eh merde !
_ Qu’est-ce que…
_ Ces enfoirés avaient une mitrailleuse lourde sur pivot ! Ils ont blessé Gêdan et abattu Tal’Bin !!
_ Tal’Bin est mort ?
_ Il s’est pris une rafale en pleine poitrine, et un tir dans la tête, annonça Car’Wan, qui examinait le corps de son coéquipier. Il est mort sur le coup, on ne pouvait rien pour lui.
_ Et vous, Gêdan ? Êtes-vous valide ?
_ Pas de problème, Shas’Vre, signala l’intéressé. Il m’a eu dans la jambe, mais j’ai réussi à tuer ce salopard. Je vais juste avoir un peu de mal à marcher pendant deux ou trois jours…
_ Compris. Shas’Ui Car’Wan, Tufo et Hy’Kû, vous allez enterrer le corps de Tal’Bin, dans le champ de rochers, après avoir récupéré son arme, ses munitions et son pack de survie. Lok’An, Bor’Os et Dhulan, vous déblayez la route des cadavres Orks. Shas’Ui, vous venez avec moi, on va reconnaître le terrain sur un demi-kilomètre, maintenant qu’on sait que les peaux-vertes ont des postes avancés sur ce chemin. Tous les autres, vous retournez au Devilfish, et vous dites à Ukos qu’on va repartir. Allons-y, Paa’Lim ! »
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 11 Fév - 19:52

(Re-Suite du chap 3)

En revenant sur le lieu du combat après leur courte reconnaissance, Tar’Kaan et son équipier aperçurent le Shas’La’Lok’An, les bras chargés de grenades à manches, probablement récupérées sur les corps Orks, retourner vers le transport.
« Eh bien, qu’allez-vous faire de tout ceci, Shas’La ?
_ Bah, ces grenades sont primitives, mais on pourra sûrement en faire quelque chose… Avec votre permission, bien sûr, Shas’Vre.
_ Je crois que votre frénésie créatrice va peut-être un peu loin cette fois, Lok’An, reprit Tar’Kaan d’un air amusé.
_ Alors, je…
_ Oui, il serait préférable que vous laissiez ça ici, continua Paa’Lim.
_ Le Devilfish n’est-il pas déjà plein à craquer d’explosifs ou de pièces diverses que vous avez récupérées ?
_ Mais... Je peux au moins en garder une ? »
Devant l’air dépité du Shas’La, les deux officiers éclatèrent de rire. Malgré le poids désagréable qui, depuis la mort de Tal’Bin, pesait sur l’atmosphère, cette dernière se détendit un peu.
Les trois Tau montèrent sur le toit du véhicule, tandis que Lok’An abandonnait ses grenades orks, et que Tar’Kaan transmettait à Ukos les résultats de leur reconnaissance.
« Dans environ cent mètres, sur la droite, un chemin bifurque à travers le champ de roches. Il est étroit et encombré, mais moins escarpé que celui-ci, et probablement plus sûr. Nous tournerons donc à droite. Cela nous permettra d’atteindre plus vite la faille de Guroth.
_ Reçu, Shas’Vre. Cramponnez-vous, on est parti ! »
Et, avec une embardée, le Devilfish se remit en route à travers les Pics d’Hypérion.

Le soir tombait lentement, et la fatigue commençait à se faire ressentir chez les membres du commando, contrecoup du siège épuisant du complexe agricole, et d’une longue journée passée dans la chaleur étouffante de l’habitacle du VAB. Ce dernier commençait lui aussi à faiblir, à cause de l’usure du véhicule et du manque de carburant. Les rencontres n’avaient pas été nombreuses depuis la première escarmouche du groupe Tau contre les Orks : seulement deux groupes de trois ou quatre peaux-vertes en quête de nourriture, qu’ils avaient abattus silencieusement. A travers les sentiers rocailleux des Pics, le Devilfish se rapprochait peu à peu de son objectif : la faille de Guroth.
Tar’Kaan était encore assis sur le toit du transport, le volume de son exo-armure ne lui permettant pas de rentrer dans l’habitacle. Le Shas’Ui’Paa’Lim était dans le même cas que lui, et le Guerrier Dhulan avait tenu à leur tenir compagnie. Le meneur de l’expédition restait en contact avec le pilote grâce au communicateur intégré à son énorme casque, qui servait également de plaque frontale à son exo-armure.
« Shas’Vre, ici Ukos. D’après la carte holographique dont nous disposons, la faille n’est plus qu’à une dizaine de kilomètres.
_ Dix kilomètres ? Bonne nouvelle, nous avons progressé plus vite que prévu. Comment est le chemin entre nous et l’objectif ?
_ Il continue sur environ six kilomètres, puis il rejoint une route importante, nous devrons donc être des plus prudents. Et au bout de deux ou trois kilomètres, nous quittons cette voie trop fréquentée, et nous descendons vers la faille par un sentier qui sera sur notre gauche.
_ Merci, Kor’Ui. Dites aux Shas’La de se tenir prêts, nous avons de grandes chances de rencontrer une patrouille ou une position fortifiée ork quand nous serons sur cette route.
_ Reçu, Shas’Vre »
Après avoir coupé la communication, Tar’Kaan se retourna vers Paa’Lim et Dhulan.
« Nous arrivons bientôt. Mais nous devrons d’abord emprunter un chemin qui risque d’être plus fréquenté par l’ennemi.
_ Nous avons les moyens de nous débarrasser d’eux, Shas’Vre, répondit le Kroot. Ces êtres n’ont aucune organisation.
_ C’est vrai, Dhulan, mais ils ont le nombre pour eux, et qui plus est, notre véhicule est bourré d’explosifs. Il suffirait d’une seule de leurs « rokettes » pour transformer notre commando en feu d’artifice sanglant. Nous devrons faire au plus vite pour quitter cette voie, une fois que nous y serons engagés. » Le Shas’Vre se tut, et fixa son regard devant lui, tandis que l’écoutille supérieure de l’antigrav s’ouvrait, laissant apparaître la tête du Shas’La’Ki’Jin.
« Il paraît qu’on va bientôt se farcir de l’Ork ? On vient vous tenir compagnie, pas question que vous vous amusiez tous seuls !!
_ Surveille ton langage, Ki’Jin, en présence de nos officiers bien-aimés, railla Yu’Nan, depuis l’intérieur de l’habitacle. Et bouge-toi de grimper, j’aimerais bien pouvoir respirer un peu moi aussi ! »
Les deux Shas’La s’extirpèrent de l’étroite écoutille, et s’installèrent à l’arrière du véhicule, préparant tous deux leurs fusils Rail. Quelques minutes plus tard, le Devilfish déboucha sur une route assez large pour faire passer deux Leman Russ de front. Cette voie, que rejoignait le sentier dont ils sortaient, était située au fond d’un défilé, dont les hautes parois menaçantes leur cachait la lumière. L’obscurité était des plus oppressantes. Tar’Kaan soupira et vérifia les munitions de son canon à impulsions, tandis que Paa’Lim enclenchait un chargeur dans son fuseur. Le transport s’engagea dans le défilé.
Pendant environ deux minutes, Tar’Kaan crut qu’ils ne rencontreraient aucun Ork, et qu’ils parviendraient sans encombre jusqu’à la faille de Guroth. Mais n bruit de moteur commença à retentir entre les parois escarpées de la montagne. Un bruit qui n’était pas celui des réacteurs antigrav du Devilfish. Un bruit qui venait de derrière eux. Les quatre Tau et le Kroot perchés sur le véhicule se retournèrent vers l’arrière et virent débouler, derrière le dernier virage qu’ils avaient emprunté, une vingtaine de motos primitives rugissantes, accompagnées de deux véhicules bas, sur lesquels étaient montés d’imposantes armes sur pivot. Les premiers cris de rage des Orks parvinrent aux oreilles de Tar’Kaan tandis qu’il criait à Ukos, dans son communicateur, de pousser les moteurs du VAB au maximum de leur puissance. La discrétion n’était plus de mise.
Les deux Shas’La avaient épaulé leurs fusils de précision, et tentaient de se maintenir à plat ventre sur la carlingue du Devilfish, après que ce dernier ait pris une énorme accélération. Les deux exo-armures Stealth allumèrent leurs propulseurs et s’envolèrent vers la horde motorisée qui les rattrapait, mètre par mètre. Les canons rugirent, les automatiks répliquèrent, deux Boyz furent désarçonnés de leurs bolides, qui continuèrent leur course sur une dizaine de mètres. Un projectile sifflant fendit l’air, et l’artilleur d’un des deux Buggy tomba à la renverse, tandis que Yu’Nan poussa un cri de triomphe. Une salve de tirs Orks toucha Tar’Kaan sur sa plaque frontale, freinant sa course, et lui coupant le souffle. Une brusque poussée de propulseurs permit au Shas’Vre de fondre sur l’Ork chanceux qui l’avait atteint. Les deux adversaires roulèrent à terre, tandis que la moto sans pilote allait percuter de toute sa force un bolide proche, qui explosa littéralement. Tar’Kaan, qui avait la main crispée sur son poignard fétiche, luttait pour maîtriser l’Ork grâce à la force de ses servo-moteurs, tout en évitant les véhicules et les coups de kikoup’ des autres peaux-vertes qui les dépassaient. Un violent coup de tête de la part du Boy sonna le Tau. Son adversaire se releva rapidement, avant de lever sa hache. Le rayon thermique d’un fuseur liquéfia son torse, le faisant périr dans un hurlement de douleur atroce. Le Shas’Ui’Paa’Lim, toujours dans les airs, adressa un signe du bras à son supérieur, avant de retourner sur le toit du Devilfish. Tar’Kaan se remit debout, avant de foncer vers le groupe de motards, qui l’avait dépassé depuis longtemps, et qui avait presque rattrapé l’antigrav.
Ki’Jin et Yu’Nan maintenaient la cadence, abattant Ork après Ork, bientôt rejoints par Car’Wan et Lok’An, qui, montés sur le toit, arrosaient leurs assaillants des tirs de leurs carabines à impulsions. Quand le premier motard arriva au niveau du transport Tau, une forme fendit l’air et s’abattit sur lui. La lutte fut brève, et quand le peau-verte chuta à bas de son bolide, Dhulan reprit les commandes de la moto, avant d’accomplir un dérapage des plus spectaculaires, plaçant le véhicule Ork en travers du passage des autres Boyz. Un bond prodigieux du Kroot lui permit d’échapper à l’explosion du bolide, qui carbonisa deux motards. Le Carnivore se reçut agilement sur le toit du tank Tau, et épaula son fusil, visant les autres poursuivants. Tar’Kaan rattrapa ces derniers, et en abattit deux avant de se propulser jusqu’au toit du transport.
Un cri de Ki’Jin attira l’attention des Tau perchés sur le Devilfish, quand le copilote du second Buggy épaula un lance-rokettes primitif, visant l’écoutille arrière de l’antigrav. Mais, au moment où l’Ork tirait, le VAB tourna brusquement sur sa gauche, et pénétra de justesse dans le sentier qui quittait la route principale, et longeait un gouffre menaçant. La rokette manqua sa cible de peu, et un tir de fuseur de la part de Paa’Lim réduisit le Buggy à l’état de tas de tôle informe. Les rafales de l’arme peu règlementaire du Shas’La’Lok’An jetèrent plusieurs pilotes peaux-vertes à bas de leur monture. Tandis que l’antigrav descendait à toute vitesse sur le chemin à flanc de falaise, survolant de très près des rochers qui auraient déchiqueté sa coque, la demi-douzaine de motos et le Buggy encore intacts tentaient d’éviter les énormes rocs qui encombraient le sentier. Un motard s’écrasa contre l’un d’entre eux, et l’explosion de son bolide projeta un de ses congénères dans le vide qui s’ouvrait sur leur gauche. Le pilote du dernier Buggy fut abattu d’un tir de fusil Rail dans le front, et son véhicule alla s’écraser au fond du gouffre. Les tirs des deux exo-armures Stealth éliminèrent les derniers motards, réduisant à néant les poursuivants.
Le Devilfish freina de toute la puissance de ses rétrofusées, plaquant les Tau contre le toit de l’antigrav. Lorsque le VAB arriva enfin à s’arrêter, au bout de sa descente effrénée, tous se remirent à respirer, soulagés. Au bas de la dangereuse pente qu’ils venaient de dévaler, le chemin continuait, au fond d’un nouveau défilé, plus profond que le précédent. La faille de Guroth. Ils n’eurent pas à avancer longtemps avant de voir des ouvertures dans les falaises. Lorsque les premiers Kroots sortirent de leurs refuges, Tar’Kaan soupira.
« Messieurs, je crois que nous sommes arrivés. »


Dernière édition par Shas_O_Gollum le Mer 11 Fév - 19:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 11 Fév - 19:53

(Re-re-Suite du chap 3)

Ki’Jin poussa un sifflement admiratif, balayant des yeux la voûte rocheuse piquetée de stalactites. La caverne était haute et large, assez pour accueillir le clan entier, fort de quelques cinquante Kroots. Il avait suffi que le Guerrier Dhulan échange quelques mots avec l’un d’eux pour que les premiers signes de méfiance disparaissent, et que les meneurs du commando Tau soit menés à travers les tunnels perçant la falaise, pendant que le reste des Shas’La partait, aidé par une quinzaine de Kroots, déblayer la route principale des carcasses de véhicules Orks. La nuit tombait peu à peu, et l’équipe de « nettoyage » avait pu profiter de l’obscurité pour dégager la route en toute discrétion, et sans incident. A présent, une heure environ après l’arrivée des Tau au repaire de Ghuroth, le groupe entier était revenu dans la caverne principale, servant de demeure à tout le clan.
Les douze Shas’La étaient assis parmi les membres du clan, accompagnés par Dhulan, autour d’un feu les protégeant de la température glaciale nocturne dans les Pics d’Hypérion. Les conversations allaient bon train entre Tau et Kroots, les premières méfiances étaient entièrement dissipées. Le Kor’Ui’Ukos les avait également rejoints, après avoir confirmé l’état irréparable du Devilfish. Les Tau sortaient leurs rations de leur paquetage, car la faim et la fatigue commençaient à se faire ressentir. Les Kroots commençaient aussi à se sustenter, mais leur repas n’était pas vraiment le même que celui des Shas’La…
« C’est quoi, cette viande ? demanda Ki’Jin au Carnivore assis à côté de lui.
_ De l’Ork. On a réussi à en tuer deux ou trois », répondit son interlocuteur d’une voix croassante. Puis, en voyant l’air dégoûté du Tau : « Vous voulez goûter ? C’est un peu ferme, mais pas mauvais… »
A quelques mètres de là, assis sur un promontoire collé à la paroi rocheuse, Tar’Kaan et Paa’Lim conversaient avec le chef du clan, le Mentor Lahyir. Les deux officiers Tau avaient retiré leur exo-armure, et le Kroot avait changé son équipement de chasseur pour un pectoral d’os et de plumes, témoignant de son grade au sein de la communauté.
« Les Orks sont partout. Ils sont environ cent cinquante dans tout Hypérion. Leur camp principal se trouve le long de la route que vous avez emprunté plus tôt. Si vous aviez continué sur ce chemin sur une vingtaine de kilomètres, vous les auriez trouvés. Ils ont également une dizaine d’avant-postes peu fortifiés un peu partout dans les Pics, gardant les voies d’accès qui traversent la montagne.
_ Combien de cols permettent le passage de ces voies ?
_ Il y a en tout six cols, Shas’Vre. L’un d’entre eux verrouille l’accès principal en venant de la Côte Verte. Les autres ne sont que des passages secondaires par lesquels passent des routes presque impraticables, mais c’est en sous-estimant ces cols que vos dirigeants ont perdu les Pics.
_ Six cols. En les refermant, nous pourrions condamner presque définitivement le passage à travers Hypérion.
_ Exact, Shas’Ui’Paa’Lim, répondit Lahyir. Mais pour cela, nous aurions besoin d’énormes réserves d’explosifs.
_ Oh, ne vous inquiétez pas pour ça, Mentor, le rassura Tar’Kaan. De ce côté-là, je crois qu’on a ce qu’il faut. » Les deux Tau échangèrent un regard amusé.
« Bien. Mais même condamnés, le Pics seront toujours occupés par des troupes d’Orks suffisantes pour envahir vos Terres de l’Ouest. Il faudrait les supprimer, et ce n’est pas avec mon seul clan que nous y arriverons.
_ C’est pourquoi nous pensions envoyer quelques messagers à la faille de Hujal, afin de joindre les autres clans Kroots qui subsistent peut-être encore dans la montagne.
_ Inutile, Shas’Vre. Tous les Kroots de la faille de Hujal sont morts, en tentant de résister au lieu de se dissimiler. Leur courage était grand, mais il ne les a mené nulle part. »
Les trois interlocuteurs se regardèrent d’un air sombre. Une partie des espoirs des Tau partait en fumée. Puis Paa’Lim reprit la parole.
« Peut-être que… Non, c’est stupide.
_ Qu’y a-t-il, Shas’Ui ?
_ Peut-être ne faut-il pas essayer d’exterminer les Orks, mais de les faire fuir. Et quand ils arriveront au niveau des cols… Braoum. » Le Tau mima une explosion de ses mains
« Faire fuir des Orks ? s’étonna le Kroot. En effet, ce plan me paraît peu réalisable. A moins que vous ayez une idée, Shas’Vre ?
_ Cela se pourrait. Les Orks sont si stupides qu’ils fuient rarement, mais il suffirait de les désorganiser, encore plus qu’il ne le sont déjà, pour qu’ils décampent rapidement… Et de nuit, les Pics sont dangereux pour qui n’a pas le pied montagnard. Savez-vous qui est le meneur des peaux-vertes, Mentor ?
_ C’est ce que ces choses appellent un Mek : un Ork fou furieux qui passe ses journées à frapper sur des tas de ferraille informes, en espérant en tirer quelque chose. Ridicule. Mais dangereux.
_ Que suggérez-vous, Tar’Kaan ? continua Paa’Lim.
_ De partir tout de suite, Shas’Ui. Nous prenons avec nous Ki’Jin, Lok’An, Bor’Os, Car’Wan et Sil’Kê. Et tous nos explosifs, ainsi que le matériel de forage. Les autres restent ici et se préparent pour la nuit prochaine. Nous partons à pied, puisque le Devilfish est une épave. » Puis, il continua en se tournant vers Lahyir. « Mentor, je vous fait confiance pour préparer votre clan. Il faut que demain soir, vos Kroots soient redevenus des guerriers. »
Le Mentor laissa échapper un croassement de rire.
« Vous croyez cela, Shas’Vre’Tar’Kaan ? Ne savez-vous pas ? Jamais dans sa vie un Kroot ne cesse d’être un Guerrier. »

Sil’Kê soupira, épuisé. A peine le commando était-il arrivé à la caverne de Guroth qu’il avait fallu repartir déblayer la route, puis rentrer à la caverne pour manger un morceau, avant de repartir presque immédiatement, à pied, vers une destination inconnue, avec un énorme paquetage d’explosifs dans le dos. Il appréciait le Shas’Vre’Tar’Kaan, mais là, c’en était un peu trop pour lui… Ki’Jin, qui connaissait vaguement les lieux pour y avoir passé quelques temps en garnison, menait les sept Tau à travers les Pics.
Après deux heures de marche dans la nuit, sans échanger un mot, évitant les avant-postes Orks, les Tau avaient rejoint un des cols secondaires, traversé par une route escarpée, au bord de laquelle se dressait un petit baraquement de garnison, ravagé par les envahisseurs. A l’intérieur régnait une horrible odeur de cadavre. Non loin du baraquement, Lok’An avait découvert le Piranha affecté à la petite garnison, doté de moteurs silencieux, et peu endommagé. Après en avoir extrait les corps des pilotes abattus par des Boyz chanceux, le Shas’La avait entrepris de réparer les dégâts subis par l’antigrav, pendant que les autres membres du petit groupe foraient les parois escarpées du col, avant d’y placer quelques surprises explosives à l’intention des peaux-vertes. Aucun Ork, par chance, ne s’était aventuré près du col pendant que les Tau étaient occupés à leur tâche.
« Plus que cinq », avait murmuré le Shas’Vre un quart d’heure plus tard, quand le travail avait été fini. Heureusement, le Piranha était totalement réparé, car la nuit était bien avancée, et qu’il ne restait que trois heures avant le lever du jour. Les Shas’La Lok’An, Ki’Jin et Car’Wan étaient alors partis en antigrav vers les cols les plus éloignés, emportant la moitié des explosifs restants et une partie des foreuses lasers. Les quatre autres membres de l’équipe s’étaient alors dirigés vers un deuxième col à travers les sentiers sinueux à flanc de falaise. Environ une heure et demie – et une demi-douzaine d’Orks tués silencieusement – plus tard, un autre des cols était piégé, et la réserve d’explosifs était durement entamée. Et il avait fallu partir, toujours à pied, vers un autre objectif, plus rapidement cette fois, car la nuit allait bientôt s’achever.
Les quatre Tau s’approchaient lentement de la route principale, aux aguets, prêts à canarder la moindre silhouette orkoïde. Quand ils posèrent le pied sur le large chemin, à quelques cent mètres en dessous du col principal, les Tau coururent vers le haut de la côte, entre les débris des anciennes fortifications Tau, avant de s’immobiliser. Une douzaine d’Orks, armés d’une mitrailleuse sur pivot, gardaient l’accès derrière une barricade sommaire. Ils ne les avaient encore pas repérés, mais courir à toutes jambes au milieu de la route n’était sans doute pas le meilleur moyen de passer inaperçu. Tar’Kaan et Paa’Lim se laissèrent glisser lentement à plat ventre, tandis que Sil’Kê et Bor’Os s’écartaient silencieusement. Mais, sembla-t-il, pas assez. Le cri d’alarme d’un Ork, vite étouffé par le tir de fuseur que Paa’Lim lui logea dans le visage, attira l’attention des Orks sur les quatre Tau dressés sur la route. Un cliquetis indiqua qu’un chargeur venait d’être engagé dans l’imposant Gros Fling’. Tar’Kaan se leva et se propulsa violemment vers les Orks, les criblant d’une rafale de tirs à impulsions, pendant que Bor’Os chargeait en criant et en tirant en tous sens, et que Sil’Kê, à plat ventre derrière un débris de tourelle à ncanon Rail, abattait un Boy qui sautait la barricade. Le staccato de la mitrailleuse résonna entre les parois rocheuses du col. Tar’Kaan s’effondra à couvert, touché à l’épaule et stoppé dans son élan. Bor’Os percuta un Ork surpris par sa charge irréfléchie, puis recula, sonné, avant de lui cribler la tête des tirs de sa carabine à impulsions. Tar’Kaan se releva lentement avant d’achever un Boy déjà touché par sa salve. Paa’Lim fondit sur un peau-verte en activant ses propulseurs, avant de remonter en chandelle, et de lui réduire l’abdomen à l’état de bouillie sanglante Sil’Kê abattit le dernier Ork encore debout.
« Pour l’effet de surprise, je crois que c’est à retravailler. On a eu de la chance de tous s’en sortir vivants », annonça Tar’Kaan d’un air sévère, tout en maintenant sa blessure à l’épaule. Les autres Tau le regardèrent d’un air désolé, avant de remarquer le visage rieur de leur supérieur, qui avait ôté son énorme casque. « Mais c’était quand même une belle bagarre !!
_ C’est pas faux, Shas’Vre. On a même pu admirer les talents de Berserk de Bor’Os…
_ Tu peux parler, Sil’Kê, espèce de flemmard, tu te bats à plat ventre !! »
Les quatre Tau éclatèrent de rire, avant de se rappeler qu’ils avaient du travail.
Le Piranha se posa près d’eux environ dix minutes plus tard, ramenant avec lui Ki’Jin et Lok’An, ainsi que Car’Wan, visiblement gravement blessé. Les trois Shas’La avaient piégé les trois autres cols, mais ils avaient eu à combattre une demi-douzaine d’Orks. Car’Wan avait reçu un violent coup à la cuisse, et sa jambe était profondément entaillée. Les six Tau valides forèrent les parois du grand col, puis y placèrent tous leurs explosifs restants, soit deux fois plus qu’à chacun des autres cols, avant de reprendre le chemin de la faille de Guroth, peu avant l’aube, tandis que Ki’Jin pilotait le Piranha à l’arrière duquel gisait le blessé, inconscient. Le jour était levé depuis plus d’une heure quand le reste de l’équipe arriva dans la grande caverne. Tandis que les quatre Shas’La et le Shas’Ui allaient se reposer, exténués, Tar’Kaan se dirigea vers le Mentor.
« Tout est près pour ce soir Lahyir. Vos guerriers sont prêts ?
_ Les rares qui ne le sont pas le seront avant la tombée de la nuit.
_ Bien. Voilà ce que nous allons faire… »

« Shas’Vre ? Shas’Vre, réveillez-vous. J’aimerais vous parler.
_ Mmh… Oui, Paa’Lim ? J’espère que c’est important, je dormais bien, pour une fois… » Le sourire de Tar’Kaan disparut lorsqu’il vit le visage sombre du Shas’Ui. « Ah. Apparemment, ça a l’air important.
_ Effectivement. Cela concerne vos exploits de ces derniers jours. Certains des membres de l’équipe commencent à s’inquiéter du fait que vous fonciez systématiquement au corps à corps. Même si nous vous estimons tous, certains commencent à vous voir comme un impulsif. Ou pire, d’autres croient que vous suivez les préceptes du Commandeur Farsight.
_ O’Shovah ? Ils pensent cela ? Et Bor’Os ?
_ Lui ? Je suis intimement convaincu qu’il est encore plus fou que vous. Mais trêve de plaisanterie, Shas’Vre. Il faudra que vous leur expliquiez vos raisons.
_ Mes raisons ? Pourquoi je préfère, selon vous, me battre au contact de mes ennemis plutôt que de les abattre de loin ? Cela a-t-il vraiment une importance, du moment que je sers l’Empire Tau ?
_ Sans doute avez-vous raison, une fois de plus. Mais nos Shas’La s’interrogent, Tar’Kaan. Exceptés bien sûr Bor’Os, et Ki’Jin, qui a en vous une confiance aveugle. »
Tar’kaan resta silencieux quelques secondes. Puis reprit la parole.
« D’accord, Shas’Ui. Je leur parlerai, soyez-en certain. Mais… J’aimerais avoir votre opinion. Selon vous, je suis quoi ? Un traître à la cause du Bien Suprême ? Un immonde renégat ?
_ Non. Pour moi, vous êtes juste un fou. Et c’est pour ça que je vous estime encore plus. »
Le sourire de Paa’Lim rassura le Shas’Vre. Il lui adressa un signe de tête, puis se retourna et essaya de se rendormir, en apparence serein, mais encore perturbé par les paroles du Shas’Ui. Un disciple du Commandeur Farsight, lui, Tar’Kaan ? Peut-être. Il ne le savait pas. Et c’est ça qui l’inquiétait…
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Shas_O_Gollum
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MessageSujet: Re: Fic : Tar'Kaan   Mer 11 Fév - 19:55

(Re-Re-Re-Suite et enfin Fin du chap 3...)

La nuit était tombée depuis bientôt une heure sur le campement Ork. Tharg était posté au Nord, au milieu de la route, et il guettait. Il était affalé sur un tas de débris divers, derrière une pile de sacs, les deux mains sur les poignées de sa mitrailleuse sur pivot. C’était son arme à lui, et il en prenait soin. Les trois autres Boyz qui gardaient l’accès Nord du campement le regardaient d’un air envieux, et il ne leur rendait que du mépris. Il était le chef des Guetteurs du Nord, et toute cette bande de grots lui devaient le respect. Et puis d’abord, il était le seul à avoir vu cette silhouette étrange qui traversait la route à quelques dizaines de mètres, c’est donc qu’il avait la meilleure vue. Une silhouette ? L’Ork n’eut pas le temps de s’interroger que déjà une lame fusait vers sa gorge. La jugulaire et les cordes vocales tranchées, Tharg s’effondra sans un bruit, tandis que la silhouette en question s’approchait de la barricade, et que les autres guetteurs continuaient de bavarder, ne remarquant pas immédiatement la mort de leur meneur. Quelques secondes plus tard, un autre d’entre eux s’affalait à terre, la gorge tranchée, attirant l’attention de ses deux congénères, qui moururent en silence, chacun une dague dans le dos, sans pouvoir donner l’alerte. Tar’Kaan récupéra ses lames, et pénétra dans le campement.
Il avait passé la journée précédente à se reposer de la nuit de sabotage, et à mettre au point son plan d’assaut sur le repaire Ork. Il avait gardé son exo-armure Stealth, mais en avait retiré le canon à impulsions, trop volumineux, pour pouvoir manier les deux longues dagues que lui avait confié le Mentor Lahyir, ainsi que le poignard offert par son père. La nuit tombée, les guetteurs éliminés, ses brouilleurs optiques activés, il pouvait à présent s’infiltrer en toute discrétion, se dirigeant entre les huttes Orks jusqu’à la plus grosse d’entre elles, probablement celle de leur chef, le mécanicien fou.
Se dissimulant derrière un mur de tôle pour échapper au regard de deux Boyz visiblement éméchés qui traversaient le camp en beuglant de rire, Tar’Kaan continua à avancer vers la porte du repaire du Mek. Deux gardes Orks se tenaient devant l’entrée de la structure, l’un presque endormi, s’appuyant sur sa hache, et l’autre en train d’invectiver les deux poivrots qui riaient à en réveiller tout le campement. Le Tau empoigna l’une des dagues Kroot, parfaitement équilibrée, avant de la lancer dans la gorge du peau-verte endormi. Un soubresaut agita ce dernier, qui resta debout, toujours appuyé sur son arme, alors que sa vie le quittait à gros bouillons de l’entaille dans sa jugulaire. Son camarade, surpris, se retourna vers lui, avant que Tar’Kaan ne se glisse dans son dos et lui plante ses deux lames restantes entres les omoplates. Les gardes éliminés, le Tau se glissa à l’intérieur de la hutte, tandis que les deux Orks ivres continuaient à tituber et à crier leur euphorie, ne remarquant pas la mort de leurs deux congénères.
L’intérieur de la masure était faiblement éclairé par un feu, allumé au centre de l’unique pièce avec des débris divers. Les espoirs du Tau pour que l’Ork soit endormi s’évanouirent, lorsqu’il entendit les bougonnements de mécontentement du Mek, et les bruits de métal indiquant que le peau-verte était une fois encore occupé à son activité favorite. Tar’Kaan se faufila le long de la paroi de tôle, entre les étranges inventions avortées du Mékano. Ce dernier était assis au fond de la hutte, tournant le dos au feu et au Shas’Vre, qui, rassuré de n’être pas repéré, s’avança un peu plus, empoignant son poignard ouvragé. Plus que deux mètres, et il serait sur l’Ork. Il fit un dernier pas. Le Mek se retourna avec une vivacité impressionnante pour sa corpulence, balayant l’air de sa hache, en poussant un grognement haineux. La lame frappa violemment la jambe du Tau, émettant un craquement. Tar’Kaan laissa échapper un cri de douleur, même si l’essentiel du choc avait été absorbé par sa jambière. Il sauta en arrière, et lança son poignard, regrettant immédiatement ce geste irréfléchi quand l’arme rebondit sur une plaque d’armure du Mek. Ce dernier se leva en empoignant un énorme pistolet, avant de faire feu sur l’intrus, presque à bout pourtant. Les tirs criblèrent le casque-plastron du Tau, mais l’un d’entre eux se logea dans son bras gauche. Le Shas’Vre roula à terre, feignant la chute, mais se retrouva sous le bras de l’Ork, et planta profondément une dague dans l’aisselle de son adversaire, mal protégée, avant de retirer sa lame et d’esquiver un nouveau coup de hache. Le Mek lâcha son « kikoup’ » et empoigna une énorme tronçonneuse, sous laquelle était fixé un pistolet mitrailleur. Il commença à faire feu sur le Tau, tout en faisant rugir le moteur de la scie circulaire, et en décrivant de grands arcs de cercle avec son arme, pour faire reculer le Shas’Vre vers le mur auquel il tournait le dos. Tar’Kaan évita de justesse un passage de la tronçonneuse, sauta et activa ses propulseurs, fonçant droit vers le visage de l’Ork qui avait baissé sa garde, surpris par la réaction du Tau. Le choc entre l’exo-armure et la face du peau-verte fut terrible, un craquement d’os résonna dans la hutte du Mek. Lorsque le Shas’Vre retomba à terre, sa deuxième dague était fichée dans l’œil gauche de l’Ork, qui hurlait de douleur, et faisait de grand gestes de sa tronçonneuse, afin d’atteindre le Tau qu’il ne distinguait plus, aveuglé par le sang. Un de ces coups désordonnés manqua de peu le Shas’Vre, qui roula une dernière fois sur le côté, avant de trancher un tendon à l’arrière du genou droit du Mek. Le peau-verte chuta lourdement à terre, échappant son arme, battant l’air de ses bras pour attraper son agresseur. Le Tau bondit sur son torse, le plaquant au sol, avant de lui trancher la gore d’un geste précis, mettant fin à ses beuglements de souffrance.
Tar’Kaan se redressa, récupérant ses lames. La lutte avait été rude, et sa jambe et son bras le faisaient durement souffrir. De plus, l’idée d’un assassinat discret était rejetée depuis longtemps, et certains Orks avaient à coup sûr entendu le combat. Comme pour confirmer ses pensées, un Boy pénétra dans la pièce, appelant son chef d’une voix méfiante. Le poignard lancé par le Shas’Vre se ficha dans sa gorge, la faisant tomber à la renverse. Tar’Kaan courut vers la porte, récupérant au passage son arme sur le cadavre de l’Ork, puis il alluma ses propulseurs pour traverser à toute vitesse le campement des peaux-vertes. Esquivant les Orks sortant de leurs masures, désorientés, le Shas’Vre fonça vers la sortie Nord du camp, tandis que des cris d’alarme résonnaient autour de lui. Alors qu’une bande de Boyz se lançaient à sa poursuite, il éteignit ses propulseurs et continua à courir sur la route. Les Orks, sûrs de le rattraper, accélérèrent, hurlant et agitant leurs armes. Le premier fut abattu d’un tir de fusil Rail. Trois autres périrent dans une rafale de tirs de fuseur. Les derniers furent achevés par les Shas’La qui venaient à la rencontre du Shas’Vre. Derrière eux, deux meutes de Kroots se tenaient prêtes.
Paa’Lim tendit à Tar’Kaan le canon Rail de son exo-armure.
« Vous avez oublié ça, Shas’Vre.
_ Merci, Shas’Ui, mais je me suis débrouillé avec ça. » Le Tau montra ses dagues ensanglantées à son coéquipier, mais il reprit néanmoins son canon, l’enclenchant sous son bras droit, sous le regard accusateur du Shas’Ui. Puis il se tourna vers le Mentor Lahyir, qui menait les Kroots derrière lui.
« Tout s’est passé comme prévu, Mentor ?
_ Parfaitement, Shas’Vre. Mes guerriers ont assailli un à un chacun des ridicules avant-postes Orks, et tous ces peaux-vertes ont été massacrés. Une quarantaine, environ. Aucune perte n’est à déplorer de notre côté. Le reste de mon clan se tient prêt de l’autre côté du campement. Nous sommes à vos ordres.
_ Parfait. Ki’Jin, Yu’Nan, vos fusils Rail sont prêts ?
_ Oui, Shas’Vre.
_ Je veux que vous vous cachiez dans les rochers à droite de la route et du campement, et que vous éliminiez tout ce qui ressemble de près ou de loin à un meneur potentiel. Tous les autres, venez avec moi. Ces peaux-vertes sont à peine plus d’une centaine… Lok’An et Car’Wan sont-ils en place ?
_ Le Piranha n’attend que vos ordres pour décoller, répondit Paa’Lim. Lok’An y a même fait quelques « ajouts »…
_ Bien. Alors c’est parti ! Pour le Bien Suprême, en avant !! »
Les dix Tau, suivis par une vingtaine de Kroots, se mirent à courir vers le camp Ork, au milieu duquel régnait une panique indescriptible causée par la mort du Mékano. Lorsque des sifflements fendirent l’air et que les plus gros des Orks commencèrent à s’effondrer sous les tirs de précision, le chaos ambiant augmenta encore d’un cran. Mais c’est avec le début des tirs Tau provenant du Nord et l’arrivée d’un antigrav Piranha toutes armes déployées que la débandade commença. Des lance-flammes d’exo-armures Crisis, fixés sous la coque du rapide véhicule Tau, arrosèrent de feu les Orks sortant de leurs huttes. Les Tau, tirant à une cadence élevée, bien que peu précise, semblaient pour les Orks être des dizaines, tandis que des meutes de Kroots harcelaient les Boyz qui tentaient de résister.
Une bande de peaux-vertes munis de réacteurs dorsaux piqua néanmoins sur le petit groupe de Tau, toujours en mouvement, qui attaquait par le Nord. L’un d’eux emboutit le Shas’La’Ul’Nin, et Va’Am fut touché par une rafale de balles. Mais les Orks furent rapidement éliminés par une charge Kroot, même si leur assaut désespéré avait causé des dommages dans l’équipe Tau. Finalement, le communicateur de Tar’Kaan se mit à grésiller alors qu’il achevait un Ork qui avait voulu s’enfuir.
« Shas’Vre, ici Lok’An ! Ces abrutis commencent à fuir ! Il n’en reste presque plus un dans le camp !
_ Bien ! On continue à les pourchasser jusqu’au col !!
_ Tar’Kaan ! Ces enfoirés ont eu Ul’Nin !!
_ Ils paieront, Bor’Os ! Ils paieront ! En avant, tous ! Pour le Bien Suprême ! En avaaaaant !!! »
La poursuite continua pendant une dizaine de minutes. Les Tau avaient rejoint la totalité du clan Kroot, qui se joignait maintenant à eux pour poursuivre les Orks. Ces derniers se retournaient parfois pour lâcher une rafale de tirs, certains, peu assurés dans l’obscurité, chutaient dans les ravines au bord de la route, et s’écrasaient au fond, sur le sol rocheux. Le Piranha sillonnait le ciel au dessus de la colonne de fuyards, faisant rugir ses canons, et arrosant les Orks de flammes. Et, soudain, le col était là. Le grand col, la porte ouverte entre la péninsule de la Côte Verte et les Pics d’Hypérion. Au delà, la route redescendait en pente rude, pour disparaître, quelques kilomètres plus bas, dans la jungle qui recouvrait les contreforts de la montagne. Et les peaux-vertes fuyards allaient atteindre ce col. Le Piranha prenait de l’altitude, au-dessus de la route, tandis que les Tau et les Kroots continuaient à courir en hurlant de haine, vidant leurs chargeurs sur les Orks.
Et soudain, le Shas’Vre cria.
« Stooop !!! Arrêtez-vous ! N’avancez pas plus !. »
Les poursuivants, surpris, interrompirent la poursuite, tandis que les fuyards s’engageaient dans le col. Et dans le communicateur, Lok’An hurla :
« Maintenant !! »
Tar’Kaan sourit. Et actionna le détonateur. Le col explosa. Les parois rocheuses se disloquèrent dans une déflagration assourdissante, ensevelissant les peaux-vertes, ou les projetant par le souffle de l’explosion. Les six cols, simultanément, s’effondrèrent, dans un vacarme de fin du monde. La porte était fermée. Les Pics libérés. La poussière retomba, révélant un amalgame de roche et de cadavres. Les Tau et les Kroots hurlèrent leur victoire. Le Piranha redescendit au sol, et Tar’Kaan monta à l’intérieur, tandis que les Carnivores commençaient un festin de peaux-vertes, et que les Tau se congratulaient pour leurs exploits, malgré la mort d’Ul’Nin, et celle plus ancienne de Tal’Bin.
Quelques minutes plus tard, le Piranha se posait au fond de la faille de Guroth. Tar’Kaan courut vers le Devilfish, aux moteurs inutilisables, mais dont le système de communications était intact.
« Base de Tash’n ? Ici le Shas’Vre’Tar’Kaan. Relayez-moi vers le front principal et le Shas’O’Da’Fan. Merci. » Puis, après une courte pause : « Shas’O’Da’Fan, Ici le Shas’Vre’Tar’Kaan. Je suppose que le Shas’El’Ho’Nin vous a fait son rapport. La mission dont je me suis chargé est accomplie. Les Pics sont libres, la porte entre la Côte Verte et les territoires Tau est fermée. Les Orks ? Morts. Jusqu’au dernier. »
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